mardi , 22 mai 2018
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« Joseph KABILA » : Un redoutable calculateur

Nombreux sont des analystes aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur qui l’avaient donc sous-estimé, pensant qu’il ne comprend ni ne peut rien de lui-même. Erreur ! Après dix-sept ans de pouvoir à la tête d’un pays aux dimensions continentales comme la RD Congo, on comprend bien des choses. Le Raïs fait preuve de maitrise certaine des affaires d’Etat. Et, on a en mains les données que le commun des Congolais n’a pas. Souvenons-nous des propos du cinéaste belge Thierry Michel à propos du maréchal Mobutu. « Mobutu a été l’otage des Américains et des Belges. C’est évident. Mais Il s’est finalement affranchi de cette tutelle. Il a joué les Américains contre les Belges, les Français contre les Américains…Et il a même joué les différents clans du pouvoir américain les uns contre les autres ». Et de poursuivre : « Joseph Kabila n’a peut-être pas utilisé la tactique politique de Mobutu. Mais il a beaucoup appris en ses dix-sept années à la tête de la République, à démocratiser la RD Congo.

Lorsque le Général-major Joseph Kabila prend officiellement le pouvoir le 26 janvier 2001, personne ne lui donnait la moindre chance de réussir. Face à la complexité de la situation du pays à l’époque, d’aucuns croyaient que le bail du successeur de M’zee Laurent-désiré Kabila serait très court. Au fil des années, l’opinion se retrouve en face d’un autre Joseph Kabila, politiquement aguerri. Un redoutable calculateur. Tous ses coups sont calculés. Il avance masqué. Donnant parfois l’impression à ses adversaires et détracteurs qu’il ne voit ni ne comprend rien. Alors qu’il voit et comprend tout.

Nombreux sont des analystes aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur qui l’avaient donc sous-estimé, pensant qu’il ne comprend ni ne peut rien de lui-même. Erreur ! Après dix-sept ans de pouvoir à la tête d’un pays aux dimensions continentales comme la RD Congo, on comprend bien des choses. Le Raïs fait preuve de maitrise certaine des affaires d’Etat. Et, on a en mains les données que le commun des Congolais n’a pas. Souvenons-nous des propos du cinéaste belge Thierry Michel à propos du maréchal Mobutu. « Mobutu a été l’otage des Américains et des Belges. C’est évident. Mais Il s’est finalement affranchi de cette tutelle. Il a joué les Américains contre les Belges, les Français contre les Américains…Et il a même joué les différents clans du pouvoir américain les uns contre les autres ». Et de poursuivre : « Joseph Kabila n’a peut-être pas utilisé la tactique politique de Mobutu. Mais il a beaucoup appris en ses dix-sept années à la tête de la République, à démocratiser la RD Congo.

A la différence du maréchaldéfunt, Joseph Kabila ne se laisse pas berner par tous ces gens qui l’entourent et même qui le flattent. Il est conscient que ceux qui ont trahi Mobutu hier et qui sont désormais avec lui, n’hésiteraient pas de le trahir si l’occasion se présentait. Il les manipule, mais garde un œil grandement ouvert sur eux. Il fait semblant de regarder ailleurs, alors qu’il scrute à la loupe tout ce qu’ils font. Ce que n’a pas fait le maréchal Mobutu qui s’amusait à monter ses collaborateurs les uns contre les autres. Sans garder un œil attentif sur chacun d’entre eux. Résultat : Mobutu n’a rien vu venir, lors que ces derniers ont décidé de le trahir pendant que son pouvoir vacillait.

