dimanche , 24 juin 2018
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"Joseph Kabila", president de RDC.

« Joseph K. KABILA » : Radicalisation d’un dictateur made in Belgique

Sur le coût des élections : il faut faire un choix entre la démocratie et le développement. Sur les élections : il rejette tout diktat d’un pays étranger. Sur la décrispation politique : il n’a fait aucune concession et estime que la démocratie n’est pas la foire. Sur les relations Kinshasa-Bruxelles-UE : il exige le respect de la République Démocratique du Congo (RDC).

Joseph Kabila a totalisé hier 17 ans de règne à la tête de la RDC. Chose rare, il a tenu une conférence de presse pour passer en revue la situation socio-politique du pays et, notamment, le processus électoral. En 17 ans de règne, Joseph Kabila met à son actif, notamment, la  » réunification  » du pays. Sur la crise politique qui s’enlise en RDC, Joseph Kabila a embouché la ligne dure de sa famille politique.  » La démocratie n’est pas la foire « , a-til lancé à ses adversaires politiques. Il n’a fait aucune concession pour décrisper l’espace politique. Pour lui, les marches sont un saut vers l’inconnu. Aux partenaires extérieurs, il veut que la RDC soit respectée comme tout pays souverain. Ainsi, Joseph Kabila compte organiser les élections sans le diktat d’un pays étranger. Malgré les réprimandes de la communauté internationale, il ne se sent aucunement isolé. Joseph Kabila radicalise donc sa position.

Le président de la République a tenu une conférence de presse hier vendredi 26 janvier à la rotonde du Palais de la Nation, à Kinshasa. Sa dernière conférence de presse avec les médias nationaux et étrangers remonte à janvier 2012, comme lui-même l’a rappelé au début de son speech. C’est donc un événement cette conférence de presse qui coïncide avec ses 17 ans de règne à la tête de la République démocratique du Congo.

C’est un Joseph Kabila serein qui s’est présenté devant les journalistes avec l’idée de rétablir la  » vérité « . « Depuis plusieurs années, on vous a tout dit, sauf la vérité », a lancé le président de la République dès l’entame de son mot d’introduction. Et pour commencer, il a fait un long rappel historique des circonstances de son accession au pouvoir, intervenue le 26 janvier 2001, soit dix jours après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila.

Le chef de l’Etat a pris plus d’une heure pour brosser toute la situation de la RDC durant ces 17 dernières années sur le plan politique, sécuritaire ; sur les élections, les relations avec les neuf Etats voisins et avec les partenaires occidentaux; sur la Monusco ainsi que sur la situation socioéconomique actuelle du
pays.

FAIRE LE CHOIX ENTRE LA DÉMOCRATIE ET LE DÉVELOPPEMENT

Le président de la République a dit haut et fort que les élections commencent à coûter plus cher à la République, plus que le développement. De son avis, le budget électoral chiffré à 1,2 milliard USD est  » exorbitant « .

 » Le budget des élections est de 1,2 milliard USD. Je pense que c’est exorbitant… Les élections seront organisées. Mais après les élections, il faut qu’il y ait une réflexion « , a dit Joseph Kabila pour qui la RDC doit faire le choix entre la démocratie et le développement. Dans l’entendement du président de la République, les 1,2 milliard USD destinés aux élections pourraient contribuer significativement au développement du pays.

Cette déclaration du chef de l’Etat pousse à se demander si la démocratie est un luxe pour la RDC. Ce qui est loin d’être vrai. La RDC perd chaque année près de 15 milliards USD du fait de la fraude et autres malversations financières, selon les affirmations du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de corruption et blanchiment de capitaux. Autant dire que le pays peut subvenir à ses besoins électoraux si la bonne gouvernance était la règle de gestion en RDC.

La RDC a suffisamment de ressources pour financer ses élections pour autant qu’on fasse de ces scrutins une priorité. Ce qui est loin d’être le cas pour la classe dirigeante.

