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31 Décembre : Soutien à un président barbare et ses mercenaires

Kinshasa n’étant pas le Congo, certains évêques, et non des moindres, ont déclaré ne pas être concernés par la marche initiée par le Comité laïc de coordination (CLC). C’est le cas notamment de l’Archevêque de Kisangani et de surcroît président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Marcel Utembi, dont les sources rapportent qu’il s’étonne qu’on ait attribué cette manif à l’Eglise catholique. D’autres sources affirment que son adjoint serait sur la même ligne. En tout cas, nombre de prélats se disent surpris que l’organisation d’une telle marche n’ait été abordée ni discutée au cours de la réunion de la CENCO. C’est dire que le Comité laïc de coordination n’a pas vocation à engager l’église à l’échelle du pays. D’où, croit-on savoir, que ce mot d’ordre n’a pas été suivi dans nombre de diocèses du Congo profond, comme Kisangani, Boma, Beni, Bukavu… Ceci prouve à suffisance que sur cette question précise, l’Eglise catholique est divisée. Il apparait aussi, vu d’un certain nombre de diocèses du pays, que l’initiative du CLC n’a engagé que la capitale Kinshasa.

Les Kinois ne sont pas descendus en masse dans les rues, dimanche 31 décembre, à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC) de l’Eglise catholique pour « libérer l’avenir et faire du pays une terre de paix, de dignité, d’hospitalité et de progrès pour tous ». Dans certaines paroisses de la capitale, puisque cette marche devrait partir de différentes paroisses de Kinshasa, ceux des fidèles qui ont essayé de marcher après la messe, bravant ainsi l’interdiction du gouverneur de la ville, ont trouvé sur leurs chemins les forces de l’ordre pour les stopper net.

Toujours dans la capitale rd congolaise, les curés, dans d’autres paroisses, ont demandé aux fidèles de rentrer chez eux. Ce n’est pas tout. Kinshasa n’étant pas le Congo, certains évêques, et non des moindres, ont déclaré ne pas être concernés par la marche initiée par le CLC.

C’est le cas notamment de l’Archevêque de Kisangani et de surcroît président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Marcel Utembi, dont les sources rapportent qu’il s’étonne qu’on ait attribué cette manif à l’Eglise catholique. D’autres sources affirment que son adjoint serait sur la même ligne.

En tout cas, nombre de prélats se disent surpris que l’organisation d’une telle marche n’ait été abordée ni discutée au cours de la réunion de la CENCO. C’est dire que le Comité laïc de coordination n’a pas vocation à engager l’église à l’échelle du pays. D’où, croit-on savoir, que ce mot d’ordre n’a pas été suivi dans nombre de diocèses du Congo profond, comme Kisangani, Boma, Beni, Bukavu…

Ceci prouve à suffisance que sur cette question précise, l’Eglise catholique est divisée. Il apparait aussi, vu d’un certain nombre de diocèses du pays, que l’initiative du CLC n’a engagé que la capitale Kinshasa. Concernant la revendication de la marche, celle-ci est partie de la mise en oeuvre des mesures de décrispation politique l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, jusqu’au… départ du président Joseph Kabila. Un mot d’ordre qui, par son élasticité, analysent des observateurs, trahissait en fait la politisation de la démarche. Celle-ci, de l’avis toujours des mêmes observateurs, devient politiquement orientée. L’adhésion massive de l’Opposition et de la Société civile proche de celle-ci n’est donc pas le fait du hasard.

LA PNC S’EN EST BIEN TIREE

Ce dimanche 31 décembre, Kinshasa ressemblait à une forteresse imprenable. Pour permettre aux habitants de la capitale de bien passer la Saint Sylvestre et fêter le Nouvel An, tous les carrefours et autres points névralgiques étaient investis aux premières heures de la journée par la police, renforcée à certains endroits par des éléments FARDC. Et on doit à la vérité que lors de ces opérations de maintien de l’ordre, les policiers n’ont pas eu à faire qu’à des marcheurs pacifiques. Le CLC dans une mise au point des jours plus tôt, avait insisté sur le caractère pacifique de la manifestation. Il avait invité la population à n’accepter aucune forme de violence : pas de pneus brûlés, pas de barricades, pas de propos violents, pas d’injures, pas de jets de pierres et autres projectiles, pas d’actes de vandalisme. Les manifestants étaient également appelés à ne pas considérer les policiers, les militaires et autres agents des services de sécurité comme des ennemis… Mais rien de tout cela. Car manifestement, des opportunistes et autres casseurs se sont invités à la marche. Des scènes de violences et de pillages étaient donc à redouter. Et des morts aussi.

A Matete par exemple, une chambre froide a failli être pillée. Commentant cette séquence malheureuse, le porte-parole de la police indique que « le cas de deux morts signalés au niveau de Matete, c’était des pillards qui ont trouvé la mort au quartier Mutoto, devant une chambre froide, au moment où ils étaient en train de piller. Leurs camarades kuluna les ont transportés jusqu’à la paroisse Saint Alphonse, pour les jeter dans l’enclos », selon un communiqué lu hier soir au 20h de la RTNC, la radiotélé publique, par le porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanamputu. Ce dernier rapporte qu’ »en ce moment, les opérations de maintien de l’ordre public étaient déjà terminées au niveau de Saint Alphonse et tout était rentré dans l’ordre. Intérrogé à ce sujet par le commandant du Commissarait du Mont-Amba, le curé de la paroisse Saint Alphonse confirme les faits. Pour lui, aucun de ses paroissiens n’a été tué par la police car les forces de l’ordre sont venues pour les disperser. Et les deux corps retrouvés dans l’enclos de sa paroisse, ramenés à la morgue par la Croix-Rouge Monusco étaient des délinquants qui avaient trouvé la mort très loin, à Mutoto, très loin de sa paroisse, et ramenés par des badauds », indique le porte-parole de la police.