Joseph Kabila, lui, ne divise pas seulement pour régner. Mais ildivise aussi pour s’éviter des ennuis dans son propre camp. Il sait que ses ennemis ne sont pas que du côté de l’Opposition. Nombreux sont surtout avec lui. Vu l’état médiocre de l’Opposition, il semble, contrairement à ce que l’on peut penser, avoir concentré son attention sur son entourage immédiat qui le poignardera le premier pour lui succéder. Sachant qu’il est entouré des requins, le Raïs se garde d’exposer toutes ses cartes. Durant les négociations qui ont conduit à la signature de l’Accord de la saint-sylvestre 2016, on l’a vu désavouer ses émissaires qui voulaient rompre les pourparlers et imposer la poursuite des négociations avec l’Opposition pour avoir l’Accord politique actuel ».

Le pays reunifie et l’autorite de l’état restaurée

Joseph Kabila accède aux hautes charges au sommet de l’Etat, au moment où le pays est déchiré par plusieurs rébellions. Du coup, le territoire national a été fragmenté, divisé en plusieurs « républiquettes » et l’autorité de l’Etat complètement affaiblie ou déliquescente. Dans son discours d’investiture, Joseph Kabila n’ignore pas donc tous les défis qui l’attendent. Défis politiques, sécuritaires, économiques et sociaux.

Sur le plan politique, le challenge consistait d’abord à réunifier le pays et à restaurer l’autorité de l’Etat. Ce, par une formule originale de dialogue avec les chefs de différents groupes rebelles. Voici Sun City en 2002. Résultat : les armes s’étaient donc tues dans les fronts naguères sous contrôle des armées rebelles. Conscient que le pays ne devait pas continuellement être dirigé par l’armée, Joseph Kabila promit de mettre rapidement en place un Transition, au terme de laquelle des élections libres, transparentes et démocratiques devraient être organisées, pour permettre aux Congolais de se choisir en toute liberté, leurs dirigeants. Rendez-vous respecté en 2006 et 2011. Nous y reviendrons.

[Grevisse KABREL]

DISCOURS FONDATEUR DE « JOSEPH KABILA » DU 26 JANVIER 2001

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Des circonstances tragiques ont conduit à la disparition inopinée du Président de la République, Chef de l’Etat et Chef du Gouvernement, M’zee Laurent-Désiré Kabila, circonstances qui laissent inachevée l’oeuvre combien exaltante de reconstruction et de consolidation de la Nation congolaise. L’ignoble assassinat du Chef de l’Etat a fait que les hautes charges de la magistrature suprême me soient confiées, à un moment où la Nation, déchirée par la guerre, avait encore besoin de l’illustre disparu, artisan de sa libération, du réveil de sa conscience nationale, ainsi que de la fierté et de la dignité retrouvées.

Visionnaire et précurseur, Homme d’ Etat de grande envergure, M’ zee Laurent-Désiré Kabila a consacré toute sa vie, dans la constance et sans compromission, à la lutte pour le triomphe des valeurs sacrées que sont : la liberté, la justice, l’égalité des citoyens dans un Congo uni, indépendant et souverain. C’est du reste, pour la sauvegarde de ces valeurs essentielles que le Président, M’zee Laurent-Désiré Kabila, a payé le prix le plus fort, celui du sacrifice suprême, le sacrifice de sa vie, en ce quarantième anniversaire de l’assassinat de Patrice-Emery Lumumba, notre héros national.

En tant que Chef de l’Etat, il a tenu à ce que les décisions qui concernent la République Démocratique du Congo soient prises par les Congolais, eux-mêmes, pour l’intérêt de la Nation et sans ingérence extérieure. Il a gouverné en comptant essentiellement sur ses ressources aussi bien humaines que naturelles. A cet égard, il convient de relever que le Président de la République, M’zee Laurent-Désiré Kabila, est parmi les rares dirigeants dans l’ histoire du monde contemporain à avoir exercé le pouvoir pendant plus de trois ans, sans avoir contracté de dettes extérieures à la charge de l’Etat, ni accumulé de fortune personnelle.

