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2018 : Année de la fin de la dictature de « Kabila » ?

Pour le G7, quoi qu’il en coûte et quoi que Joseph Kabila et ses partisans fassent, l’année 2018 doit être celle de la fin de la dictature, de la fin du règne des dirigeants illégitimes et illégaux en République Démocratique du Congo (RDC).

Président en exercice de G7, Pierre Lumbi Okongo a tenu hier, dimanche 28 janvier 2018, un point de presse, le premier de cette année nouvelle. Les marches du 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 organisées par le CLC ; la sortie médiatique du Chef de l’Etat de vendredi dernier, les élections à venir, la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre… ont été au centre de cet échange entre le G7 et la presse tant nationale qu’internationale.

Pour ce regroupement politique, quoi qu’il en coûte et quoi que Joseph Kabila et ses partisans fassent, l’année 2018 doit être celle de la fin de la dictature, de la fin du règne des dirigeants illégitimes et illégaux en République Démocratique du Congo.

S’inclinant devant le martyr des compatriotes qui ont perdu de leur vie ou ont été atteints dans leur intégrité physique au cours de deux marches historiques organisées par le Comité Laïc de Coordination et réprimées sauvagement par le pouvoir, le G7 rappelle qu’on ne pleure pas les martyrs. Par contre, on poursuit leur combat jusqu’au triomphe de l’idéal et des valeurs pour lesquelles ils se seront sacrifiés.

Le G7 salue ainsi le courage du CLC, des vaillants Abbés, de l’Eglise catholique et de toutes les confessions religieuses qui, d’une manière ou d’une autre, ont permis, dit-il, de relancer  »le combat commun pour la démocratie et l’Etat de droit en RDC ».

Réagissant vigoureusement à la conférence de presse du Chef de l’Etat de vendredi 26 janvier 2017, le G7 est formel :  »Encore une fois, le Président Joseph Kabila n’a pas été au rendez-vous de l’histoire. Car, argument-il, des millions des Congolaises et Congolais attendaient du Président Joseph Kabila, des signaux forts pour décrisper le climat politique extrêmement tendu et explosif. Une décrispation qui passe par l’annonce du retour de la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba pour des hommages dignes en RD. Congo, l’abandon des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, la libération immédiate des prisonniers politiques rangées dans la catégorie des figures emblématiques, l’annonce de la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation des espaces médiatiques et la réouverture des médias injustement fermés, la fin du dédoublement des partis politiques, le libre exercice des activités politiques par tous notamment, le droit de manifester et la liberté des mouvements, la redynamisation de la CENI, la confirmation, par l’actuel Chef de l’Etat, qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme l’exige la Constitution. Et donc, pour le G7, tels sont les préalables à la tenue d’élections crédibles et transparentes qui assureront la paix et la stabilité de la RDC.

Enfin, le G7 en appelle à l’unité d’actions de l’Opposition. Cette unité qui doit, en principe, avoir comme socle, l’exigence de l’application rapide et sans failles de l’Accord de la Saint Sylvestre, le respect des valeurs républicaines et va se construire autour des actions communes. Il invite, par conséquent, tous les principaux leaders de l’Opposition, quels que soient les reproches que les uns et les autres se font, à transcender les états d’âme et les rancœurs, pour privilégier, à cette étape de la lutte, des actions concertées.

Ci-dessous, l’intégralité de cette point de presse

POINT DE PRESSE DU G7 DU DIMANCHE 28 JANVIER 2018

Mesdames et Messieurs de la presse,

Mieux vaut tard que jamais. Au nom du G7, je voudrais souhaiter à vous-mêmes et à l’ensemble du Peuple congolais les vœux les meilleurs pour l’année 2018, une année nouvelle pleine de courage et de réussite.

En effet, pour le G7, quoi qu’il en coûte et quoi que le président Joseph Kabila et ses partisans fassent, l’année 2018 doit être celle de la fin de la dictature, de la fin du règne des dirigeants illégitimes et illégaux en République Démocratique du Congo.

