vendredi , 22 juin 2018
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Rassemblements : Soutien au régime en Iran

De nouveaux rassemblements prorégime ont été organisés jeudi en Iran après l’annonce par le pouvoir de la fin du mouvement de contestation et de son intention de recentrer l’attention sur les revendications économiques des protestataires.

Après cinq jours de protestations nocturnes marquées par des violences qui ont fait 21 morts et entraîné l’arrestation de centaines de personnes, la capitale Téhéran où un important dispositif policier a été mis en place, et la plupart des villes de province ont passé une nouvelle nuit calme.

Des vidéos de rassemblements sporadiques dans de petites localités ont été publiées mais sans vérification possible.

Jeudi, la télévision d’Etat a diffusé des images de manifestations importantes de soutien au pouvoir à Ispahan (centre), Machhad (nord-est), Oroumieh (nord-ouest), Babol ou encore Ardebil (nord).

« Nous sommes tous ensemble, derrière le guide », l’ayatollah Ali Khamenei, le numéro un de la République islamique d’Iran, ont scandé les manifestants, selon les images.

La veille, des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté en soutien au pouvoir à travers le pays.

Ces rassemblements répondent aux protestations entre le 28 décembre et 1er janvier contre la vie chère et le pouvoir dans de nombreuses villes, qui ont été émaillées de heurts meurtriers et d’attaques contre des biens publics -bâtiments officiels, banques, commissariat de police, voitures.

Les autorités ont accusé les « groupes contre-révolutionnaires » et les Moudjahidine du peuple -groupe d’opposition en exil- d’avoir profité des manifestations « légitimes » pour créer des troubles.

Moscou avertit Washington

Le commandant en chef de l’armée, Abdolrahim Moussavi, a remercié les forces de sécurité pour « avoir éteint le feu de la sédition », au lendemain de la proclamation par les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime, de la fin du mouvement de contestation sans pareil depuis celui de 2009 contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad.

Pendant cinq jours, les troubles ont fait 21 morts dont une majorité de manifestants et deux membres des forces de sécurité.

Quelque 45 banques et 43 distributeurs automatiques ont été endommagés durant les troubles dans la province de Lorestan (ouest), a indiqué un responsable.

Selon le ministre de l’Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, quelque 42.000 personnes ont pris part au mouvement de contestation, un chiffre nettement inférieur aux centaines de milliers de personnes durant la contestation en 2009.

Outre les Moudjahidine du peuple, Téhéran a aussi accusé les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, grande rivale régionale, d’avoir attisé les troubles.

L’Iran s’est plaint auprès de l’ONU des « ingérences » américaines.

« L’administration américaine a augmenté ses interventions d’une manière grotesque dans les affaires de l’Iran sous prétexte de fournir un soutien à des manifestations sporadiques », a affirmé le représentant iranien à l’ONU, Gholamali Khoshroo.

Le président américain Donald Trump a pris fait et cause pour les protestataires et a condamné le régime. Et de nouvelles sanctions américaines pourraient être prises contre Téhéran, a indiqué un responsable américain.

La Russie, alliée de l’Iran, a mis en garde Washington contre toute intervention dans les « affaires intérieures » de son « ami ».

Résoudre les problèmes économiques

La classe politique en Iran -réformateurs comme conservateurs- s’est elle positionnée contre les violences, tout en soulignant la nécessité de trouver une solution aux problèmes économiques, principalement le chômage, qui atteint 30% chez les jeunes.

« La principale demande des gens aux responsables et au gouvernement est qu’ils règlent les problèmes économiques », a dit Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême pour les affaires internationales. « Il faut le faire en évitant les divisions ».

Dans sa réaction à la contestation, le président Hassan Rohani a dit la détermination du gouvernement à « régler les problèmes de la population », en particulier le chômage.

Réélu en mai dernier pour un second mandat, le modéré Rohani avait promis dès son élection en 2013 d’oeuvrer à l’amélioration de la situation économique et sociale, un espoir amplifié par l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, et la levée de certaines sanctions internationales.

Mais les attentes des Iraniens ont été déçues avec le renchérissement du coût de la vie et le chômage.

Le Parlement, qui examine le budget pour la prochaine année fiscale (mars 2018-mars 2019), a d’ores et déjà rejeté des augmentations voulues par le gouvernement, notamment une hausse de 50% du prix de l’essence, une mesure qui selon des experts aurait renforcé une inflation atteignant déjà 10%.

« Un bond du prix de l’essence n’est absolument pas dans l’intérêt du pays, il y a d’autres méthodes pour que les couches populaires ne subissent pas de pressions » supplémentaires, a dit le président du Parlement, Ali Larijani.

Pour Nasser Laregani, vice-président de la commission des Affaires économiques du Parlement, « les députés sont hostiles à une hausse des prix des produits énergétiques. Le gouvernement doit faire des efforts pour améliorer la situation de la population ».

[Afp]

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