dimanche , 24 juin 2018
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Répressions : Le régime « Kabila » isolé sur la scène internationale

La répression dans le sang de la marche des chrétiens du 31 décembre 2017 isole davantage Kinshasa sur la scène internationale. Au-delà des sanctions ciblées contre les dirigeants congolais qui persécutent la démocratie et le processus électoral, certains analystes appellent désormais la communauté internationale à appliquer le droit d’ingérence humanitaire en RDC. La démarche vise à protéger les Congolais contre un régime répressif qui tient à conserver le pouvoir en violation de la Constitution.

Le monde s’est indigné de la répression brutale de la marche pacifique organisée par le Comité laïc de coordination (CLC) le 31 décembre 2017 à Kinshasa et dans certaines provinces de la RDC. Pour étouffer cette marche pacifique, les dirigeants ont instrumentalisé aussi bien la police, l’armée que les services de renseignements qui devaient réprimer dans le sang les manifestants.

C’est avec des tirs à balles réelles ayant causé mort d’hommes ; des jets de gaz lacrymogènes même dans les enceintes des églises où les paroissiens étaient en prière ; des coups de matraque et autres voies de faits… Pourtant, les manifestants n’avaient en mains que la Bible, le crucifix ou autres objets religieux comme les chapelets ainsi que des branches de rameaux. Cela n’a pas empêché les forces de sécurité de faire usage d’armes de guerre pour mater des manifestants.

MONSENGWO DÉNONCE « LA BARBARIE »

Le CLC a dénombré une dizaine de morts, plusieurs blessés ainsi que des interpellations momentanées à l’issue de ces échauffourées. Dans sa déclaration faite le 2 janvier, le cardinal Laurent Monsengwo a qualifié cette répression de « barbarie ».

C’est la énième répression. A chaque manifestation pacifique de l’opposition ou des mouvements citoyens, la police et l’armée ont toujours réprimé dans le sang et font usage disproportionné de la force. Ce, depuis la montée des protestations pour nontenue d’élections dans les délais constitutionnels en 2016. Le président Joseph Kabila a épuisé son deuxième et dernier mandat le 20 décembre 2016. Mais, le pouvoir use de tous les subterfuges pour retarder les élections et sème un climat de terreur, y compris par la répression aveugle, pour intimider toute l’opposition.

Jusques à quand va-t-on laisser Kinshasa réprimer son peuple ? Tous les acteurs politiques de l’opposition et de la Société civile, y compris l’Eglise catholique, n’ont plus confiance à la majorité au pouvoir pour organiser les élections. « Comment feronsnous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ? Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés ? », s’est interrogé le cardinal Monsengwo dans sa déclaration après la répression de la marche des chrétiens.

La répression du 31 décembre 2017 serait-elle la goutte d’eau qui va faire déborder le vase ? En tout cas, certains analystes proposent une solution extrême pour mettre hors d’état de nuire le régime en place à Kinshasa. Pour eux, la communauté internationale devrait carrément envisager l’application du droit d’ingérence humanitaire en RDC.

L’URGENCE D’UNE DÉCISION EXTRÊME DE L’ONU

« Le peuple congolais chosifié, brimé, clochardisé, massacré, terrorisé et privé de son droit le plus légitime de se choisir librement, gratuitement et tranquillement ses représentants à intervalle régulière, a aussi droit à bénéficier de l’ingérence humanitaire de la part de la communauté internationale et de ses principaux partenaires traditionnels, tel que prévu dans la charte des Nations unies », soutient un analyste sur le média en ligne ctmt.ca, en réaction à la répression de la marche initiée par les laïcs catholiques.

Pour lui, c’est « une démarche exceptionnelle mais unique issue de sortie de la crise politique et préélectorale actuelle ». Et de préciser : « Il s’agit de la préservation du genre humain. Il s’agit de la protection de toute une région. Il s’agit de la sauvegarde des intérêts de l’ensemble de la planète et ses habitants ».

Reste à voir si un pays partenaire de la RDC pourrait prendre ce dossier en mains et le proposer officiellement aux Nations unies. Ça vaut la peine que la communauté internationale envisage une telle décision qui protègerait les Congolais et surtout permettrait la tenue d’élections démocratiques auxquels tous les acteurs peuvent effectivement participer.

Les sanctions ciblées contre les personnalités de la RDC que les USA et l’Union européenne ont prises ces derniers mois ne suffisent pas à contraindre Kinshasa à respecter les droits humains, moins encore à garantir la poursuite du processus électoral dans un climat apaisé.

La récurrence des violations massives des droits humains et le blocage du processus démocratique en RDC imposent l’urgence de la solidarité de la communauté internationale et donc un droit d’ingérence pour secourir les Congolais, victimes de répression, et sauver la jeune démocratie.

En janvier 2017, la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU, après de longues tractations, ont contraint Yahya Jammeh de laisser le pouvoir à Adama Barrow, vainqueur de l’élection présidentielle en Gambie.

[Le Potentiel]

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