Le Chef de l’Etat, Laurent-Désiré Kabila, a toujours demandé au peuple congolais de se prendre en charge lui-même. Homme austère et discret, à la fois simple, humble et convivial, d’une grande générosité, il n’a jamais voulu mêler les membres de sa famille à la gestion des affaires de l’Etat. C’est ainsi que, jusqu’à sa mort il a préféré que les membres de sa famille mènent une vie de simple citoyen. C’est pour toutes ces raisons que le peuple lui a rendu un si vibrant hommage. Je rassure le peuple congolais qu’une enquête judiciaire est déjà ouverte afin que la lumière soit faite sur les circonstances de l’assassinat de l’illustre disparu.

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Maintenant que les Institutions de la République me confient la Magistrature Suprême, j’accepte d’assumer cette charge avec responsabilité, fidélité, amour de la patrie, en suivant une politique d’ ouverture sur l’Afrique et le monde, et en m’ employant à réaliser des changements profonds dans tous les secteurs de la vie nationale.

En ce moment où tous les regards sont tournés vers la République Démocratique du Congo, en ce moment où les fils et les filles de la Nation s’interrogent sur l’avenir du pays, je tiens à souligner que nous n’avons plus droit à l’erreur. Ensemble, sans exclusion, nous devons nous armer de courage, de détermination et de l’ esprit de sacrifice, pour affronter et surmonter les défis de l’heure, défis à la fois nombreux et complexes.

Parmi ces défis, je citerai en premier lieu, celui de l’instauration de la paix et la consolidation de la communion nationale, face à une Nation déchirée par plus deux ans de guerre d’agression inacceptable. Ce défi repose essentiellement sur le retrait immédiat et sans conditions des Etats agresseurs, en l’occurrence, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. C’est ainsi que nous allons oeuvrer pour une politique qui privilégie le dialogue et la réconciliation. Nous invitons, pour ce faire, nos voisins et nos frères à revenir à de meilleurs sentiments, de bon voisinage, de règlement pacifique des différends, de coopération fructueuse et d’unité pour poursuivre la reconstruction du pays et le progrès de l’Afrique Centrale. A ce titre, nous allons, en accord et en concertation avec les pays Alliés qui nous soutiennent pour faire face à l’ agression, examiner les voies et moyens pour relancer l’Accord de Lusaka afin qu’il puisse, non seulement arriver à un cessez-le-feu effectif, mais aussi, à ramener la paix dans la région des Grands Lacs, en prenant en considération toutes les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, tout en préservant les attributs fondamentaux de la République, à savoir l’indépendance, la souveraineté, l’ intégrité territoriale et l’unité du pays.

En deuxième lieu, il y a le défi de la normalisation de la vie démocratique telle que le Président de la République, M’ zee Laurent-Désiré Kabila, l’avait lui-même proposée. Il s’agit de renforcer l’Etat de droit, de consolider la démocratie et la bonne gouvernance, de garantir les droits de l’homme et la justice, afin que toute Congolaise, tout Congolais et tout étranger accueilli sur notre sol, dans le respect de la loi, jouissent de la liberté, de l’égalité, de la dignité, de la protection de sa personne et de ses biens.

Je tiens à affirmer que je consacrerai toutes mes forces à ce que ce beau et grand pays retrouve la paix et l’unité. C’est de cette façon qu’ on pourra mieux préparer les échéances futures, notamment l’ organisation des élections libres et transparentes sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. La République Démocratique du Congo, renouvelle une fois de plus son engagement de respecter les droits fondamentaux ainsi que les libertés individuelles et publiques consacrées par les instruments internationaux.

Il en est ainsi de la Charte des Nations Unies, de la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine et de celle de la SADC. Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort afin d’assurer le respect par les autres Etats de ces mêmes instruments vis-à-vis de la République Démocratique du Congo. 3 Il y a aussi le défi de la reconstruction nationale sur tous les plans, car il convient de poursuivre le programme et les efforts engagés par le Gouvernement de Salut Public, sous la haute direction de M’ zee Laurent-Désiré Kabila, depuis la libération du 17 mai 1997, mais, hélas ! Freinés par la guerre d’agression.

