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Répressions 21 janvier : « Kabila » doit restituer les corps des victimes aux familles

Dernière mise à jour, le 4 mars 2018 à 03:53

L’État est appelé à libérer, pour un enterrement digne, les dépouilles mortelles de ces êtres qu’il n’a pu protéger de leur vivant, et prié de mettre un terme à la banalisation de la vie et de la dignité humaine.

Au cours d’un point de presse animé hier lundi 29 janvier, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) et la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) ont déclaré être vivement préoccupées, pour la énième fois par la politique de terreur mise en place par certaines autorités congolaises se traduisant par l’instrumentalisation à outrance des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et surtout des militaires de la Garde républicaine (GR) ainsi que des agents des services de sécurité pour réprimer brutalement, violemment et dans le sang des manifestants pacifiques et sans armes revendiquant légitimement leurs droits fondamentaux.

Ces deux organisations notent qu’au cours des marches pacifiques du 21 janvier 2018 organisées par le Comité laïc de coordination de l’Eglise catholique en vue d’exiger l’application intégrale de l’Accord de la Saint-Sylvestre, leurs membres ont été témoins oculaires des violations des droits de la personne humaine et ont reçu de nombreuses allégations des violations des droits de l’Homme à Kinshasa, capitale de la RDC.

Elles ont constaté que contrairement à la version officielle de la police nationale congolaise (PNC), le nombre de personnes tuées et celui de paroisses ayant été impliquées dans la marche du 21 janvier 2018 à Kinshasa sont de loin plus élevés que ceux donnés par la Police nationale congolaise (PNC) comme détaillés ci-dessous.

PAROISSE SAINT MICHEL/COMMUNE DE BANDALUNGWA

Encerclement de la paroisse tôt le matin par des militaires des policiers. Seuls les fidèles arrivés avant ledit encerclement ont pris part à la messe et aucun accès à l’église n’a été autorisé après l’encerclement de la Paroisse. Après la messe, des fidèles accompagnés des prêtres ont commencé la marche mais ont été dispersés non loin de la maison communale de Bandalungwa par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ayant fait usage du gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont été brièvement interpellées le même jour dont entre autres : M. l’abbé Luc Zola, stagiaire et résidant à la paroisse, M. l’abbé Julien, M. Jean-Claude Mukeba, lecteur, M. Kabisa, président de la Commission oecuménique Pool B Bandalungwa, M. Yanissa Ilunga Elie, mineur de son état, âgé de 15 ans, élève en 1er CO au Complexe scolaire St Michel. Il a été interpellé sur avenue Kisangani non loin de la paroisse St Michel et copieusement passé à tabac puis embarqué dans le véhicule Jeefang avec trois autres adultes et acheminés au camp Kokolo. Il sied de souligner que la tentative de l’interpellation de M. l’abbé vicaire Tshipamba Jaël a échoué grâce à l’intervention des fidèles.

PAROISSE ST MUKASA À MALUEKA/NGALIEMA

Déroulement normal de la messe. Après la messe, la marche pacifique a été dispersée au niveau de la Regideso par les policiers à l’aide de gaz lacrymogènes. Sorti de sa parcelle pour observer la marche, M. Chirimuami Ukubi a fait l’objet de sévices corporels de la part des policiers qui lui ont également arraché son téléphone portable et déchiré ses habits avant de le déshabiller publiquement et de l’embarquer à bord de leur jeep en compagnie de M. Muya non autrement identifié accusé d’avoir filmé la scène de répression.

PAROISSE NOTRE-DAME DE LINGWALA

Les policiers ont lancé le gaz lacrymogène dans la paroisse. Une religieuse et quatre (4) autres personnes ont été blessées par balles.

SAINT FRANÇOIS DE LA SALLE DE KINTAMBO

Lancement de gaz lacrymogène dans l’enceinte de l’église suivi des tirs à balles réelles et à bout portant. Une aspirante religieuse, mademoiselle Thérèse KAPANGALA, fille d’un officier supérieur de la police est tuée par balle pendant qu’elle tente d’entrer dans l’église pour se mettre à l’abri et quatre autres personnes sont grièvement blessées par balles.

