mercredi , 23 mai 2018
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Félix KABANGE NUMBI : Un ministre voyous et barbare

Fuyant la répression et le gaz lacrymogène lancé par les agents de police pour disperser leur marche pacifique, certains manifestants de la Paroisse saint Christophe, à Binza Ozone, ont eu le malheur de se réfugier, sans le savoir, dans la parcelle voisine appartenant au ministre Félix Kabange Numbi. Ce dernier, après avoir ordonné le blocage des grilles de sa parcelle, a très vite appelé l’intervention de la police. Pour le ministre, ces manifestants voulaient  » attenter à sa vie « . En présence de deux ministres en fonction et du chef de la Maison civile du président de la République, ces 145 manifestants pacifiques ont été déshabillés, battus et humiliés avant d’être interpellés par les policiers sous les cameras de télévisions.

La République démocratique du Congo ne s’est jamais portée aussi mal. Chaque jour qui passe montre effectivement que l’État n’existe pas. Le révérend docteur François David Ekofo de l’Église du christ au Congo (ECC) a eu raison de le rappeler, devant toute la classe dirigeante réunie, au culte de commémoration du 17ème anniversaire de la mort de M’zee Laurent Désiré Kabila.

La République démocratique du Congo est un  » non-État  » simplement parce que la loi n’est pas respectée et est foulée au pied, en premier, par ceux qui dirigent. Les droits et libertés des citoyens sont systématiquement violés. Voilà qui explique la déliquescence actuelle de l’État en RDC.

Pour preuve, ce qui s’est passé le dimanche 21 janvier dans la résidence du ministre de l’Aménagement du territoire, Félix Kabange Numbi, est impensable dans un État moderne. Félix Kabange fait déshabiller des manifestants.

Toutes les marches pacifiques organisées le dimanche 21 janvier dans les différentes paroisses à Kinshasa et dans d’autres villes de la RDC ont été dispersées à coup de tirs à balles réelles, de matraque et de gaz lacrymogène. Les chrétiens de la paroisse catholique Saint Christophe, à Binza Ozone dans la commune de Ngaliema, n’ont pas non plus été épargnés par la répression aveugle des forces de sécurité tant de la Police nationale congolaise (PNC) que des Forces armées de la RDC.

En effet, les agents de police ont tiré des gaz lacrymogène dans les environs et dans l’enceinte de la paroisse Saint Christophe. Dans cette panique généralisée, certains manifestants se sont réfugiés dans la parcelle voisine de la paroisse saint Christophe sans savoir que son propriétaire n’est autre que Félix Kabange Numbi, cadre de la Majorité présidentielle (MP). Ces manifestants étaient loin de penser que c’est dans cette résidence qu’ils vont vivre le traumatisme de leur vie.

Voyant une cohorte des gens dans sa parcelle, Félix Kabange Numbi et les agents commis à sa garde ont commencé par bloquer la sortie avant d’appeler la police. Dans une poussière de minutes, des dizaines de policiers ont débarqué sur les lieux avec la brutalité qu’on leur reconnait.

D’abord, tous les manifestants réfugiés dans cette résidence, à l’exception du curé de la paroisse Saint Christophe, seront neutralisés et déshabillés par les agents de police. Des images diffusées sur certaines chaines proches de la Majorité présidentielle notamment sur Télé 50 et Digital Congo, montrent des scènes d’une violence inacceptable. Sur les images diffusées par ces médias, on peut voir les 145 manifestants en slip assis par terre dans l’enclos de la parcelle.

Fausses accusations

Selon Félix Kabange Numbi, ces manifestants, y compris l’abbé de cette paroisse, avaient un plan ourdi depuis longtemps pour attenter à sa vie. Ca serait ça la raison de cette intrusion dans sa parcelle. Condamnant la marche des Chrétiens, ce cadre de la MP soutient que les marches pacifiques n’existent pas. De son avis, les marches organisées tant par le Comité laïc de Coordination que par d’autres structures de l’Opposition seraient, pour lui, que pour casser et faire la violence. Et la preuve serait cet envahissement de sa résidence par des gents qui, à ses yeux ne sont que des fauteurs de trouble. Félix Kabange Numbi n’a même pas hésité à accuser le curé de Saint Christophe d’avoir enrôlé ces jeunes pour lui faire du mal. Mais, ces propos sont démentis par les faits. Tous les manifestants qui ont investi sa parcelle n’avaient pas d’arme blanche. Ils étaient mains nues et personne n’a tenté ni de voler ni de casser quoi que ce soit dans sa résidence, à part chercher à échapper à la répression de la police.

Cependant, cela n’a pas empêché les policiers de violenter ces manifestants en présence des membres du gouvernement. Même sur les images diffusées dans les médias cités ci-haut, on peut voir et entendre les policiers gifler et insulter ces jeunes en présence du ministre Kabange Numbi. Ce dernier a accepté que ces citoyens congolais soient violentés, insultés et humiliés par les policiers en sa présence, sans que cela ne heurte sa conscience patriotique.

Ce sont des images d’une rare violence que les médias ont diffusé, sans censurer, à propos de cette intrusion dans la parcelle du ministre, cadre de la MP. Comment un membre du gouvernement peut-il se faire complice des insultes, de la violence et d’un traitement dégradant envers des paisibles citoyens Congolais. Autre chose qui choque dans cette affaire, c’est le mensonge que ceux qui ont monté ladite mise en scène débitent du début à la fin. Le ministre de l’Aménagement du territoire calomnie pratiquement un prêtre d’attenter à sa vie, chose qu’il n’a pas prouvée. D’ailleurs, le ministre n’a même pas montré une seule égratignure sur son corps à la suite de la présence des manifestants dans sa parcelle.

Mugalu ne jure que par l’arrestation de Monsengwo

Deux autres personnalités ont assisté au mauvais traitement infligé à ces manifestants dans la parcelle de Félix Kabange. Il s’agit de l’Ambassadeur Mugalu, chef de la Maison civile du président de la République. Lui, a trouvé une belle occasion de s’attaquer, comme il le fait depuis quelques semaines, au cardinal Monsengwo. Pour l’ambassadeur Mugalu, l’archevêque de Kinshasa est  » répréhensible  » et doit être  » réprimandé  » par ce qu’il encourage les marches des chrétiens.

De son coté, le ministre de l’Urbanisme et Habitat, Kokonyangi, qui excelle dans les affirmations gratuites depuis un temps, a laissé entendre que les manifestants du 21 janvier voulaient faire un coup d’État contre les institutions de la République.

Le fait gravissime, c’est que trois personnalités du régime, dont deux ministres du gouvernement en fonction et le chef de la Maison civile du président de la République, ont cautionné le traitement dégradant infligé à des citoyens congolais. Pire, les images montrant ces violences ont été diffusées dans les médias comme si la répression devenait une chose normale en RDC.

[lePotentiel]

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