dimanche , 24 juin 2018
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RDC : Une loi électorale non consensuelle et porteuse de germes de conflit

Malgré de multiples appels allant dans le sens d’exhorter le chef de l’État d’écouter la voix de la sagesse et retourner le projet de loi au Parlement pour une seconde lecture, celui-ci a pesé de tout son poids, en choisissant de se placer seul contre tous. Mieux, il a soutenu la position de sa famille politique jusqu’au bout. Ceux qui se demandaient encore si les élus de la Majorité agissaient avec la bénédiction de qui ont maintenant la réponse. Comble de tout, même le Sénat, qui a tenté de sauver certaines dispositions, n’a pas réussi à faire fléchir la machine de la Majorité présidentielle. Le passage en force est donc consommé et les carottes sont bien cuites.

Le président de la République a promulgué, dimanche 24 décembre, depuis Lubumbashi où il se trouvait, la nouvelle loi électorale. C’est sans surprise que le peuple a accueilli, malgré lui, ce que d’aucuns redoutaient : une loi non consensuelle et porteuse de germes de conflit.

En effet, malgré de multiples appels allant dans le sens d’exhorter le chef de l’État d’écouter la voix de la sagesse et retourner le projet de loi au Parlement pour une seconde lecture, celui-ci a pesé de tout son poids, en choisissant de se placer seul contre tous. Mieux, il a soutenu la position de sa famille politique jusqu’au bout. Ceux qui se demandaient encore si les élus de la Majorité agissaient avec la bénédiction de qui ont maintenant la réponse.

Comble de tout, même le Sénat, qui a tenté de sauver certaines dispositions, n’a pas réussi à faire fléchir la machine de la Majorité présidentielle. Le passage en force est donc consommé et les carottes sont bien cuites.

Qu’on ne se voile pas la face. Une loi votée et promulguée sans consensus porte déjà en elle-même des germes de conflit. Du coup, on est parti pour des élections aux résultats contestés, d’autant que le garant de la Nation n’a pas su – ou n’a pas voulu – garantir la sécurité du cycle électoral. Il y a donc péril en la demeure. Ceci étant, la promulgation par le chef de l’État d’une loi dont les dispositions énervent les articles 13 et 101 de la Constitution, traduit une certaine volonté d’exclure injustement certains Congolais de prochaines élections.

Pour tout dire, on est là face à un jusqu’auboutisme inquiétant, qui risque de plonger le pays dans le chaos. Lorsqu’un chef reste sourd jusqu’au bout, le peuple devient inquiet et se pose des questions sur le sens d’une telle attitude.

Avec une loi électorale non consensuelle, la suite du processus électoral est piégée et biaisée. Qui sauvera donc les prochaines élections ? Parle, chef, ton peuple écoute – écoute, chef, ton peuple crie.

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