Cependant, le président croit en la tenue d’élections.  » Je pense que le Congo est sur la bonne voie, la voie des élections. Je veux que notre peuple puisse avoir ses apaisements. Nous ferons tout pour que les élections soient effectivement organisées « , a ajouté Joseph Kabila pour rassurer l’opinion.

Joseph Kabila a insisté sur le fait que la RDC aura « pas n’importe quelles élections » mais des élections  » libres et démocratiques « . Il veut que ces élections soient surtout organisées par les Congolais euxmêmes.

LA DÉMOCRATIE N’EST PAS SYNONYME DE FOIRE

En rapport avec les dernières marches pacifiques organisées les 31 décembre 2017 et le 21 janvier par le Comité laïc de coordination, Joseph Kabila s’est efforcé de présenter ses condoléances aux victimes qui ont perdu la vie pendant ces manifestations.

Sans condamner la répression dans le sang orchestrée par les forces de sécurité sur les manifestants pacifiques, Joseph Kabila a plutôt rejeté la responsabilité sur les organisateurs. Dans sa conception, les manifestations politiques peuvent avoir lieu, mais elles doivent, au préalable, être  » autorisées  » par l’autorité compétente.

Sur la répression des manifestations publiques, Joseph Kabila a soutenu que  » la démocratie, ce n’est pas la foire « . Il compte sur une loi qui viendrait du Parlement pour  » recadrer  » les manifestations politiques alors que la Constitution réglemente la question.

 » Je ne suis pas contre les manifestations pacifiques. Je ne serai jamais contre les manifestations des partis politiques. Mais si une manifestation politique a pour objectif de brûler, tuer les policiers, incendier le Palais du peuple parce que c’était ça l’objectif des manifestations de janvier 2015, incendier et tuer tout le monde … », a déclaré Joseph Kabila, insinuant que l’autorité sera obligée d’empêcher de telles manifestations.

La Constitution garantit le droit de manifester publiquement, à condition simplement d’en  » informer  » l’autorité compétente. Il n’est nullement question d’autoriser les manifestations politiques comme l’a prétendu le chef de l’Etat.

Pour le chef de l’Etat, les marches et autres manifestations qu’organisent le Comité laïc de coordination et l’Opposition ne sont qu’un  » saut vers l’inconnu « . Il estime que ces manifestations ne mèneraient la RDC nulle part, surtout qu’il y a déjà un calendrier électoral qui fixe les premières élections au 23 décembre 2018.

Le chef de l’Etat feint même d’ignorer les revendications de ces manifestations politiques qui visent, notamment, l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 dans ses résolutions les plus pertinentes, à savoir la décrispation politique et l’ouverture de l’espace public à tous les acteurs engagés dans le processus électoral.

PAS DE DIKTAT D’UN PAYS EXTÉRIEUR

Au cours de cette conférence de presse, le chef de l’Etat tenait aussi à régler ses comptes aux partenaires extérieurs. A l’entendre parler, les relations avec Paris, Bruxelles, Londres et Washington, bref l’essentiel de la communauté internationale, sont loin de s’harmoniser d’aussitôt. Joseph Kabila entend affirmer la souveraineté de la RDC. Il estime que même si le Congo est pauvre, il doit  » être respecté « .

Dans cette optique, Joseph Kabila considère que la fermeture de la maison Schengen, à Kinshasa, comme une mesure de  » réciprocité « . La Belgique ayant levé l’option de recadrer sa coopération, notamment en accordant les 25 millions d’euros aux ONG, la RDC a pris la décision de fermer la maison Shengen.  » C’est la réciprocité « , a dit Joseph Kabila.

Selon lui, c’est depuis deux ans que Kinshasa met en garde Bruxelles sur sa coopération mais sans succès.  » Vous devez arrêter de comploter contre notre pays. Mais, ils ont continué avec des complots « , a révélé Joseph Kabila, parlant de la Belgique qui a ignoré tous les reproches de Kinshasa.

[lePotentiel]

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