Cette guerre d’agression, avec ses conséquences fâcheuses sur l’économie nationale, déjà en ruine sous la deuxième République, a accru la misère de notre peuple. En ce début du 21ème siècle, il s’agit de reconstruire un pays plus beau qu’avant comme l’affirme notre hymne national. Et pour cela nous avons besoin de toutes les énergies et de tous les bras. Personne n’est de trop.

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Au niveau politique et institutionnel, la situation intérieure actuelle requiert davantage une ouverture politique en vue de la reconstruction nationale. A cet effet, dans l’esprit et l’orientation du Président de la République, M’ zee Laurent-Désiré Kabila, je prends l’engagement de poursuivre cette ouverture afin que tous les acteurs politiques exercent leurs droits dans le respect des lois et règlements. Les problèmes politiques d’importance majeure devront trouver leur solution dans le cadre du Dialogue intercongolais. Dans cette perspective, j’invite tous les acteurs politiques ainsi que les membres de la société civile à se joindre sans réserve aux efforts de préparation en vue de la réussite de ce Dialogue, notamment la poursuite des efforts pour faire aboutir le processus de Libreville. Au niveau juridique et judiciaire, j’entends amener tous les organes et services de l’Etat à oeuvrer, dans le respect des lois, afin que la sécurité juridique et judiciaire devienne une réalité. La réforme de la justice militaire sera menée à son terme.

Désormais, la Cour d’Ordre Militaire ne s’occupera que des infractions relatives aux Code et Règlements de la Justice Militaire. Je prends l’engagement que le Gouvernement garantira, plus que jamais, la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire congolais.

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Au plan socio-économique, mon objectif est de mobiliser toutes les forces vives de la Nation dans la production afin d’améliorer, par le travail, les conditions de vie de nos concitoyens et de pourvoir à une éducation et à des soins médicaux qualitatifs et accessibles à tous. En effet, l’économie congolaise est caractérisée par une forte baisse du niveau des affaires. Pour relancer cette économie et ainsi créer des richesses et combattre la pauvreté, je compte libéraliser l’activité économique :

• Premièrement, en libéralisant les marchés des biens et services, du diamant et du change ;
• deuxièmement, en autorisant la libre circulation concomitante des devises étrangères et du Franc Congolais et,
• troisièmement, en promulguant un nouveau Code minier et celui des investissements.

Pour ce qui est des relations entre le Gouvernement et les opérateurs économiques, un cadre de concertation sera mis en place pour instaurer un dialogue franc et sincère et ce, dans le respect strict des textes en vigueur car le Congo se veut un pays de droit. En appui à nos propres efforts, je demande à la Communauté financière internationale de nous assister à mobiliser les ressources humaines, techniques et financières pour accélérer notre programme de reconstruction nationale.

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Sur le plan diplomatique, le Congo entend jouer un rôle plus actif dans les affaires internationales. Devant la prolifération des guerres, l’aggravation de la pauvreté et la mondialisation, la République Démocratique du Congo entend apporter une contribution particulière en vue d’arriver à des solutions adéquates avec les autres peuples du monde. Concernant le continent africain, je voudrais lancer un appel pathétique pour une plus grande solidarité.

En effet, l’Afrique se meurt. J’exhorte donc les peuples frères d’Afrique à redynamiser l’Organisation de l’Unité Africaine dans l’esprit des pères fondateurs. Comme l’exprimait ‘ M’zee Laurent-Désiré Kabila, un grand panafricaniste, il faut renouer avec la flamme rédemptrice de N’krumah et de Lumumba. La République Démocratique du Congo étant physiquement au centre géostratégique de l’Afrique, elle entend jouer un rôle de première importance dans le renouveau de l’Organisation panafricaine.