PAROISSE SAINT GABRIEL DE KALAMU

Déroulement normal de la messe. La marche commencée a été dispersée par des policiers qui ont tiré à balles réelles et lancé de gaz lacrymogènes. M. Kunda Serge, fidèle de la paroisse St Gabriel, maçon de son état, âgé de 46 ans, marié, père de cinq enfants, a eu une balle au front au niveau du marché Kapela. La victime est actuellement hospitalisée dans la salle d’urgence d’un hôpital à Kinshasa. Un enfant non autrement identifié a eu des balles au niveau de la jambe et est présentement admis aux soins dans un hôpital.

PAROISSE SAINT AUGUSTIN/LEMBA

Lancement du gaz lacrymogène pendant la messe par des policiers et des militaires de la Garde républicaine (GR). Ces derniers ont également tiré à balles réelles mettant ainsi tous les fidèles présents à la messe en débandade. M. Ngandu Kisebe Hussein, membre du parti politique de l’opposition  » Union pour la Nation Congolaise (UNC)  » et fidèle de la paroisse Saint Augustin est atteint par balles à la sortie de la paroisse. Le vicaire de la paroisse est copieusement passé à tabac par des militaires qui ont même déchiré sa soutane.

PAROISSE NOTRE-DAME D’AFRIQUE DE LEMBA

Déroulement normal de la messe. Après le culte, les fidèles en pleine marche ont été brutalement dispersés à l’aide du gaz lacrymogène par des policiers sous la conduite du Major Carine non autrement identifié alors qu’ils s’étaient mis à genoux pour faire preuve respectant ainsi le caractère pacifique de la marche. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées et deux femmes interpellées. Il s’agit de mesdames Anna et Ivette. La première a été relaxée vers 16h00 et la deuxième vers 19h00 moyennant cent cinquante mille francs congolais (150 000FC, soit 93 USD).

Il sied de noter que devant la paroisse Notre Dame d’Afrique, plusieurs passants ont été interpellés et amenés vers une destination inconnue.

PAROISSE COEUR IMMACULÉ DE MARIE DE MASINA

La messe a été célébrée. Après la messe, les prêtes accompagnés des fidèles ont marché jusqu’au niveau de la maison communale de Masina avant d’être brutalement dispersés à l’aide du gaz lacrymogène. Me Papy Luse a été copieusement tabassé par des policiers et se trouve actuellement dans un état critique dans un Centre Médical dans la commune de Masina. Le Vicaire, l’abbé Rémy Kamaluey a été brutalisé et son téléphone portable et sa tablette ont été confisqués par un policier avant d’être restitués par le colonel Bienvenue du district de la Tshangu lundi 22 janvier 2018. Quatre (4) fidèles ont été interpellés et relaxés quelques heures après.

PAROISSE DIVIN MAÎTRE DE MASINA

Après le déroulement normal de la première messe, la marche a eu lieu mais a été dispersée par des policiers au niveau du marché liberté au moyen des coups de feu et des grenades à gaz lacrymogène. Les abbés Jean-Claude Mayamba et Glory Mukuama ainsi que M. Jean-Hubert Mukendi respectivement curé, diacre et dirigeant de la chorale ont été violentés avec une brutalité inouïe alors qu’ils se sont agenouillés et mis à prier pendant que les manifestants fuyaient.

Il convient, en outre de souligner que M. Mende Adjao Etienne, fidèle de la Paroisse Divin Maitre interpellé le 21 janvier 2018 par des militaires de la GR et amené vers une destination inconnue a été torturée, blessée, dénudée par lesdits militaires. La victime a été retrouvée mercredi 24 janvier 2018 à la Légion PIR où elle est détenue avec d’autres personnes interpellées le 21 janvier 2018.

PAROISSE SAINT MARC DE KINGASANI

Un enfant de 10 ans a été blessé à la tête par la déflagration d’une grenade à gaz lacrymogène. Un autre garçon nommé Katika Perry a été sérieusement battu à la tête avec des coups de crosse d’un fusil.

PAROISSE ST PHILIPPE DE NGALIEMA

Déroulement normal de la messe. Munis des rameaux, chapelets et entonnant des chants religieux, les chrétiens ont marché courageusement et pacifiquement jusqu’au niveau du sous commissariat de police pont Maluku où ils se sont mis à genoux, les mains levées devant la barrière érigée par des éléments de la police lourdement armées qui ont fait usage de gaz lacrymogène. Des personnes ont été interpellées, d’autres blessées et des actes de vandalisme ont été signalés.