Au G7, nous en sommes très sûrs. Notre assurance est fondée d’autant plus qu’en répondant massivement à l’appel du Comité Laïc de Coordination, CLC, les congolais de toute confession religieuse qui ont marché pacifiquement par millions, le 31 décembre dernier et le 21 janvier en cours, à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbandaka, Goma, Bukavu et ailleurs à travers la République, ont démontré sans équivoque que notre Peuple a vaincu la peur et est déterminé à se libérer des chaînes de la dictature d’un régime illégitime et illégal qui ne survit désormais que par les armes et la corruption.

Le G7 s’incline devant le martyre des compatriotes qui ont perdu leur vie ou ont été atteints dans leur intégrité physique au cours de ces deux marches historiques réprimées sauvagement par le pouvoir décadent du Président Joseph Kabila.

Mesdames et Messieurs de la presse,

On ne pleure pas les martyrs. On poursuit leur combat jusqu’au triomphe de l’idéal et des valeurs pour lesquels ils se sont sacrifiés. Tel est l’engagement que le G7 a pris avec toutes les forces de changement dans notre pays.

Le G7 salue le courage du CLC, de nos vaillants Abbés, de l’Eglise catholique et de toutes les confessions religieuses qui ont permis de relancer notre combat commun pour la démocratie et l’Etat de droit en RDC. Il félicite les forces de l’opposition et du mouvement citoyen qui se sont impliquées activement dans la réussite des marches du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018.

Le G7 se félicite de l’attitude des partenaires extérieurs de la RDC qui ont unanimement condamné les tueries et autres violences exercées gratuitement par les forces de l’ordre et de sécurité sur des citoyens, marchant avec des bibles, des chapelets, des rameaux de paix, etc. et sans provoquer personne, pour n’exiger rien d’autre que le respect de la Constitution et la tenue d’élections démocratiques dont la mise en œuvre effective de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 constitue la seule garantie réelle.

Le G7 souscrit à la demande d’une enquête impartiale formulée notamment par l’opposition congolaise, les organisations non gouvernementales des droits de l’Homme, l’Union Africaine (U.A), le Secrétaire Général des Nations Unies, l’Union européenne(UE), la Belgique et les Etats-Unis d’Amérique afin d’identifier les auteurs intellectuels et matériels de ces crimes abominables et de les sanctionner sévèrement.

Dans le même sens, le G7 trouve fondée la décision du gouvernement belge de ne plus coopérer avec le Président Joseph Kabila et son gouvernement car non seulement ils n’ont plus de légitimité pour diriger la RDC et engager le Peuple congolais, mais aussi parce qu’ils maintiennent le pays sous tension en sabotant délibérément l’Accord de la Saint Sylvestre et en violant constamment les droits de l’homme et les libertés fondamentales.

Aussi, le G7 exprime-t-il sa plus vive indignation face à la réaction épidermique et irresponsable des autorités congolaises qui, au lieu d’appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre et de libérer l’avenir de la Nation comme ne cesse de le revendiquer notre Peuple, se lance dans des mesures de rétorsion contre le Gouvernement belge en décidant de fermer l’Agence de coopération belge et la Maison Schengen à Kinshasa, sachant très bien que, d’une part, elles pénalisent beaucoup de Congolais et, de l’autre, la fermeture de la Maison Schengen ne concerne pas que la Belgique mais aussi 16 autres pays membres de l’Union Européenne.

Le G7 demande avec insistance au gouvernement de la RDC de renoncer à ces mesures aussi inutiles que ridicules et de s’appliquer à la mise en œuvre intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, plus spécialement la 2348 (2017) et des recommandations des partenaires extérieurs en la matière.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Joseph Kabila tient à rester au pouvoir quel qu’en soit le prix. Néanmoins, les marches populaires du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018 l’ont ébranlé et ont remis en cause certaines certitudes qui alimentaient ses illusions jusque-là. Autrement comment expliquer sa sortie médiatique subite et celle de son Ministre de la justice ?

Des millions des Congolaises et Congolais parmi lesquels près de 3 millions qui ont marché le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018, attendaient du Président Joseph Kabila, à l’occasion de son interview du 26 janvier 2018, des signaux forts pour décrisper le climat politique extrêmement tendu et explosif.

Les Congolais attendaient qu’il présente ses condoléances aux familles éprouvées et les excuses du Gouvernement congolais pour les victimes causées par les forces de l’ordre le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018 autrement qu’au détour d’une question d’un journaliste.

Ils attendaient qu’il annonce le retour de la dépouille d’Etienne Tshisekedi pour qu’il soit enterré dans la dignité et l’abandon des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi.