Concernant la SADC, la République Démocratique du Congo en appelle à une plus grande intégration. Elle jouera un rôle encore plus actif dans le cadre de cette organisation dont elle attend un soutien moral et économique inconditionnel. La République Démocratique du Congo exhorte ses pairs du COMESA à lui assurer une représentation valable dans les structures de cette organisation. Elle demande également la concrétisation et la mise en oeuvre des projets sectoriels qu’elle a soumis à cette organisation.

Quant au processus de paix au Burundi, la République Démocratique du Congo s’implique davantage dans la contribution à la réussite de la médiation du Président Nelson Mandela, comme l’a initié dernièrement M’zee Laurent-Désiré Kabila à Libreville. Fidèle à la ligne de conduite de M’zee Laurent-Désiré Kabila, et soucieux de préserver notre indépendance politique, j’ai la ferme résolution de poursuivre l’amélioration des rapports de coopération avec nos principaux partenaires de l’Union Européenne.

Je m’efforcerai de panser les plaies causées par certaines incompréhensions, car je suis conscient que l’Union Européenne a un rôle à jouer dans le développement du Congo. Je pense particulièrement à la France, à qui j’adresse, au nom du Peuple congolais toute ma gratitude en raison de ses nombreux engagements au Conseil de Sécurité des Nations Unies dans la recherche des solutions pacifiques à la crise qui sévit dans notre pays.

J’affirme, ici, ma disponibilité et ma volonté de poursuivre l’amélioration de nos relations bilatérales multisectorielles. Je pense aussi à la Belgique avec laquelle la République Démocratique du Congo partage des liens historiques. Je veillerai à développer des relations amicales de compréhension et d’entente pour une coopération plus fructueuse.

Quant aux relations avec les Etats-Unis d’Amérique, je voudrai affirmer, sans ambages, qu’il y a eu des moments d’incompréhension mutuelle avec l’ancienne administration. La République Démocratique du Congo entend normaliser les rapports bilatéraux avec la nouvelle administration, basés sur le respect mutuel et la volonté de progrès de nos deux peuples. Je salue les relations fraternelles existant entre mon pays et la République Populaire de Chine, la Russie ainsi qu’avec d’autres pays d’Asie. J’entends les renforcer.

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Je salue et remercie le peuple congolais, peuple grand et digne, qui a su surmonter et vaincre de nombreuses épreuves. Je le félicite pour le courage et la sérénité dont il a su faire preuve pendant les heures difficiles et douloureuses que traverse notre Nation. Je ne saurai ne pas féliciter l’Assemblée Constituante et Législative-Parlement de Transition pour avoir posé des actes de haute portée politique et historique en cette période difficile que traverse le pays. Je cite particulièrement le fait d’avoir élevé le Président Laurent-Désiré Kabila au rang de Héros National et de m’avoir investi de la confiance du peuple.

Je tiens également à féliciter et à remercier le Gouvernement de Salut Public d’avoir su assurer la continuité dans la gestion de l’Etat, en ces heures tragiques. Je pense particulièrement aux Forces Armées Congolaises, présentes sur divers fronts, à la Police Nationale et à toutes les forces de sécurité. Je les encourage à exercer leur devoir patriotique et les exhorte à observer le testament que leur a légué M’zee Laurent-Désiré Kabila. Je m’engage à en faire une armée et une Police modernes, fortes, bien équipées, respectables et respectueuses des droits d’un chacun, capables de défendre la nation en toutes circonstances.

Je salue et remercie les Comités du Pouvoir Populaire, les Forces d’Autodéfense Populaire ainsi que la Territoriale pour leur contribution remarquable au maintien de l’ordre surtout en cette période difficile.

Je dis merci, au nom de la Nation Congolaise, aux pays membres de la SADC, particulièrement le Zimbabwe, l’Angola et la Namibie, ainsi qu’à d’autres pays amis, qui se sont toujours tenus à nos côtés, soucieux de nous aider à trouver les voies et moyens pour que cesse la guerre d’agression et que se retirent, immédiatement et sans conditions, les, années régulières du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi du sol congolais.