PAROISSE SAINT CHRISTOPHE DE NGALIEMA

Après la messe, les fidèles accompagnés par M. l’abbé curé Dieudonné Mukinayi et trois prêtres ont marché jusque vers la Route de Matadi à destination de la paroisse Saint Sacrement/Delveaux. Les fidèles de la paroisse ont été brutalement réprimés et dispersés au niveau de l’entrée Méteo par des militaires de la Garde républicaine (GR) venus à bord des jeeps et camions militaires de marque Jeefang.

Voulant traverser la barrière érigée par des militaires, ces derniers ont tiré à balles réelles en l’air et tiré plusieurs fois le gaz lacrymogène dans la foule. Un groupe des fidèles et M. L’abbé curé Dieudonné se sont réfugiés dans la parcelle en chantier du ministre Félix Dénis Kabange Numbi située sur l’avenue Nguma dans la commune de Ngaliema.

Les fidèles ont été poursuivis par des militaires de la Garde républicaine jusque dans l’enceinte de ladite parcelle. Des traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été infligés aux manifestants par des militaires de la GR. Des téléphones et autres effets de valeur ont été emportés par des militaires.

Après avoir séquestré les manifestants et le curé, ils leur ont demandé de se déshabiller et de rester en sous-vêtements. Les habits des victimes ont été emportés par des militaires. Plus d’une centaine des jeunes ont été embarqués à bord d’un camion militaire de marque Jeefang puis acheminés au siège de Légion nationale d’intervention de la Police nationale congolaise (LENI/PNC) situé sur avenue Victoire dans la commune de Kasa-Vubu où ils ont continué à faire l’objet de bastonnade par des coups de poing , des pieds et de crosses d’armes. Quant au curé Dieudonné Mukinayi, un pantalon, un t-shirt et des babouches lui ont été remis par les proches du ministre. Il a été acheminé au Commissariat général de la police nationale congolaise situé dans la commune de Lingwala.

PAROISSE SAINT LÉOPOLD DE NGALIEMA

Lors de l’altercation entre les fidèles et des militaires de la GR commis à la barrière, un militaire de la GR accroché sur un tank à jet d’eau chaude a lancé une grenade à défragmentation dans la parcelle située sur l’avenue des Ecuries n°15, quartier Joli Parc, commune de Ngaliema. M. Kazumba Kabamba Eric, 37 ans, a été grièvement blessé par la fragmentation de ladite grenade. Il a été immédiatement acheminé dans un Centre Médical de proximité et s’en sort avec une grave blessure au pied droit et à la main gauche ainsi que plusieurs petites blessures causées par l’éclat de grenade.

PAROISSE SAINT SACREMENT DE DELVAUX/NGALIEMA

Les hommes armés vêtus en tenue de la Police nationale congolaise ont lancé des grenades lacrymogènes dans la salle de consultation des femmes en état de grossesse, d’autres grenades étaient tombées à moins de deux mètres de chambres des femmes qui ont accouché. Les gaz avaient asphyxié les bébés et leurs mamans. Ces gaz ont provoqué aux bébés qui sortaient de la maternité le 23 janvier 2018 une allergie qui s’est manifestée par une rougeur sur les joues. C’est le cas notamment de Mme Zizi Mbengi Bambi.

PAROISSE MAMA WA BOBOTO DE MASINA

L’abbé Adelbar brutalisé, interpellé et amené à la maison communale de Masina. Son téléphone ravi, il a été libéré sur intervention d’un major non autrement identifié. Paroisse Marie Auxiliatrice/Commune de Masina : interpellation du père vicaire en compagnie d’un autre père vicaire de la paroisse St François Xavier. Il a été acheminé au quartier I dans la commune de N’Djili. Sa libération n’est intervenue que sur l’intervention d’un major. Paroisse St François Xavier/Commune de Masina : interpellation du père vicaire Jonny en compagnie du père vicaire de la paroisse Marie Auxiliatrice par des policiers. Il a été conduit au quartier I dans la commune de Ndjili après que ces derniers aient ravi son téléphone. Il a été libéré sur intervention d’un major non autrement identifié.

