vendredi , 22 juin 2018
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New York : Incendie meurtrier

Un enfant de trois ans et demi qui jouait avec une cuisinière à gaz a déclenché jeudi l’incendie qui a coûté la vie à douze personnes à New York, le plus grave en plus de 25 ans, a indiqué vendredi le chef des pompiers de la ville, Daniel Nigro. « Nous avons découvert que le feu a commencé dans une cuisine au rez-de-chaussée. Il a été déclenché par un enfant de trois ans et demi qui jouait avec la gazinière. L’incendie a pris et la maman n’en avait pas conscience. Elle a été alertée par les cris » de l’enfant, a expliqué M. Nigro. « Elle est sortie de l’appartement avec ses enfants de trois et deux ans et a laissé la porte ouverte. Le feu s’est rapidement propagé vers les étages supérieurs », a-t-il poursuivi, martelant qu' »en cas d’incendie, il faut absolument fermer la porte en sortant ». Cinq personnes ont été retrouvées mortes dans l’immeuble, a précisé le chef des pompiers. Quatre enfants –trois fillettes âgées d’un, trois et sept ans ainsi qu’un garçon de sept ans– figurent parmi les douze victimes décédées, avait annoncé la police plus tôt. « Quatre personnes grièvement blessées sont toujours hospitalisées et luttent contre la mort », a précisé M. Nigro.

« Le feu monte et la cage d’escalier a agi comme une cheminée. Le feu est monté si rapidement à l’étage que les gens ont eu très peu de temps pour réagir », a-t-il raconté.

« Ils ne pouvaient pas descendre –parmi ceux qui ont tenté, deux sont morts. D’autres se sont échappés, on les a aidés à sortir par l’escalier de secours, et nos pompiers les ont faits descendre », a-t-il poursuivi.

« On nous dit que le petit avait déjà joué avec les brûleurs (de la gazinière), à les allumer », a encore indiqué M. Nigro. « Avant que la mère ait de le temps de faire quoi que ce soit, le feu avait bien avancé dans la cuisine. Elle a dit qu’il y avait beaucoup de flammes, beaucoup de fumée ».

Selon lui, les pompiers n’ont mis qu’un peu plus de trois minutes à arriver sur les lieux. « Il y avait au moins 20 personnes sur l’escalier de secours (accroché à la façade) quand nos équipes sont arrivées ».

Les enquêteurs tentent encore de déterminer si toutes les alarmes anti-incendie de l’immeuble ont fonctionné correctement, a-t-il indiqué.

Cet incendie est le plus grave à New York depuis 1990 à l’exclusion des attentats du 11-Septembre.

THÉÂTRE IRRÉEL D’UN INCENDIE MEURTRIER

Pas de traces de feu sur la façade de l’immeuble, pas d’eau au sol, pas de badauds, le lieu ne laisse rien deviner de la violence d’un incendie qui a fait douze morts jeudi soir dans le Bronx.

Le froid, qui a fait descendre le mercure sous la barre des -10°C durant la nuit, semble avoir gelé la scène, où seuls deux camions de pompiers, gyrophares allumés, rappellent le drame.

Sur le trottoir devant l’immeuble sinistré, de l’eau projetée par les pompiers a gelé sur les branches d’un arbre, rappelant les décorations de Noël qui ont envahi la 187ème rue, à quelques mètres de là.

Dans ce quartier historiquement italien mais aujourd’hui très mélangé, ils sont très peu à s’arrêter pour scruter l’immeuble, derrière le cordon de sécurité, saisis par le vent qui donne une température à -15°C en ressenti.

Deux hommes d’une vingtaine d’années vont et viennent, entre les allées de l’épicerie du coin de la rue et le trottoir, une couverture de la Croix rouge sur les épaules.

Le regard absent, dans le vague, ils refusent de répondre aux questions des journalistes qui les abordent.

« C’est arrivé comme ça », raconte Rafik Al-Jabali, qui tient l’une des trois épiceries du carrefour le plus proche de l’immeuble, en faisant claquer ses doigts.

Il était au lit, lorsque le feu a pris, explique-t-il, et le temps qu’il mette le nez à la fenêtre de son immeuble, situé quasiment en face du lieu de l’incendie, les pompiers étaient déjà à pied d’oeuvre et une épaisse fumée sombre sortait de plusieurs fenêtres.

Quelques instants plus tard, il a vu évacuée une femme sur un brancard. « Elle était déjà morte », dit-il, en baissant les yeux.

Un lieu de mémoire

« C’était très dur », explique Joel Rodriguez, qui habite au rez-de-chaussée de l’immeuble et a pu sortir de chez lui assez facilement, bien que la fumée ait fait le « noir complet » dans les parties communes.

« J’ai encore les images dans la tête », dit ce quadragénaire compact aux lunettes sombres. « Je n’arrive pas à les effacer. »

Ces images, ce sont celles de plusieurs de ses voisins, sortis sur des civières, privés de leur dignité, « nus » ou « dévêtus » pour la plupart, dont certains étaient brûlés.

Trois petites filles âgées de un, trois et sept ans ainsi qu’un garçon de sept ans ont perdu la vie dans cet incendie, le pire qu’a connu New York depuis des décennies.

