dimanche , 24 mai 2020
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Constitution : « Kabila » tire à boulets rouge sur l’église et l’Opposition de RDC

«  J’étais le seul à avoir battu campagne pour l’adoption de la Constitution. Les autres avaient carrément rejeté la Constitution. Ils étaient restés sur place ici à Kinshasa, dans les bistrots, dans les ambassades, alors que j’étais sur le terrain en train de battre campagne pour l’adoption de la Constitution. Et quand je vois ceux qui prétendent défendre la Constitution, je ne fais que m’éclater de rire. Ils défendent la Constitution aujourd’hui, une Constitution qu’ils avaient rejetée. Et ils avaient déclaré bien avant l’adoption même de la Constitution que même si elle est adoptée, la toute première mission des députés et sénateurs élus, seraient de la rejeter et de nous proposer une autre Constitution. Parmi ceux qui avaient rejeté la Constitution en vigueur, c’est l’Église catholique « . Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo (RDC)

Lors de sa conférence de presse la semaine dernière, le président de la République s’est octroyé tout le mérite de l’adoption de l’actuelle Constitution au point qu’il  » éclate de rire  » quand il voit l’Opposition et l’église catholique la défendre aujourd’hui. Devenue loi suprême de la République depuis sa promulgation, cette Constitution doit être respectée par tous les Congolais en commençant par le président de la République.

 » J’étais le seul à avoir battu campagne pour l’adoption de la Constitution. Les autres avaient carrément rejeté la Constitution. Ils étaient restés sur place ici à Kinshasa, dans les bistrots, dans les ambassades, alors que j’étais sur le terrain en train de battre campagne pour l’adoption de la Constitution. Et quand je vois ceux qui prétendent défendre la Constitution, je ne fais que m’éclater de rire. Ils défendent la Constitution aujourd’hui, une Constitution qu’ils avaient rejetée. Et ils avaient déclaré bien avant l’adoption même de la Constitution que même si elle est adoptée, la toute première mission des députés et sénateurs élus, seraient de la rejeter et de nous proposer une autre Constitution. Parmi ceux qui avaient rejeté la Constitution en vigueur, c’est l’Église catholique « .

C’est l’extrait de la déclaration du président de la République tiré de sa conférence de presse tenue le vendredi 26 janvier au Palais de la Nation à Kinshasa. Dans cette déclaration, le chef de l’État s’octroie tout le mérite sur l’adoption de la Constitution actuelle. Il croit même être le seul à battre campagne pour son vote en 2005 avant sa promulgation, le 18 février 2006.

Dès lors, le chef de l’État ne supporte pas que l’Opposition, plus particulièrement l’UDPS, passe pour le gardien de la Constitution en République démocratique du Congo. Certes, l’UDPS avait battu campagne pour le boycotte de cette Constitution en 2005. Mais, plusieurs partis politiques de l’opposition et toutes les parties prenantes à la Transition sous la formule 1+4 étaient pour le vote de cette Constitution. Pour autant, cette loi suprême est le fruit du pacte républicain accepté par toutes les composantes et entités issues de Sun-City de 2002. La preuve est qu’elle a recueilli près de 85% de votants.

Quant à l’église catholique, elle n’a jamais battu campagne contre le vote de la Constitution en 2005. Bien au contraire, l’église catholique, à travers la Commission Justice et Paix, a contribué à la sensibilisation de cette Constitution à travers les paroisses disséminées dans tous les territoires de la République démocratique du Congo.

Une Constitution toujours violée

L’épiscopat catholique a eu à dénoncer la première modification de la Constitution en 2011, soit quelques mois seulement avant la tenue du deuxième cycle des élections. L’église catholique était contre le passage de deux tours à un tour aux élections présidentielles. En réalité, c’est à partir de ce moment-là que l’église catholique est rentrée dans le collimateur du régime en place à Kinshasa.

Pour les catholiques, cette première modification de la Constitution était un signe avant-coureur de l’instabilité politique en RDC. Aujourd’hui, les faits lui donnent raison. La crise politique est le fait que le pouvoir veut changer les règles du jeu. Une forfaiture que l’écrasante majorité des Congolais ne veut cautionner.

La tenue des élections chaotiques de novembre 2011 et la publication des résultats  » non conformes à la réalité des urnes  » n’ont été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis, l’épiscopat de l’église catholique n’a cessé d’éveiller la conscience des Congolais par rapport à la gouvernance du pays.

La Conférence épiscopale nationale du Congo pense être donc en droit de défendre cette Constitution contre les velléités de la majorité au pouvoir. Celle-ci n’a jamais caché son intention de modifier la loi suprême au gré de ses intérêts. C’est depuis 2013 que la Majorité présidentielle tente de modifier la Constitution pour déverrouiller l’article 220 qui écarte de la course de la présidentielle Joseph Kabila. L’actuel président est hors mandat depuis le 20 décembre 2016. Et, le régime tente de tout faire pour repousser aux calendes grecques les élections par toute sorte de subterfuges.

C’est dans cette optique que le processus électoral en cours est torpillé par la répression des manifestations pacifiques de l’Opposition et de la Société civile ainsi que par les violations massives des droits de l’homme. Dans ces conditions, la tenue des élections en décembre 2018 devient de plus en plus une gageure quand on sait que seuls les partis de la mouvance présidentielle ont droit de tenir des meetings et de circuler librement à travers le pays.

Autant le président de la République s’octroie la paternité de cette Constitution, autant il devrait la respecter à travers toutes ses déclinaisons. La Constitution du 18 février 2006 est devenue la Loi suprême de la République que tout le monde doit respecter, en commençant par le chef de l’État. Cependant, cette loi suprême est violée notamment par l’interdiction des manifestations publiques et le viol des droits et libertés fondamentaux dûment garantis.

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