Ils attendaient la libération immédiate des prisonniers politiques emblématiques tels que Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Diomi Ndongala, Huit Mulongo et bien d’autres. En lieu et place, son Ministre de la justice a annoncé la libération d’une dizaine de prisonniers membres de l’ex-Mouvement rebelle M23 et d’autres groupes armés, bénéficiaires d’une loi d’Amnistie votée et promulguée il y a 4 ans, privant les Congolais amnistiés de leur liberté au mépris de la Constitution et des lois de la République.

Ils attendaient qu’il annonce la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation des espaces médiatiques et la réouverture des médias injustement fermés, la fin du dédoublement des partis politiques, le libre exercice des activités politiques par tous notamment le droit de manifester et la liberté des mouvements, la restructuration de la CENI, la confirmation par le Chef de l’Etat qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme l’exige la constitution.

De tout cela, rien n’a été évoqué. Encore une fois le Président Joseph Kabila, n’a pas été au rendez-vous de l’histoire. Nous, membres du G7 n’en sommes pas surpris. En 2015, nous avions déjà fait l’expérience de l’entêtement obstiné d’un homme insensible aux aspirations de son peuple. A trois reprises, nous lui avions écrit pour lui demander de baisser les tensions dans le pays. Nous lui avions demandé de respecter la Constitution, organiser les élections en temps et heures et se préparer à une alternance démocratique et apaisée. Depuis, que de morts, que de sang et de larmes versées, de familles endeuillées et déchirées, de victimes innocentes sacrifiées pour une famille et un clan ? Que de chances envolées, d’opportunités manquées de redonner à la Nation un élan vers un avenir meilleur pour une poignée de partisans avides de conserver le pouvoir pour le pouvoir ?

Tout ceci montre que le président Joseph Kabila, son gouvernement et ses partisans ne veulent ni de la démocratie, ni de l’Etat de droit, ni de la réconciliation nationale, ni de la paix, ni des élections crédibles pour sortir du chaos dans lequel ils précipitent chaque jour davantage la RDC.

C’est pourquoi, le G7 réitère son appel au Peuple congolais d’intensifier les pressions pacifiques afin que toutes les mesures de décrispation politique et d’assainissement de la CENI ainsi que de l’environnement électoral convenues dans l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016, seule feuille de route valable pour la tenue des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles en RDC, soient effectivement appliquées.

Nous continuerons ensemble main dans la main avec le peuple congolais à nous dresser contre la dictature pour réclamer la libération sans condition des prisonniers politiques tel qued’Eugène Diomi, de Jean Claude Muyambo, de Franck Diongo, de Huit Mulongo, de tous les autres prisonniers politiques et activistes des mouvements citoyens, la fin des poursuites judiciaires infondées contre Moise Katumbi et Sindika Dokolo, le retour des opposants exilés, injustement condamnés ou menacés d’arrestation à leur retour comme Mbusa Nyamwisi et Floribert Anzuluni et tant d’autres, la libéralisation des espaces médiatiques et la réouverture des médias, la fin du dédoublement des partis politiques, le libre exercice des activités politiques par tous notamment le respect du droit de manifestations pacifiques et la liberté des mouvements, la confirmation par le chef de l’Etat qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme l’exige la constitution. Nous voulons la restructuration de la CENI telle que décidée dans l’Accord de la Saint Sylvestre. Tels sont les préalables à la tenue d’élections crédibles et transparentes qui assureront la paix et la stabilité de notre pays.

A cet effet, j’en appelle encore une fois, comme beaucoup d’autres l’ont fait avant moi, à l’unité de l’opposition. Cette unité qui doit avoir comme socle les valeurs républicaines, va se construire autour des actions communes. A cet effet, j’invite tous les principaux leaders de l’opposition quels que soient les reproches que les uns et les autres se font, de transcender leurs états d’âme, les rancœurs, pour privilégier l’intérêt général de notre nation.

Aussi, serait-il opportun qu’une rencontre entre ces leaders soit organisée dans les meilleurs délais pour que les lignes de convergence sur l’unité d’action soient établies.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie

Kinshasa, le 28 janvier 2018

Pour le G7,

Le Président en exercice

Pierre LUMBI OKONGO

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