Vendredi, le maire Bill de Blasio a indiqué que le feu avait été déclenché par un petit garçon qui jouait avec la cuisinière à gaz de son appartement.

Dans cet immeuble, il y avait des « gens heureux », décrit Joel Rodriguez. « L’été, ils sortaient leur barbecue dehors. On était bien. Tout le monde cohabitait sans problème. Il n’y avait pas de problème ».

Joel a passé la nuit à faire des allers-retours entre l’hôpital, où sa femme est hospitalisée après avoir inhalé de la fumée, et sa voiture, dans laquelle il a un peu dormi.

Fatigué, il a du mal à se voir de nouveau chez lui dans cet immeuble de briques claires, construit au début du XXeme sècle et transformé jeudi en cercueil.

« Aujourd’hui, je ne voudrais pas y retourner », dit-il. « C’est un lieu de mémoire, maintenant. »

Derrière lui, Kenneth Cruiz arrive avec un chariot plein de vêtements. « J’avais mis des affaires de côté pour envoyer aux victimes des ouragans, mais je ne l’ai pas fait », dit-il.

« Ce matin, ma femme a ajouté trois manteaux, et je suis venu », dit-il, en marchant vers l’école où sont hébergés la plupart des résidents de l’immeuble qui ont survécu à l’incendie.

Un policier assure qu’il n’y a « personne » dans l’école, même s’ils sont pas moins de sept agents à s’être postés ostensiblement dans le hall d’entrée, et que des dizaines d’officiels vont et viennent.

Il laisse néanmoins Kenneth Cruiz déposer ses vêtements.

« C’est ma bonne action », dit-il, avec un sourire gêné. « Je suis sûr qu’il y a quelques heures, ces gens là avaient tout. Des cadeaux de Noël, tout. Et aujourd’hui, ils n’ont plus rien. »

DES ENFANTS PARMI LES MORTS

Les enquêteurs cherchaient vendredi l’origine du feu qui a coûté la vie la veille à quatre enfants et huit adultes dans le quartier new-yorkais du Bronx, le pire incendie qu’a connu la ville depuis des décennies.

Trois petites filles âgées de un, trois et sept ans ainsi qu’un garçonnet de sept ans ont perdu la vie, a annoncé la police vendredi.

Huit adultes –quatre hommes et quatre femmes — ont également trouvé la mort dans le sinistre.

Une femme et une fillette décédées ont été retrouvées dans une baignoire remplie d’eau dans laquelle elles semblent avoir essayé de se réfugier pour échapper aux flammes, selon plusieurs médias locaux.

« C’est une tragédie épouvantable et des familles ont été déchirées », s’est ému le maire de la ville, Bill de Blasio, sur Twitter jeudi soir, parlant du « pire incendie depuis au moins un quart de siècle ».

Le feu s’est rapidement propagé jeudi vers 19h00 (00h00 GMT) du rez-de chaussée aux quatre étages de cet immeuble de briques comme il y en a des milliers à New York. Le bâtiment comptait 25 appartements.

En larmes, les survivants ont raconté comment ils avaient été alertés par les cris de « Au feu, au feu » avant de se précipiter sur l’escalier de secours qui descend le long de la la façade.

« Je suis sorti par la fenêtre. Il y avait de la fumée partout (…) Je ne pouvais pas voir la porte, elle était déjà couverte de fumée », a témoigné un habitant, Matthew Igbinetion, sur la chaîne locale WABC.

Selon Bill de Blasio, « quatre personnes très grièvement blessées » luttaient encore jeudi soir contre la mort et d’autres étaient gravement blessées.

« Les gens sont morts à différents étages, et leur âge va de un an à plus de 50 ans », a expliqué le chef des pompiers de New York, Daniel Nigo.

« Cette tragédie est sans aucun doute historique de par son ampleur », a-t-il souligné.

Une école qui se trouve non loin du sinistre a été transformée en centre d’accueil d’urgence pour les habitants de l’immeuble alors que le thermomètre affichait des températures glaciales aux alentours de -10 degrés Celsius. Les rafales de vent gelé ont pu alimenter les flammes.

Fenêtres béantes

Construit en 1916, l’immeuble n’était pas aménagé pour résister aux incendies et six infractions avaient été déclarées, dont au moins une liée à un détecteur de fumée défectueux, a rapporté le New York Times.

Le froid a également compliqué le travail des quelque 160 pompiers qui ont mis environ trois heures la veille pour maîtriser le sinistre, selon les médias locaux.

Plusieurs pompiers étaient encore sur les lieux vendredi au petit matin, tandis que les inspecteurs tentaient de déterminer les causes du sinistre.

Des stalactites de glace pendaient sur l’escalier de secours extérieur en métal, typique de New York et des fenêtres béantes trouaient la façade, témoins du feu meurtrier.

L’incendie s’est produit non loin du Zoo du Bronx, l’un des endroits les plus prisés des touristes et des 8,5 millions d’habitants de New York.

Dix personnes avaient été tuées en mars 2007 quand un feu a ravagé une maison, également dans le Bronx. Il s’agissait alors du pire incendie dans la ville, à l’exclusion des attentats du 11 septembre 2001, depuis 1990.

[Afp]

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