vendredi , 22 juin 2018
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Kiev – séparatistes prorusses : Echange de prisonniers

Les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses qui contrôlent une partie de l’est du pays ont échangé mercredi plus de 300 prisonniers dans une des plus importantes opérations de ce type en près de quatre ans de guerre.

Cet échange, juste avant le Nouvel An et le Noël orthodoxe le 7 janvier, constitue un rare progrès dans l’application des accords de paix de février 2015, qui ont permis une baisse d’intensité des combats sans parvenir à un règlement politique du conflit qui a fait plus de 10.000 morts.

Le président ukrainien Petro Porochenko, accompagné de l’ambassadrice de France en Ukraine, Isabelle Dumont, et d’un diplomate allemand, a accueilli les Ukrainiens sortis de captivité près de la ligne de front.

« Nous faisons tout notre possible » pour libérer tous les prisonniers, a déclaré M. Porochenko, vêtu d’une tenue camouflage, en serrant les mains des soldats et civils échangés. Ces derniers ont ensuite été transportés par hélicoptères et avions à Kharkiv (est) et Kiev, selon des images diffusés sur sa page Facebook.

Fruit de difficiles négociations impliquant Vladimir Poutine depuis plusieurs semaines, cette opération a concerné 73 prisonniers détenus dans les deux « républiques » autoproclamées par les rebelles et 233 détenus par les autorités de Kiev.

Initialement, 74 prisonniers des séparatistes devaient être échangés contre 306 de leurs confrères détenus par Kiev, mais un total de 74 d’entre eux ont refusé de changer de camp, selon le parquet général ukrainien.

Ce premier échange de prisonniers depuis 15 mois entre les belligérants et deuxième plus important depuis l’éclatement du conflit en 2014 s’est déroulé sur la ligne de front, près de Gorlivka, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la « capitale » séparatiste de Donetsk, et a duré plusieurs heures.

Gloire à l’Ukraine

Plusieurs dizaines de prisonniers ont applaudi à l’arrivée des autocars envoyés par Kiev les chercher en territoire rebelle, en scandant « Gloire à l’Ukraine! »

Parmi eux se trouvait Igor Kozlovski, un historien reconnu dont l’arrestation par les séparatistes il y a deux ans avait provoqué de l’émoi en Ukraine. « J’ai été arrêté pour ma position pro-ukrainienne », a déclaré à l’AFP cet homme de 63 ans, l’air fatigué, en attendant d’être remis aux autorités ukrainiennes.

L’ONG Reporters sans frontières s’est félicitée de la libération du blogueur Edouard Nedeliaïev, condamné par les rebelles à 14 ans de prison pour « espionnage ».

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron dont les pays sont coparrains du processus de paix en Ukraine, ont salué l’échange dans un communiqué commun tout en appelant à poursuivre ce processus « pour les prisonniers restants » dont le nombre varie selon des sources.

La libération des prisonniers constitue un point clé des accords de paix de Minsk signés en février 2015 avec la médiation franco-allemande. Ces accords ont permis une baisse d’intensité des combats, mais leur volet politique est resté lettre morte.

L’opération de mercredi constitue une première étape dans un échange global de tous les prisonniers détenus par les deux camps.

Lors de la deuxième étape, dont la date n’a pas encore été annoncée, 29 prisonniers détenus par les séparatistes pourraient être échangés contre 74 personnes détenues par Kiev, a déclaré mercredi Viktor Medvedtchouk, un représentant de Kiev dans ces négociations qui est considéré comme proche de Vladimir Poutine.

Un communiqué du Parlement ukrainien publié mercredi fait état cependant d’une centaine de prisonniers détenus par les séparatistes.

Le conflit dans l’est de l’Ukraine oppose les forces gouvernementales à des séparatistes prorusses soutenus, selon Kiev et les Occidentaux, par la Russie qui dément. Il a contribué aux pires tensions entre la Russie et les Occidentaux depuis la Guerre froide.

Sur le plan diplomatique, la tension est remontée ces derniers jours après la décision de Washington de muscler son aide à l’Ukraine en matière de défense, afin que Kiev puisse assurer la « souveraineté » de son territoire. Moscou a accusé les Etats-Unis de vouloir encourager un « bain de sang ».

[Afp]

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