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RDC : Plus de 2,6 millions d’enfants et leurs familles sont dépendants de l’assistance humanitaire pour leur survie

Dernière mise à jour, le 15 mars 2018 à 12:48

La montée des violences et des tensions intercommunautaires en RDC ayant contraint plus de 1,9 million de personnes à fuir leur foyer en 2017, l’Unicef demande aujourd’hui 268 millions de dollars américains afin de fournir une aide humanitaire à 6,3 millions d’enfants en 2018.

Selon Mme Aude Rigot, chef des urgences à l’Unicef/RDC qui a livré cette information à la presse, cet appel s’inscrit dans le cadre de l’appel mondial de l’Unicef de 3,6 milliards de dollars américains visant à garantir en 2018 une assistance humanitaire à 48 millions d’enfants dans 51 pays touchés par des conflits, des catastrophes naturelles et d’autres situations d’urgences.

Avec ses 268 millions de dollars américains, l’appel financier pour la réponse humanitaire de l’Unicef en RDC est la plus importante de l’organisation à travers le monde, mis à part l’appel qui concerne le Yémen, la Syrie et ses pays limitrophes. « La hauteur exceptionnelle de l’appel pour l’appui humanitaire en RDC montre à quel point les enfants en RDC souffrent aujourd’hui des conséquences de conflits et d’épidémies », a souligné le Dr Tajudeen Oyewale, représentant a.i de l’Unicef en RDC.

Comme on le sait, la RDC est devenue le pays africain le plus affecté par les mouvements de population, avec 4,3 millions de déplacés sur le territoire, dont plus de 2,6 millions d’enfants. Ces derniers et leurs familles sont dépendants de l’assistance humanitaire pour leur survie. Et les provinces du Kasaï, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika sont les plus concernées. « Il faut que la violence à l’égard des enfants cesse et que les services de santé et les écoles puissent fonctionner à nouveau normalement », a rappelé le Dr Oyewale.

Aide humanitaire multisectorielle

En RDC, plus de deux millions d’enfants souffrent de malnutrition aigüe sévère, soit 12% du nombre de cas dans le monde. À cela s’ajoutent les épidémies de choléra et de rougeole qui ont touché beaucoup d’enfants en 2017 et dont l’impact risque de s’étendre sans une réponse adéquate.

Afin d’apporter une réponse humanitaire à la hauteur des besoins des enfants de la RDC en 2018, il faut que les bailleurs se mobilisent. Et le Représentant a.i de l’Unicef en RDC précise que « l’année dernière, les bailleurs n’ont financé que 51% de fonds nécessaires pour la réponse humanitaire. Et d’ajouter : « Si la communauté internationale ne prend pas de mesures immédiates pour protéger et fournir une aide vitale aux enfants en RDC, un avenir de plus en plus sombre les attend. »

L’UNICEF DEMANDE 3,6 MILLIARDS DE DOLLARS POUR AIDER 48 MILLIONS D’ENFANTS DANS LE MONDE

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a lancé mardi à Genève un appel de fonds de 3,6 milliards de dollars afin de fournir une aide humanitaire vitale à 48 millions d’enfants vivant dans 51 pays touchés par des conflits, des catastrophes naturelles et d’autres situations d’urgence en 2018.

Selon l’Agence onusienne, 84% des fonds demandés seront affectés à des enfants vivant dans des pays touchés par la violence et les conflits.

Dans le monde entier, les besoins humanitaires atteignent des niveaux critiques en raison de violents conflits. Dans ces situations, les enfants sont particulièrement vulnérables. Certains conflits perdurent depuis des années, comme en Iraq, au Nigéria, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud, en Syrie et au Yémen, et ne cessent de gagner en complexité, provoquant de nouvelles vagues de violence, de déplacements et de bouleversements dans la vie des enfants.

« Les enfants ne peuvent attendre qu’un terme soit mis à ces guerres, car ces crises constituent une menace catastrophique pour la survie immédiate et l’avenir à long terme des enfants et des jeunes », alerte Manuel Fontaine, Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF. « Dans les situations où les conflits et les catastrophes naturelles provoquent l’effondrement des services essentiels, tels que les soins de santé, l’approvisionnement en eau et l’assainissement, les plus vulnérables sont les enfants. Si la communauté internationale ne prend pas des mesures immédiates pour protéger et fournir une aide vitale à ces enfants, un avenir de plus en plus sombre les attend».

Selon l’UNICEF, les parties aux conflits font preuve d’un mépris flagrant à l’égard de la vie des enfants. Les enfants ne sont pas seulement la cible d’attaques directes, ils se voient également nier l’accès à des services élémentaires, tandis que les écoles, les hôpitaux et les infrastructures civiles sont endommagés ou détruits.

Près du quart des enfants vivent dans des pays touchés par un conflit ou une catastrophe

Dans ces conditions, près de 84% (3,015 milliards de dollars) des fonds de l’appel de 2018 serviront à oeuvrer dans des pays touchés par des crises humanitaires provoquées par la violence et les conflits. « Le monde devient de plus en plus dangereux pour un grand nombre d’enfants. Aujourd’hui, près d’un enfant sur quatre vit dans un pays touché par un conflit ou par une catastrophe naturelle. Pour ces enfants, bien trop nombreux, la vie quotidienne est un véritable cauchemar », fait remarquer l’UNICEF.

La majeure partie de l’appel lancé par l’UNICEF cette année vise ainsi à venir en aide aux enfants et aux familles affectés par le conflit en Syrie, qui entrera bientôt dans sa huitième année. L’UNICEF demande près de 1,3 milliard de dollars afin d’aider 6,9 millions d’enfants syriens qui se trouvent toujours en Syrie ou qui se sont réfugiés dans les pays voisins.

De façon générale, la survie des enfants pris au piège de ces situations de crise est principalement menacée par la propagation des maladies transmises par l’eau. Entre les attaques ciblant les infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, les tactiques de siège qui empêchent l’accès à une eau salubre et les déplacements forcés dans des régions dépourvues d’infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, les enfants et leur famille finissent par dépendre d’une eau contaminée et d’un assainissement médiocre. Les filles et les femmes, qui ont souvent la tâche d’aller chercher de l’eau pour leur famille dans des situations dangereuses, sont exposées à des risques supplémentaires.

« 117 millions de personnes vivant dans des situations d’urgence n’ont pas accès à une eau salubre. Dans de nombreux pays touchés par des conflits, les enfants meurent davantage des maladies provoquées par une eau insalubre et un piètre assainissement que de l’action directe de la violence », explique Manuel Fontaine.

Selon le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, « la menace est encore plus importante pour des millions d’enfants exposés à des niveaux de malnutrition qui mettent en péril leur vie, les rendant encore plus vulnérables aux maladies transmises par l’eau, comme le choléra, ce qui crée un cercle vicieux de dénutrition et de maladie ».

L’UNICEF, avec ses partenaires et le soutien de ses donateurs, a pour objectif en 2018 de soigner 4,2 millions d’enfants atteints de malnutrition aiguë sévère et de fournir à 35,7 millions de personnes un accès à une eau salubre. L’Agence onusienne entend vacciner cette année 10 millions d’enfants contre la rougeole, mais aussi fournir une éducation à 8,9 millions d’enfants une éducation élémentaire formelle et non formelle et d’apporter un soutien psychologique à plus de 3,9 millions d’enfants.

[UN.ORG/LP]

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