lundi , 21 septembre 2020
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Casques bleus : Hécatombe

Depuis quatre ans, 204 Casques bleus ont été tués. Pour la seule année 2017, 61 soldats de la paix sont tombés. Selon le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio GUTERRES, il faut reconnaître toutes les situations ne sont pas des situations qui requièrent des opérations de maintien de la paix. Il y a des situations qui requièrent des opérations d’imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme. Et là, on n’a pas besoin de casques bleus. Là, on a besoin de forces, notamment de forces africaines, mais il faut que ces forces africaines aient un mandat clair du Conseil de sécurité – sous le chapitre 7 – et des fonds garantis pour leur action.

Depuis quatre ans, 204 Casques bleus ont été tués. Pour la seule année 2017, 61 soldats de la paix sont tombés. Comment faire face à cette hécatombe ?

Je crois qu’il nous faut trois choses. Et nous venons de faire un examen rigoureux. Avec une équipe de militaires, dirigée par un militaire brésilien, on a fait un examen rigoureux des problèmes de performance des opérations de maintien de la paix, pour mieux comprendre comment répondre d’une façon globale à ce problème. Premièrement, il faut reconnaître toutes les situations ne sont pas des situations qui requièrent des opérations de maintien de la paix. Il y a des situations qui requièrent des opérations d’imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme. Et là, on n’a pas besoin de casques bleus. Là, on a besoin de forces, notamment de forces africaines, mais il faut que ces forces africaines aient un mandat clair du Conseil de sécurité – sous le chapitre 7 – et des fonds garantis pour leur action.

Au Congo-Kinshasa, le président Kabila a eu des mots durs contre la force Monusco. Or, dans votre mandat, dans ce pays, il y a notamment l’organisation des élections. Est-ce que cette partie de votre mandat embarrasse le président Kabila et est-ce la raison pour laquelle il menace à demi-mot la Monusco ?

Je crois que ce n’est pas la première fois. C’est toujours facile, quand les choses ne vont pas bien, d’essayer d’avoir un bouc émissaire. Et les forces des Nations unies sont facilement des boucs émissaires dans beaucoup de situations. Ce qu’il nous faut, c’est avoir des élections jusqu’à la fin de l’année, et ce qu’il nous faut, c’est que la Constitution soit respectée. Et là, nous ferons de notre mieux, d’une façon loyale et ouverte. Nous ferons de notre mieux pour que ces conditions soient remplies. Et aussi, pour que, dans le contexte de l’évolution du pays, il y ait des mesures de rétablissement de la confiance. Et ça a à voir avec la libération de gens qui sont en prison et qui ne doivent pas l’être…

Des prisonniers politiques…

Avec la façon dont les forces de l’ordre, quelquefois, utilisent la force d’une façon exagérée et face à des manifestations… Il faut, à tout prix, notamment éviter les attaques aux lieux saints de différentes religions, etc. Il y a des choses à faire. Mais l’essentiel, c’est d’avoir des élections dans le respect de la Constitution, jusqu’à la fin de l’année.

Le 12 mars 2017 ont été tués au Congo-Kinshasa deux experts de votre organisation de l’ONU, Zaida Catalán et Michael Sharp. Une enquête de RFI révèle que des agents de l’Etat congolais ont participé à l’organisation de la mission qui a coûté la vie à ces deux malheureux experts, mais cela n’apparaît pas dans le premier rapport du comité d’enquête mis sur pied par l’ONU.

Naturellement, dans ces situations, il y a toujours beaucoup d’opinions, beaucoup d’enquêtes. Ce que nous avons réussi, c’est obtenir l’insertion dans le système d’investigation des experts internationaux des Nations unies, qui vont travailler en toute indépendance pour pouvoir déterminer la vérité, et pour que, ceux qui en sont responsables soient effectivement punis.

[Rfi/LP]

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