PAROISSE SAINT PIERRE/KINSHASA

Des manifestants ont été poursuivis jusque dans des parcelles où ils ont fui pour se mettre à l’abri. Plusieurs personnes ont été interpellées dont de nombreux innocents.

Les tirs à balles réelles ont fait une victime. Il s’agit de Mme Blandine, mère de plusieurs enfants, blessée à la cuisse gauche alors qu’elle se trouvait au balcon au 1er niveau de son immeuble. Il convient aussi de signaler l’interpellation de M.  » La Vie « , menuisier de son état, pendant qu’il se reposait dans établissement.

PAROISSE ST MATTHIAS DE MAKALA

Après le déroulement normal de la messe, de nombreux chrétiens tenant des rameaux, crucifix et bibles ont courageusement commencé la marche pacifique. Empêchés de manifester par des policiers à la hauteur de la maison communale de Makala, les manifestants ont pacifiquement contourné cette obstruction en empruntant une autre avenue pour atteindre l’avenue Kimwenza pour aller faire jonction avec les chrétiens de la paroisse St Gabriel. La marche pacifique a été brutalement dispersée avec des tirs à balles réelles à quelques mètres de la paroisse St Gabriel.

PAROISSE ST PAUL DE BARUMBU

Déroulement normal de la marche. Les fidèles ont été dispersés par des policiers qui ont tiré à balles réelles. Grièvement blessé par balle au dos, M. Bompombolo Sodio, tireur de chariot de son état, marié et père de 4 enfants garde encore la balle non extraite dans son corps. M. Sanda Nzila Divuma, atteint par balle à l’avant bras gauche lui tirée à bout portant par un policier au croisement des avenues Mboma-Belgica dans la commune de Barumbu ;

Au regard de tout ce qui précède, il ressort du monitoring de la VSV et la FBCP dans quarante et une paroisses catholiques de Kinshasa ce qui suit : certains militaires des FARDC et surtout de la Garde républicaine, certains éléments de la Police nationale congolaise et des agents des services de sécurité ont empêché ou perturbé dans de nombreuses paroisses l’organisation des messes, en violant ainsi le droit à la liberté de culte ; violé le droit à la vie des personnes et à l’intégrité physique des dizaines des personnes manifestant ou pas, en tirant à bout portant sur des manifestants y compris dans l’enceinte des paroisses.

SIX PERSONNES TUÉES

Sur les allégations de plus de quinze personnes tuées, le monitoring effectué sur le terrain révèle jusque-là avec exactitude le décès de six personnes. Il s’agit de M. Fuamba Mukala Matthieu, âgé de 15 ans, fils de Mukala Johny et de Mbuyi Pauline, atteint par balles au croisement des avenues Tuana et Kulumba dans la commune de Masina.

M. Kabadiatshi Malangu Pacson, conducteur de moto communément appelé Wewa, abattu par un militaire de la GR et son corps et sa moto ont été emportés vers une destination inconnue. M. Benjamin Muindilayi, âgé de 18 ans, atteint par une balle lui tirée à bout portant à Kingabwa. Mme Manzambi Célestine, décès survenu suite à la déflagration de la grenade à gaz lacrymogène le 21 janvier 2018 dans la commune de Barumbu.

Mlle Thérèse Kapangala Muanza, aspirante religieuse, fille d’un officier supérieur de la police tuée par balle pendant qu’elle tentait d’entrer dans l’église St François de la Salle pour se mettre à l’abri. M. Ngandu Kisebe Hussein, membre du parti politique de l’opposition  » Union pour la Nation Congolaise (UNC) abattu à bout portant à la sortie de la Paroisse St Augustin.

