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Belgique – RDC : Révision fondamentale de coopération

Dernière mise à jour, le 19 janvier 2018 à 09:09

Selon le site de La Libre, la Belgique a décidé de mettre fin à une série d’interventions qui devaient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises. D’après toujours la révélation du site du quotidien belge, « Cela concerne des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros qui n’ont pas encore été signées ou qui ont déjà été temporairement suspendues ». Le gouvernement belge appuiera donc directement la population congolaise à travers l’aide humanitaire et « d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ». Pour Didier Reynders et Alexander De Croo « les besoins humanitaires croissants et le changement de la situation politique imposent une révision fondamentale de notre coopération ». La Belgique conclura un nouveau programme bilatéral de coopération avec la RDC après l’organisation d’élections crédibles.

On en sait un peu plus sur l’intervention du tandem Didier Reynders-Alexander De Croo, respectivement ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, hier mercredi 10 janvier à huis-clos, devant la Commission des Relations extérieures de la Chambre. Ils s’y étaient rendus pour exposer la politique de Bruxelles à l’égard de Kinshasa. Selon le site de La Libre, « il a été décidé de mettre fin à une série d’interventions qui devaient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises ».

D’après toujours la révélation du site du quotidien belge, « Cela concerne des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros qui n’ont pas encore été signées ou qui ont déjà été temporairement suspendues ». Le gouvernement belge appuiera donc directement la population congolaise à travers l’aide humanitaire et « d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ». Pour Didier Reynders et Alexander De Croo « les besoins humanitaires croissants et le changement de la situation politique imposent une révision fondamentale de notre coopération ».

UN NOUVEAU PROGRAMME BILATERAL APRES LES ELECTIONS

La Belgique, explique-t-on, va davantage « coopérer » avec des organisations non gouvernementales. Dans cette optique, Enabel, la nouvelle agence belge de développement, sera chargée de « soutenir des organisations de la société civile congolaise sur le plan des droits de l’homme et des libertés politiques. » C’est après les élections que la Belgique pourra conclure un nouveau programme bilatéral de coopération avec la RD Congo. Et ce, précise-t-on, « sur base des principes de bonne gouvernance. »

On rappelle que la Belgique avait promis de remettre à plat sa coopération avec la RDC. C’est en tout cas ce qu’avait annoncé fin novembre à Kinshasa, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lorsque ce dernier était venu y inaugurer les nouveaux locaux de l’ambassade. Une cérémonie boudée par les officiels rd-congolais (à l’exception du gouverneur de la ville et du bourgmestre de la Gombe) qui accusent le libéral francophone de parti-pris en faveur de l’opposition. Celle-ci était bien représentée : Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, André Claudel Lubaya… ont été aperçus parmi les convives.

Evitant d’en faire un sujet de polémique, Didier Reynders avait préféré parler de ce que son pays entendait faire au pays de Joseph Kabila. Par exemple, accompagner le processus électoral :  » Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de soutenir un courant politique ou un autre. Nous n’avons pas de candidat ou de candidate à présenter et à soutenir, nous avons simplement un processus démocratique à soutenir », avait-il déclaré.

« Nous voulons aider directement le peuple congolais. Trop souvent, l’argent de la coopération s’évapore. La Belgique va remettre à plat sa politique de coopération avec le Congo… » avait-il prévenu.

La RDC est le premier bénéficiaire de l’aide publique au développement de la Belgique. Celle-ci reste l’un des principaux partenaires bilatéraux de la RDC. En 2008 Bruxelles avait réduit son aide publique à Kinshasa. Mais les deux capitales avaient tourné la page de cette crise de neuf mois par la publication d’une déclaration commune des deux Premiers ministres d’alors, Herman Van Rompuy et Adolphe Muzito, instaurant entre leurs deux pays un dialogue « permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats ».

Les bisbilles avec la Belgique ne datent pas du régime Kabila. Sous Mobutu, ses relations étaient fréquemment sujettes à débat. Il y a eu le fameux contentieux Belgo-zaïrois. A la suite du massacre des étudiants à Lubumbashi, Bruxelles avait rompu sa coopération avec son ancienne colonie. Ce n’est donc pas la première fois que Bruxelles suspende sa coopération avant de se raviser.

[Didier KEBONGO]

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