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Kinshasa : Prostitution à l’ancien cimetière de Kasa-Vubu

Pendant la journée, les activités champêtres couvrent certaines réalités. L’ancien cimetière de Kasa-Vubu est une vaste étendue où se cultivent divers légumes et des arbres fruitiers. Une autre face du même endroit présente une autre réalité. Des shégués ont construits des abris de fortune où ils passent leur nuit. A Kinshasa, c’est l’un des lieux où ils foisonnent. Mais, c’est aussi un milieu où la prostitution s’est érigé une forteresse. C’est la nuit que le vaste champ se transforme en un lieu de passe. Pour des sommes dérisoires, témoignent Mangongo Dondo qui habite dans les environs, les femmes se livrent à la prostitution. A part fumer du chanvre et des boissons fortes, ces femmes s’adonnent donc à la prostitution. Généralement très peu vêtues, ou s’habillant d’une manière aguichante, elles racolent les passants.

Située entre l’avenue Kasa-Vubu et le Centre d’accueil Kimbanguiste, dans la commune de Kasa Vubu, la 25ème commune est une entité à part. Les Shegués qui occupent la partie nord, attenante au Centre d’accueil kimbanguiste, vaquent à leurs occupations.

Et quelles occupations ? Certains fument du chanvre indien, d’autres prennent divers breuvages. D’autres encore jouent aux cartes, aux dés…

Seulement pendant la journée, les activités champêtres couvrent certaines réalités. Surtout au regard des non-familiers de cet endroit.

Les femmes et les hommes qui labourent les champs mettent en relief les activités agricoles. En réalité, l’ancien cimetière de Kasa-Vubu est une vaste étendue où se cultivent divers légumes et des arbres fruitiers.

UN VILLAGE

Une autre face du même endroit présente une autre réalité. Des shégués ont construits des abris de fortune où ils passent leur nuit. A Kinshasa, c’est l’un des lieux où ils foisonnent. Mais, c’est aussi un milieu où la prostitution s’est érigé une forteresse.

Des généalogies se développent en ces lieux. Les naissances se succèdent. Déjà, selon Kapela Ndombe, une agricultrice, les générations s’y accumulent maintenant. Les enfants de la rue d’antan sont devenus des papas de la rue. Et les enfants à leurs tours deviennent des parents, comment-elle.

Combien sont-ils ? Rien n’est autant difficile que les dénombrer. Certains parlent d’une trentaine. D’autres avancent le chiffre pouvant atteindre une cinquantaine. D’autres encore évoquent des chiffres dépassant la cinquantaine. Les statistiques faisant défaut, il faut s’en tenir à ces estimations.

Le nombre croît au jour le jour. Outre ceux qui naissent là-bas sur place, il faut compter avec ceux qui abandonnent leurs habitations pour rejoindre le groupe.

Pourquoi alors la vingt cinquième commune ? Ils s’imposent eux-mêmes leurs lois. Personne de l’intérieur ne peut venir les en imposer d’autres. Ils deviennent presque intouchables…

D’où leurs pratiques, stigmatisées souvent comme des antivaleurs, que rien ne trouble ni ne perturbe. En fait, pour un policier qui a requis l’anonymat, en les laissant tranquilles, on les maîtrise mieux.

LES DESSOUS DES CARTES

C’est la nuit que le vaste champ se transforme en un lieu de passe. Pour des sommes dérisoires, témoignent Mangongo Dondo qui habite dans les environs, les femmes se livrent à la prostitution. A part fumer du chanvre et des boissons fortes, ces femmes s’adonnent donc à la prostitution.

Généralement très peu vêtues, ou s’habillant d’une manière aguichante, elles racolent les passants.

Mimi, déclare qu’elle est dans le métier depuis 2005. Initiée par une ainée qui a abandonné, Mimi a aujourd’hui deux enfants, dont un garçon et une fille. Son mari fait partie du gang. La nuit, explique-t-elle, elle doit sortir pour nourrir sa progéniture. Son homme ne fait pratiquement rien.

Néanmoins, selon les sources, certains hommes s’appliquent à trouver de l’argent pendant la journée dans différents marchés comme Gambela, dans une moindre mesure Bayaka. Plusieurs d’entre eux se retrouvent dans les parkings où ils s’engagent comme chargeurs.

UNE DIFFICILE COHABITATION

La vie des cultivateurs dans l’ancien cimetière n’est pas de tout repos. Les cas d’exactions arrivent souvent. Et, de fois, un cultivateur est sommé de livrer une telle quantité de légumes ou de fruits. Tel est l’avis de Maman Marie qui entretient un champ dans cet ancien cimetière.

Quant à Jeancy, un cultivateur qui a quitté l’école au niveau de la troisième année mécanique, il n’a jamais vécu aucun cas d’exactions. Il est sur le site depuis 2009, a-t-il déclaré. Avant l’installation de poste de police sur Saïo, les désordres étaient fréquents. Mais depuis, ils sont de moins en moins fréquents, a-t-il soutenu.

[Zéphy VULA]

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