Il convient aussi de souligner les cas des personnes blessées par balles et d’autres poignardées dont le nombre s’élève à des centaines (cas de (liste non exhaustive) M. Mayamba Nzanzi, âgé de 32 ans pourchassé et poignardé par des éléments de la PNC sur la rue Musaka, Q/Camp Luka, commune de Ngaliema. La victime est hospitalisée dans un hôpital à Kinshasa ; M. David Muzi Moleke, âgé de 13 ans, atteint d’une balle lui tirée à bout portant par un policier devant leur parcelle familiale dans la commune de Barumbu. La balle a touché les deux pieds et la victime est hospitalisée dans un hôpital à Kinshasa, M. Kunda Serge, maçon de son état, âgé de 46 ans, marié, père de cinq enfants, atteint par balle au front au niveau du Marché Kapela. La victime est actuellement hospitalisée dans la salle d’urgence d’un Hôpital à Kinshasa, Bompombolo Sodio, tireur de chariot de son état, marié et père de 4 enfants garde encore la balle non extraite dans son corps, etc.

DES INTERPELLÉS SÉQUESTRÉS

Le monitoring effectué sur le terrain a révélé que des personnes interpellées ont été acheminées aux cachots et prisons suivants dont à titre illustratif :

  • Echangeur de Limete où plus de quarante personnes ont été détenues ;
  • Aéroport et prison militaire de N’dolo où des dizaines des personnes ont été détenues ;
  • Légion PIR où des dizaines des personnes ont été détenues dont la plupart venues de la parcelle en chantier du ministre Félix Kabange Numbi où ils s’étaient réfugiés avec un prêtre pour se mettre à l’abri de la pluie des gaz lacrymogènes leur lancés par des militaires de la Garde républicaine ;
  • Commissariat provincial de Kinshasa où des dizaines des personnes ont été conduites et détenues ;
  • Camp Tshatshi, commune de Ngaliema. La VSV et la FBCP estiment à plus de trois cents le nombre des personnes interpellées.

La VSV et la FBCP saisissent cette occasion pour dénoncer le traitement inhumain infligé à certains membres du personnel de la MONUSCO déployés sur le terrain pour observer les marches.

Des biens de valeur ont été extorqués aux manifestants. Il sied de souligner que la plupart de personnes interpellées ont été libérées moyennant d’importantes sommes d’argent. Le chiffre magique c’est le montant de trois cent dollars américains (300 usd) exigés à chaque personne. C’est après moult négociations et supplications que des proches des victimes ont versé diverses sommes (150 Usd, 150 000 Fc, soit 93 USD, etc.). Dans plusieurs lieux de détention, les militaires et/ou les policiers ont déclaré aux personnes interpellées qu’ils ont droit à la vie et les manifestations constituent  » leur chida = occasion propice » pour compenser des salaires de misère leur alloués par l’Etat congolais.

BANALISATION DE LA VIE HUMAINE

La VSV et la FBCP dénoncent fermement la banalisation de la vie humaine en RDC en tirant à bout portant sur des manifestants pacifiques et sans armes ainsi que la politique de récupération des corps sans vie savamment mise en place dans le but de faire disparaître les traces et minimiser ainsi le nombre réel des morts par balles.

Elles dénoncent également le fait que les autorités congolaises s’approprient les corps des personnes tuées placées dans les différentes morgues en interdisant aux membres des familles et autres proches d’embaumer lesdits corps avec comme conséquence que ces derniers puissent être enterrés dans un état de putréfaction très avancé.

A titre de recommandation, la VSV et la FBCP demandent aux autorités congolaises en général et particulièrement au président de la République

  • de respecter la dignité humaine et surtout le droit à la vie et à l’intégrité physique, et ce, conformément aux instruments relatifs aux droits de l’Homme ; – de mettre un terme aux interpellations des manifestants civils par des militaires et leur acheminement dans les camps militaires ;
  • de prendre en charge indistinctement toutes les personnes blessées au cours des marches du 21 janvier 2018 ainsi que des obsèques des personnes injustement tuées;
  • de restituer tous les corps des personnes tuées lors des manifestations du 21 janvier 2018 ;
  • de mettre un terme à tout déploiement des unités combattantes notamment des militaires lors des manifestations pacifiques ;
  • d’indemniser les familles ou les proches de toutes les victimes des manifestations pacifiques;
  • de restituer tous les biens extorqués auprès des manifestants et autres innocents.

A la MONUSCO de poursuivre et d’assurer pleinement sa mission de protection des populations civiles en général et surtout des religieux et religieuses ainsi que des pasteurs et imams engagés dans la promotion des droits humains et le respect de la dignité humaine.

[DONATIEN NGANDU MUPOMPA]

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