mercredi , 23 mai 2018
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Interdiction du commerce d’ivoire en Chine

La décision des autorités chinoises d’interdire le commerce d’ivoire sur son territoire pourrait changer certaines donnes dans l’écosystème congolais. Les éléphants de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que ceux de toute l’Afrique devront peut-être retrouver leur quiétude. C’est l’avis de bon nombre d’environnementalistes qui estiment que d’autres pays de la planète ont intérêt à emboiter le pas à l’empire du Milieu.

« La Chine est comptée parmi les plus grands acheteurs d’ivoire. Avec cette décision, nous ne pouvons que saluer les autorités chinoises pour avoir interdit le commerce d’ivoire. Dans cette perspective, le taux du braconnage en RDC et en Afrique pourra baisser », s’est réjoui Aline Kiangah, environnementaliste indépendant.

« Premier importateur de défense d’éléphants, la Chine a pris l’engagement d’interdire totalement les ventes d’ivoire à partir du dimanche 31 décembre 2017. Reste à stopper un autre commerce qui n’en est encore qu’à ses débuts, celui de la vente des peaux d’éléphants recherchées pour leurs supposées vertus médicinales », note Environews, un magazine d’informations environnementales.

Pendant des années, affirmet-il, la forte demande chinoise a alimenté le massacre de dizaines de milliers d’éléphants en Afrique. Selon les Organisations non gouvernementales, 30.000 individus sont abattus chaque année pour alimenter le marché chinois.

En Chine, l’ivoire est très recherché. Il a pu atteindre plus de 1.000 euros le kilo. Dans ce pays, l’ivoire est considéré comme le symbole d’un statut social élevé.

En rapport avec cette décision des autorités chinoises, les Organisations non gouvernementales déplorent le fait que « cette interdiction ne s’applique pas à Hong Kong, premier marché de détail de l’ivoire où il se négocie depuis plus de 150 ans ». L’ancienne colonie britannique a proposé, l’an dernier, un calendrier pour interdire progressivement les ventes d’ivoire sur une période de cinq ans.

Les défenseurs de l’environnement espèrent que la décision de Pékin servira de catalyseur sur les autres marchés de l’ivoire en Asie. Par ailleurs, ils s’inquiètent d’une nouvelle forme de braconnage qui pourrait contribuer au massacre des éléphants dont la peau est désormais recherchées pour ses supposées vertus médicinales.

CARCASSES D’ÉLÉPHANTS DÉPOUILLÉS

En Birmanie, où les éléphants sont en voie de disparition, de plus en plus de carcasses sont découverts dépouillées de leurs peaux. Celles-ci servent à fabriquer un nouveau remède à la mode.

« La peau d’un éléphant peut guérir des maladies de peau comme l’eczéma. Vous brûlez des morceaux de peau placés dans une marmite en argile. Ensuite, vous mélangez les cendres avec de l’huile de coco que vous appliquez sur les plaques de l’eczéma », explique à l’AFP un Birman propriétaire d’une boutique de médecine traditionnelle.

En juin 2017, l’ONG « Sauvons la forêt » a lancé une pétition. Celle-ci a recueilli plus de 200.000 signatures pour demander à l’Union européenne d’agir en faveur de l’interdiction totale et globale de l’ivoire.

« Comme si l’ivoire ne suffisait pas, la peau des éléphants est dorénavant vendue pour des supposées vertus médicinales en Chine », s’insurge l’ONG. Elle rappelle qu’un éléphant d’Afrique est tué toutes les 15 minutes par des braconniers.

Si l’on n’y prend garde, alertent les spécialistes, les éléphants auront totalement disparus, d’ici à 10 ans, dans les savanes d’Afrique et les forêts d’Asie.

[OLIVIER KAFORO]

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