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RDC : PPRD, parti État !

Avec une loi électorale taillée sur mesure. Le seuil d’éligibilité fixé à 1% au niveau national, la caution de 1 000 USD par candidat aux législatives, non sans compter la tricherie qui se prépare avec le mode de vote. Tout indique que le régime en place à Kinshasa a désormais le champ libre pour créer un parti dominant, ultra majoritaire, susceptible de rafler la quasi-totalité des voix aux législatives de 2018. La cabale consiste à instituer le PPRD en parti État. Le parti présidentiel est donc en phase de remplacer la MP. Ce qui serait un recul pour la démocratie en RDC.

La Majorité présidentielle (MP) a réussi son coup avec le vote, le vendredi 15 décembre au Parlement, d’une loi électorale taillée sur mesure.

Le seuil d’éligibilité fixé à 1% au niveau national, la caution de 1 000 USD par candidat aux législatives, non sans compter la tricherie qui se prépare avec le mode de vote, sont autant des garde-fous que la majorité au pouvoir a pris pour s’assurer d’une victoire certaine aux prochaines élections.

Tout indique que le régime en place à Kinshasa a désormais le champ libre pour créer un parti dominant, ultra majoritaire, susceptible de rafler la quasi-totalité des voix aux législatives de 2018. La cabale consiste à instituer le PPRD en parti État. Le  parti présidentiel est donc en phase de remplacer la MP. Ce qui serait un recul pour la démocratie en RDC.

Dans ce pays, les Congolais se sont battus contre le monopartisme instauré par le MPR de Mobutu durant 32 ans. Même le multipartisme limité à  trois(3) partis politiques que le régime Mobutu avait proposé, au début des années 1990, a été récusé par la population, jusqu’à ce que le multipartisme illimité a été adopté à l’issue de la Conférence nationale souveraine.

La nouvelle loi électorale votée au parlement n’est rien d’autre qu’un putsch contre les acquis démocratiques. Cette loi énerve le pacte républicain issu de Sun-City. Pire, elle risque de tuer la démocratie au bénéfice d’une dictature. Après deux cycles électoraux, le processus démocratique devrait évoluer en RDC. Avec cette nouvelle loi électorale, la patrie de Patrice Lumumba ne fait pas deux pas en arrière mais plutôt un saut dans le vide.

Le comble est que toutes ces machinations sont faites juste pour des calculs politiciens. La majorité MP a montré ses limites dans la gouvernance de la RDC durant les deux quinquennats (2006-2011 et 2011-2016). Avec cette nouvelle loi électorale, ce régime va avoir encore trop de pouvoir au risque d’en abuser davantage. La dictature par les urnes risque d’être pire pour les Congolais et pour l’avenir de ce pays post conflit. Déjà, le régime de Kinshasa abuse par la répression et autres décisions d’autorité comme l’interdiction des manifestions publiques, en violation de la constitution.

[Le Potentiel]

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