mercredi , 23 mai 2018
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RDC : L’interprétation politicienne de la maxime évangélique par un « Kabila » ignare

La conférence de presse de Joseph Kabila ce vendredi 26 janvier vient une fois de plus illustrer la tentative très amateuriste du président congolais de recourir au message de l’Evangile du Christ en jetant l’anathème sur l’Eglise catholique, les laïcs. La tonalité de cette conférence ne nous surprend pas quand un ignare dirige un pays,tout le reste n’est que mensonge, nauséabonde. Mais ce qui nous intéresse à fortiori, c’est l’interprétation par Joseph Kabila de la réponse de Jésus aux pharisiens : « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». D’ailleurs c’est avec effroi que les congolais découvrent au delà de cet anachronisme grave en affirmant « Jésus n’a jamais présidé une commission électorale » le mépris envers Jésus. Le président congolais qui avilit Jésus doit être considéré comme un mécréant méritant un châtiment avilissant.

Il est primordial de soulever le contexte dans lequel Jésus répond aux pharisiens qui lui tendent un piège qu’il déjoue : » ou bien Dieu ou bien César ». Sa réponse dépasse les prises de position simplistes des uns et des autres. Dans la diatribe sur l’impôt à payer à César , Jésus condamne implicitement toute tentative d’absolutisme du pouvoir temporel. Seul Dieu peut tout exiger de l’homme.Rendre à Dieu ce qui est à Dieu et rendre à César ce qui est à César ne signifie nullement une dichotomie entre Dieu et César. Il ne s’agit pas de diviser en deux le monde ou d’opposer le pouvoir temporel au pouvoir spirituel . Le chrétien, le laïc apportent leur contribution au bon fonctionnement des institutions sociales, économiques, politiques. Dans cette optique,le concile Vatican II avait renouvelé profondément la vision de l’Eglise dans la société.

Il est évident que le chemin de Jésus dans l’histoire des hommes passe bien sûr par la libération effective et concrète des hommes de leur misère et de leur oppression pour que chaque personne libérée puisse se reconnaître dans son amour. Jésus ne s’est pas désengagé du terrain social ou économique de la vie des hommes. S’il s’est incarné dans notre histoire , c’est pour assumer le tout de l’humanité ( Exode 3,7-12). Jésus refuse le pouvoir oppresseur et despotique des chefs sur les nations (Marc 10, 42). Dans le monde le disciple devient le ferment dans la pâte,il doit oeuvrer pour que le temple de Dieu soit en chaque homme.Jésus vient pour libérer et c’est ainsi qu’il a défini sa mission à Nazareth ( Luc 4, 18-19).

L’enseignement de la réponse de Jésus aux pharisiens nous renvoie donc à notre capacité de discerner la manière dont l’Evangile nous éclaire et nous permet d’exclure toute forme d’impérialisme totalitaire ou idolâtrie récusée. Malheureusement le détour subtil que le président congolais Joseph Kabila emploie ,plante le décor d’une fin de règne .Mr Kabila , il ne vous reste que onze mois pour dire adieu à la politique, car vous avez causé plus de tort aux congolais.

[Professeur Florent Kaniki]

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