« Pendant que les opérations de rétablissement de l’ordre public étaient complètement terminées, » dit-il, « et que le trafic avait repris normalement, par mauvaise coïncidence, des bandits assimilés au Kamwina Nsapu, avec bandeaux rouges autour de la tête, sont simultanément venus attaquer la maison communale et le marché de Liberté dans la commune de Masina, où, au cours des échanges des tirs, l’un d’eux a succombé. Les trois autres ont été arrêtés. Après interrogatoire, ils sont passés aux aveux. Pour l’instant, l’enquête continue pour démasquer le reste de la bande en fuite. »

Le colonel Pierrot Mwanamputu affirme, qu’ »au regard des éléments d’enquête vous livrés, vous constaterez avec nous que, dans le cadre de la manifestation du 31 décembre 2017, il y a, c’est le cas de le dire, zéro mort pour les opérations de rétablissement de l’ordre public effectuées par les forces de l’ordre. »

DES ASSAILLANTS SYMPATHISANTS D’UN PARTI POLITIQUE

D’autres sources vont jusqu’à citer les noms de certains assaillants arrêtés et auditionnés : Alexandre Tshibangu, Mukendi, Tshibwebwe, Kalonji Donat, Manda Simbi et Pande Mutshipayi. Tshibwebwe a déjà été cité comme ayant participé aux attaques attribuées à l’aile kinoise de Kamwena Nsampu. Les auditionnés ont déclaré être tous sympathisants d’un parti politique qui les aurait mobilisés.

Au regard du fait que jusqu’ici aucune paroisse n’a fait état d’un paroissien tué, d’où viendrait les 8 voire 10 morts brandies par certaines organisations internationales ?

RÉACTIONS TOUS AZIMUTS DES BARONS DE L’EGLISE CATHOLIQUE

Les hiérarques de l’Eglise catholique ont presque tous réagi, mardi 2 janvier, à la marche du 31 décembre dernier organisée par le Comité laïc de coordination(CLC) de l’Archidiocèse de Kinshasa. En commençant par la Nonciature Apostolique en RD Congo. Celle-ci rappelle que « la promotion de la justice sociale et la défense des droits civils et politiques des citoyens fait intégralement partie de la Doctrine sociale de l’Eglise ». Et dans le cas particulier de l’initiative promue par le CLC à Kinshasa, la Représentation pontificale affirme que « l’unique autorité ecclésiastique compétente pour juger de la conformité d’une telle initiative avec la Doctrine de l’Eglise était l’Archevêque de Kinshasa ». Par conséquent, fait-elle savoir, « aucune approbation ou condamnation n’a été émise par le Saint Siège, et il ne faudra aucunement en attendre dans le futur ».

Dans une mise au point faite le même 2 janvier relative à ladite marche, Messeigneurs Marcel Utembi Tapa et Fridolin Ambongo Besungu, respectivement président et vice-président de la CENCO assurent que « les diocèses qui n’ont pas relayé cette marche ne l’ont pas pour autant désapprouvée « . Et pour eux, il n’y a pas d’autres solutions à la crise politique que traverse le pays en dehors de l’Accord du 31 décembre 2016. « L’unique voie de sortie de cette crise artificielle c’est la mise en œuvre intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre », écrit la CENCO.

La réaction de l’Archevêque de Kinshasa, le Cardinal Laurent Monsengwo, ne s’est faite pas attendre non plus. Elle est tombée également hier mardi dans une déclaration très offensive. Dans la même verve que le Comité laïc de coordination et la CENCO, l’archevêque de Kinshasa dénonce à son tour l’atteinte à la liberté religieuse. Pour lui,  » l’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, le maintien au pouvoir par des méthodes anticonstitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence, la notre « .  » Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple « , s’interroge le Cardinal pour qui,  » il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDC « .

[Didier KEBONGO, journaliste kabbaliste]

DECLARATION DU CARDINAL LAURENT MONSENGWO EN MARGE DE LA MARCHE DU 31 DECEMBRE 2017

Chers frères et sœurs,

Ce n’est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d’énervement, d’incertitude sinon de panique.

Nous sommes témoins d’incidents malheureux survenus le dimanche 31 décembre 2017 lors de la marche pacifique et non violente organisée par le comité laïc de coordination, dans le but de réclamer l’application réelle de l’Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement. Ceci crée un malaise socio-politique que traverse notre cher et beau pays, la RD Congo (cf. Message de l’Assemblée plénière extraordinaire des Evêques de la Cenco, 24 novembre 2017).

Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie. Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l’ordre reçu d’une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.

Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.

Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables des protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ? Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés (cf. Benoît XVI, Liberté religieuse, chemin vers la paix) ?

Le sait-on, la liberté religieuse est un élément essentiel de l’Etat de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits et aux libertés fondamentales. L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence la nôtre.

Nous voulons un Congo des valeurs et non d’anti-valeurs.

Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité, et à nos morts pour la liberté, le salut éternel.

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