mardi , 22 mai 2018
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Naplouse : Déploiement de l’armée israélienne

L’armée israélienne a déployé mercredi un important dispositif en hommes et en moyens autour de Naplouse, en Cisjordanie occupée, pour retrouver les auteurs d’une attaque dans laquelle un colon a été tué.

L’armée a indiqué avoir installé des checkpoints aux entrées et aux sorties de Naplouse, et avoir mobilisé des renforts pour prendre part à la chasse à l’homme.

Aucune arrestation en lien direct avec le meurtre n’a pour l’heure été rapportée.

Le rabbin Raziel Shevah, 35 ans, a été tué par balles mardi soir alors qu’il circulait dans sa voiture près de la colonie de Havat Gilad où il vivait. Un véhicule s’est porté à sa hauteur avant que ses occupants n’ouvrent le feu, ont rapporté les médias israéliens. Au total, 22 impacts de balle ont été dénombrés, ont-ils dit.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont salué l’attaque. Le Hamas, grand ennemi d’Israël, contrôle la bande de Gaza, distante de la Cisjordanie.

Raziel Shevah devait être enterré mercredi après-midi à Havat Gilad, une colonie dite « sauvage », c’est-à-dire illégale non seulement aux yeux du droit international mais aussi de la loi israélienne.

Les enterrements dans les colonies « sauvages » sont très rares, compte tenu de leur statut. A la demande expresse de sa famille, Raziel Shevah sera le premier habitant de Havat Gilad à être inhumé sur place, selon son beau-père Rafael Koubi.

Havat Gilad est considérée comme une colonie « idéologique », habitée par des colons convaincus que la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis plus de 50 ans, est une terre juive pour des raisons religieuses et historiques.

La colonie a été créée en 2002 sans autorisation. Les tentatives d’évacuation par l’armée israélienne ont donné lieu à des affrontements, et les colons sont revenus. Ces dernières années, l’armée n’est plus intervenue et protège la cinquantaine de familles qui y vit.

Environ 400.000 colons israéliens mènent une coexistence conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.

‘Louanges’, et récompense

L’assassinat de Raziel Shevah a ravivé les appels israéliens à la régularisation des colonies « sauvages », à une répression accrue de la violence palestinienne et à des mesures de rétorsion contre l’Autorité palestinienne, qui fait office de gouvernement dans les zones de Cisjordanie sous son contrôle.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a indiqué avoir ordonné à ses services d’examiner la possibilité de « légaliser » Havat Gilad.

Yoav Galant, le ministre de la Construction, a proposé sur la radio militaire de « détruire la maison des terroristes » -ce qu’Israël pratique déjà- et « d’expulser leur famille vers la Syrie » voisine, autre ennemie d’Israël.

Le meurtre a aussi attisé les flammes, y compris du côté américain, contre le soutien apporté par l’Autorité palestinienne aux auteurs d’attentats emprisonnés et à leurs proches.

« Le Hamas tresse les louanges des meurtriers et les lois de l’Autorité palestinienne vont récompenser financièrement » les auteurs de l’attaque, a tweeté l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, selon qui « il ne faut pas chercher plus loin pourquoi la paix est absente ».

Le ministère israélien de la Défense a publié mardi des chiffres selon lesquels l’Autorité palestinienne avait versé en 2017 1,2 milliard de shekels (300 millions d’euros), soit 7% de son budget annuel, aux auteurs d’attentats emprisonnés par Israël et à leurs familles.

Un Palestinien condamné à trois à cinq ans de prison reçoit l’équivalent de 600 dollars par mois, un autre qui purge une peine de 20 à 35 ans a droit à 2.900 dollars jusqu’à la fin de sa vie. Selon le ministère israélien, le salaire moyen en Cisjordanie est de 600 dollars.

Le ministre a indiqué dans un communiqué qu’il allait présenter un projet de loi permettant à Israël de soustraire le total de ces aides de l’argent qu’Israël reverse à l’Autorité palestinienne au titre des taxes prélevées sur les biens destinés aux territoires palestiniens.

Malgré les pressions, l’Autorité palestinienne a toujours refusé de mettre fin à ces paiements, une décision qui serait très impopulaire tant le prestige des prisonniers est grand.

[Afp]

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