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Iran : La classe politique va répondre aux revendications économiques des protestateurs

Dernière mise à jour, le 9 janvier 2018 à 08:55

Les protestations en Iran ont mis en lumière une série de revendications, notamment économiques, à laquelle l’ensemble de la classe politique a promis de répondre, en condamnant unanimement les « violences ».

Loin d’être monolithique, le champ politique iranien est toutefois divisé entre des tendances qui expriment des sensibilités différentes en matière de réformes politiques et socio-économiques.

Le conseil des Gardiens de la Constitution s’assure du fait que ces différents groupes demeurent loyaux aux fondamentaux de la Révolution islamique de 1979, tandis que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a le dernier mot sur les grands dossiers.

Les « modérés » du président Rohani

Les modérés, réunis au sein du Parti de la modération et du développement, prônent une gestion économique plus efficace, une plus grande liberté politique et culturelle et un rapprochement avec l’Occident, même si leur chef de file, le président Hassan Rohani, a dénoncé à plusieurs reprises la politique des Etats-Unis de Donald Trump.

Elu en 2013 puis réélu l’an dernier, M. Rohani est accusé par ses adversaires conservateurs de mener une politique trop libérale, et de ne pas tenir compte de la situation des couches les plus populaires.

L’ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani, décédé il y a un an, a été son mentor. En 2013, son soutien ainsi que celui de l’ex-président réformateur Mohammad Khatami ont été cruciaux.

Les réformateurs de l’ex-président Khatami

L’ex-président Khatami (1997-2005) reste le leader du mouvement réformateur, qui compte une vingtaine de partis politiques et d’associations. Ils ont formé une alliance avec les modérés, permettant l’élection et la réélection de Hassan Rohani.

En 2009, ils avaient soutenu Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi lors d’un scrutin présidentiel qui a donné lieu à une vive contestation après l’annonce de la réélection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

MM. Moussavi et Karoubi sont en résidence surveillée depuis février 2011.

Après cette réélection controversée, et la répression du mouvement de protestation, de nombreux responsables réformateurs ont également été arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison. Ils ont été libérés depuis, mais écartés des rouages du pouvoir durant des années.

L’élection de M. Rohani en 2013 a permis le retour en scène des réformateurs, qui participent actuellement au gouvernement. Mais M. Khatami fait toujours l’objet de restrictions, et les médias n’ont pas le droit de publier son nom et sa photo.

Le mouvement prône des réformes à l’intérieur du système, notamment plus de libertés politiques et culturelles. Les conservateurs avaient bloqué une partie des réformes de la présidence Khatami.

Les conservateurs modérés d’Ali Larijani

Les conservateurs modérés sont réunis autour d’Ali Larijani, actuel président du Parlement. Ils soutiennent le gouvernement du président Rohani.

Ils sont rassemblés au sein du groupe parlementaire « Partisans du Velayat », et contrôlent les principales commissions.

Ali Larijani a soutenu l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 avec les grandes puissances. Il prône une politique économique centrée sur le soutien à la production nationale afin d’améliorer la situation des gens et résorber le chômage.

Les conservateurs

Lors de la présidentielle de mai 2017, les conservateurs ont formé la « Coalition populaire des forces de la révolution islamique », regroupant les principales personnalités et les groupes politiques de ce camp. Ils avaient soutenu Ebrahim Raissi et l’ex-maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui s’est finalement désisté au profit de M. Raissi. Ce dernier a obtenu 15,8 millions de voix face à M. Rohani, qui l’a emporté avec 23,6 millions de voix.

Les conservateurs critiquent la politique économique du gouvernement en affirmant qu’elle ne donne pas la priorité aux couches populaires.

Ils critiquent aussi l’accord nucléaire en soutenant que le gouvernement a fait trop de concessions sans obtenir la garantie que toutes les sanctions allaient être levées. Ils justifient leurs critiques par l’attitude hostile du président américain Donald Trump et les nouvelles sanctions américaines.

Les partisans de l’ex-président Ahmadinejad

Soutenu par les conservateurs lors de la présidentielle de 2005, puis en 2009, M. Ahmadinejad et ses amis politiques ont choisi de se séparer de ces derniers. L’ex-président, au discours populiste, dénonce de plus en plus le pouvoir. Plusieurs de ses proches ont été condamnés à des peines de prison pour corruption et lui-même est visé par la justice, qu’il ne cesse de fustiger. Plusieurs responsables conservateurs l’accusent de vouloir attiser la contestation en exploitant les difficultés économiques et sociales.

Son bras droit, Hamid Baghaï, empêché de se présenter à la présidentielle de mai 2013, a été condamné à 15 ans de prison pour corruption.

M. Ahmadinejad n’a fait aucune déclaration depuis le début de la contestation.

[Afp]

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