jeudi , 26 avril 2018
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RDC : Absence d’une politique énergétique

La Banque mondiale déplore l’absence d’une politique énergétique dans le secteur de l’électricité. C’est ce qu’indique un rapport rendu public par cette institution financière internationale. Selon l’Agence congolaise de presse qui relaye cette nouvelle, le rapport dont question s’intitule « Intégration des scénarios de la revue de la gestion des dépenses publiques et de la responsabilisation financière dans un modèle d’équilibre général calculable ».

À en croire la Banque mondiale, la majorité de la dépense d’investissement est fait sur les ressources externes. Celle-ci reste insuffisante pour augmenter le taux d’accès des populations à l’électricité. Quant aux coûts d’exploitation et la maintenance, elles dépasseraient les recettes de la Société nationale d’électricité (SNEL). Ce qui, selon le rapport, creuse le déficit alors que le plan d’entreprise 2012-2016 de la SNEL prévoit une flexibilité tarifaire, ainsi qu’un plan d’investissement.

Les Partenariats public-privé (PPP), notamment avec les miniers, posent ainsi la problématique du pouvoir de négociation des tarifs entre ces dernières et la SNEL, entreprise qui, selon le rapport, négocie souvent en position de faiblesse. Le rapport indique que le déficit et la structure tarifaire sont fortement régressifs et bénéficient surtout aux ménages urbains riches qui ont accès à l’électricité.

Pour les experts de la Banque mondiale, cette faiblesse génère l’inefficience et l’iniquité au niveau de l’économie et de la société. Les déficits et les pénuries dans le secteur de l’électricité freinent la croissance et excluent certains entrepreneurs potentiels en raison du coût élevé des solutions alternatives. La différence entre l’offre et la demande d’électricité affecte la performance et le rendement des secteurs économiques.

Concernant les ménages, le faible taux d’électricité a des conséquences en termes de bien-être. L’utilisation de l’électricité pour l’éclairage et pour la cuisson reste limitée et aboutit à un usage excessif de la biomasse, et les défaillances de la SNEL, nuisent à la prestation de services de santé et d’éducation.

Pour améliorer la qualité et quantité de son service, recommande la Banque mondiale, la SNEL doit résoudre les problèmes liés aux subventions implicites, aux recouvrements et aux charges opérationnelles élevées. Les ressources supplémentaires dégagées permettraient alors de réhabiliter les turbines et avec
l’aide du financement externe, d’initier le projet grand Inga. « La meilleure efficacité de la production et la distribution d’électricité s’accompagneront alors d’une plus grande équité et efficiente économique et sociale ».

L’étude de la Banque mondiale souligne également que « les besoins en électricité sont énormes et l’amélioration de la prestation de service suppose que la réforme tarifaire et les accords de financement soient respectés et exécutés ». L’hypothèse ambitieuse implique, selon ce rapport, un déploiement de la SNEL sur l’ensemble du territoire national et consiste, à installer des unités de production additionnelles y compris dans le cadre d’Inga III.

De plus, l’érection de microcentrales hydroélectriques dans le reste du pays participerait également à l’amélioration de la prestation de service. Enfin, l’implication d’un opérateur externe pourrait aider la SNEL à améliorer sa gestion et ses résultats. La SNEL a déjà réalisé certaines actions d’envergure au de là, de la production, du transport et de la distribution.

Cependant, d’autres problèmes persistent, notamment la stagnation de la puissance installée et la saturation des réseaux. L’assainissement des finances de la SNEL, avec la base d’abonnés actuels exige une tarification rémunératrice et un recouvrement optimal. Pour l’exécution de son plan de développement, la SNEL, devrait compter sur ses fonds propres, les subventions de l’Etat et le financement externe.

[ACP/LP]

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