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Après 17 ans :  » Kabila  » devrait tirer ses conséquences

Dernière mise à jour, le 4 mars 2018 à 03:25

Le sénateur Jacques-Adam Djoli se dit choqué par des propos tenus par le chef de l’État au cours de sa conférence de presse animée le week-end dernier. Le professeur à la faculté de Droit de l’Unikin estime que la sortie médiatique de Joseph Kabila dénote une rupture entre lui et le peuple congolais.

Réagissant à la conférence de presse tenue par le président de la République, le sénateur Jacques Djoli avoue que c’est une grande déception face au constat de rupture de vision, de rupture de conception, de rupture entre le président Kabila et le peuple congolais.  » Lorsque le président Kabila dit qu’il n’a pas transformé le peuple congolais, c’est qu’il y a manifestement une profonde rupture sur ce que lui croit être son schéma et les attentes du peuple congolais et sur sa responsabilité dans les attentes du peuple congolais. L’arrivée de l’AFDL correspondait à un moment donné où le peuple congolais voulait accéder après une conférence nationale à la consolidation d’un Etat de droit pratique « , a-r-il relevé.

Préoccupé, Jacques Djoli ne sait pas de quelle révolution le président Kabila parle.  » S’il ne s’agissait pas d’un communisme ou de quelques idéologies surannées. Donc, cette méprise fondamentale entre les aspirations profondes du chef de l’Etat. Il y a eu une tromperie mutuelle. C’est une situation très grave « , a-t-il déploré.

 » IL NE FAUT PAS SE CACHER DERRIÈRE LA MONUSCO « 

Dans la foulée, le professeur Jacques Djoli pense que la tromperie ou la rupture dans la vision, c’est ce que Joseph Kabila appelle la  » révolution « .  » Il faut construire un Etat de droit. Et cela est lié aussi dans les approches, en construisant un Etat de droit par les élections libres et transparentes. Mais le président Kabila a une autre conception, il pense au développement qui viendrait à ce jour. Et je crois qu’après les 17 ans de pouvoir, n’ayant plus de mandat, le président Kabila devrait seulement tirer ses conséquences, en disant :  » Je me retire et je laisse le peuple congolais construire son destin « , a-t-il suggéré.

Jacques Djoli note aussi que si le bilan de la Monusco – au regard de sa prestation dans l’Est- est négatif tel que présenté par le président Kabila, l’on doit savoir que cette structure est une force à la fois d’appui et d’appoint. Elle a la responsabilité d’appuyer les forces de la République.

A en croire Jacques Djoli,  » dans 20 ans, il y a eu naissance de différents groupes armés. Au début du mandat du président Kabila, il y avait plus ou moins 80 groupes armés sur le terrain. A ce jour, on en dénombre 100 groupes. Qui en est responsable ? Ce n’est pas la Monusco. Cela résulte du déficit d’expression de notre armée. Je pense que le procès fait à la Monusco est  » injuste « , a-til martelé. A l’Est, tout le monde sait que sans l’appui logistique de la Monusco, l’armée congolaise n’aurait repoussé les rebelles du M23. Donc, il ne faut pas se dérober de ses responsabilités.

Pour lui donc, le gouvernement n’a pas raison de faire un procès à la force de la Monusco,  » Car, les problèmes que nous connaissons aujoud’hui sont dus par l’absence d’organisation des élections dans un délai prévu par l’Accord. Il ne faut pas se cacher derrière la Monusco pour justifier ses faiblesses et insuffisances « , a-t-il conclu.

[MÉDARD MUYAYA]

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