Je saisis cette occasion pour exprimer ma gratitude à l’Organisation de l’Unité Africaine pour tous les efforts qu’ elle déploie en vue d’ une solution politique négociée de la crise congolaise. A cet effet, je l’invite solennellement à s’impliquer davantage pour une mise en oeuvre efficace de la cofacilitation du Dialogue intercongolais. J’ai noté avec satisfaction l’adoption par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en date du 14 septembre 2000, de la résolution 1332 condamnant de manière explicite le Rwanda et l’Ouganda tout en exigeant le retrait de leurs forces du territoire congolais. J’ose croire que le Conseil de Sécurité des Nations Unies honorera ses engagements en déployant rapidement ses forces conformément à la résolution précitée et aux sous-plans de désengagement adoptés dernièrement à Harare.

Par ailleurs, je réitère l’engagement de la République Démocratique du Congo de collaborer étroitement avec la Mission d’Observation des Nations Unies au Congo de manière à lui permettre de remplir avec efficacité son mandat, notamment en ce qui concerne le déploiement urgent de ses forces sur le territoire congolais en vue de ramener la paix.

Congolaises et Congolais. Chers Compatriotes.

Devant la Nation en péril, la Nation déchirée et meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises et de violences, j’en appelle à l’union de tous ses fils et filles, quels qu’ils soient et où qu’ ils se trouvent. J’en appelle aux Forces armées, à la police nationale, aux forces de sécurité et à toutes forces vives pour résister et défendre le territoire national. J’en appelle également aux hommes politiques, aux Eglises, aux travailleurs, aux femmes congolaises, à la jeunesse, aux pays amis et aux étrangers qui ont choisi de vivre avec nous, à participer à l’ édification d’un Congo nouveau, paisible, uni et prospère, dans la communion et la réconciliation de tous.

Aux frères et soeurs vivant dans les territoires sous occupation, je salue votre sens élevé de sacrifice ainsi que votre attachement pour la patrie. Je vous exprime notre solidarité dans la lutte que vous menez, dans des conditions difficiles pour la libération du pays. Mes efforts militaires, politiques et diplomatiques seront orientés vers votre libération totale de l’occupation des forces d’agression.

En ce moment où j’accède aux hautes charges de la République, je lance un appel solennel et pathétique à la jeunesse congolaise afin qu’elle se joigne à moi dans la défense des intérêts vitaux de la Nation et pour assumer notre destin.

Congolaises et Congolais. Chers Compatriotes.

Pour finir mon adresse, je vous appelle à l’unité, au dialogue et à la confiance dans l’avenir. L’Armée, dont je suis l’émanation, n’a pas vocation d’accaparer le pouvoir, mais a la responsabilité de garantir la stabilité de celui-ci et d’assurer l’intégrité du territoire national. Une fois la paix retrouvée et l’intégrité territoriale restaurée, mon action consistera à préparer des élections libres et transparentes, pour amener le peuple à se choisir lui-même, un chef qui présidera aux destinées de ce pays. Notre pays traverse l’une des plus douloureuses crises de son histoire. Mais je crois que tous ensemble nous la surmonterons, car nos ennemis n’ont pas réussi à briser l’essentiel : notre courage, l’amour que nous vouons à notre patrie, à l’Unité de ce grand Congo que Lumumba conduisit à l’indépendance et pour lequel le Président de la République, M’ zee Laurent-Désiré Kabila, lutta jusqu’à sa mort tragique. Les hommes peuvent disparaître ou s’effacer, mais cette flamme-là, nous allons tous ensemble la transmettre à nos enfants.

Que Dieu bénisse et protège la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie.
Joseph KABILA
Président de la République Démocratique du Congo

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