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RDC : Les élections 2018 n’auront probablement pas lieu à cause des contraintes

La centrale électorale prévient que les élections attendues de tous les vœux par des Congolais n’auront probablement pas lieu à cause des contraintes, surtout d’ordre financier. Les idées qui ont prévalu depuis son accession du pays à l’indépendance ont conduit les Congolais dans l’impasse dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui, soutiennent les acteurs de la renaissance du Congo. Aussi préconisent-ils une voie de sortie.

« Y a-t-il une solution qui permettra au peuple congolais de retrouver le sourire et espérer des lendemains meilleurs pour les enfants et arrières-petits enfants ? » Question à laquelle a répondu, par l’affirmative, le professeur Mpoyi Kamulayi, président du Rassemblement des acteurs de la renaissance du Congo (RAREC), une organisation de la Société civile. Il l’a fait savoir vendredi 15 décembre au cours d’une conférence de presse dans la salle de réunions de le Résidence de la paix dans la commune de Gombe à Kinshasa.

Pour lui, cela est possible et passe par l’alternance au pouvoir devant provenir du ‘‘découplement de la présidentielle des législatives’’, credo du Rarec. « C’est-là une solution simple et économique proposée pour sortir le peuple congolais de l’imbroglio dans lequel les politiciens de tous bords ont plongé sciemment et délibérément la RDC », a soutenu le professeur Mpoyi Kamulayi. Le manque d’argent pour l’organisation des scrutins étant le motif souvent avancé pour ne pas donner l’occasion au peuple de choisir ses dirigeants.

Il a expliqué et explicité, en long et en large, cette solution car il est d’avis qu’il est temps que le Congolais ne reste plus passif. En effet, a-t-il poursuivi, les politiciens doivent arrêter de « continuer à verser le sang innocent des Congolais, surtout des jeunes, afin d’assouvir leur soif du pouvoir, de l’argent facile et mal acquis. »

Il y a péril en la demeure

Devant « la situation grave, tragique et dramatique » que traverse la RDC, a indiqué le président du Rarec, « il appartient à tout homme, à toute femme lucide, à toute personne de bonne volonté de ne pas rester impassible par ce qui se passe en RDC. » Il a fait valoir que le danger est imminent parce que le constat malheureux est que, « jour après jour, des obstacles sont dressés sur le chemin de la démocratie et cela interdit au peuple de reprendre son pouvoir pour le confier à des nouveaux mandataires fidèles, honnêtes, compétents. »

Il a rappelé que la légitimité du peuple souverain est acquise selon un contrat social exprimé dans la Constitution, mais il a relevé le fait que et qu’il n’est plus le détenteur du pouvoir à tous les échelons. « Ceux qui nous dirigent ne sont que des détenteurs de pouvoir de fait parce que, tout simplement, ils ont confisqué ce pouvoir en nous dépouillant de notre souveraineté », a-t-il souligné. Avant de noter que la réaction du Rarec est aussi motivée par les nombreuses interpellations des évêques catholiques, notamment celle au cours de leur dernière assemblée plénière extraordinaire clôturée le 24 novembre 2017. Dans laquelle ils ont clamé, une fois de plus, la souffrance du peuple congolais. Dans leur déclaration, ils se sont adressés à toutes les composantes de la Nation : du président de la République aux membres de la communauté internationale, en passant par le gouvernement, le parlement et la Société civile.

Les évêques ont clairement démontré que le peuple n’a plus confiance en ses gouvernants, a également indiqué Mpoyi Kamulayi. Pour qui, lorsqu’il en est ainsi, « c’est tragique, c’est dramatique. » Il fait observer que les Congolais ne sont pas condamnés à cette déperdition.

Apport du Rarec

Que peut-on attendre le peuple du Rarec ? Avant de répondre à cette préoccupation, il a fait un rappel historique des moments difficiles que le pays a connus de l’indépendance à ce jour. Aussi a-t-il finalement indiqué que le Rassemblement des acteurs de la renaissance du Congo apporte au peuple la prise de conscience en lui faisant comprendre que le pouvoir n’appartient pas aux politiciens. Ce n’est pas à ces derniers de décider quand et comment remettre le pouvoir au peuple, mais c’est plutôt à celui-ci de décider quand et comment confier le mandat à quelqu’un de son choix, a insisté le professeur Mpoyi Kamulayi. Qui a ajouté que « la prise de conscience de notre responsabilité et le pouvoir que le peuple détient devront mettre les politiciens à la place qui est la leur. » C’est ainsi que, a-t-il poursuivi, les politiciens doivent cesser de penser qu’ils sont les décideurs mais qu’ils sont au service du peuple et non le contraire. Pour cela, « le peuple ne doit pas suivre aveuglément les hommes politiques », a-t-il dit en substances.

Dans deux semaines, interviendra la date du 31décembre, a aussi rappelé le numéro un de Rarec. Cela signifie qu’il n’existe plus la légitimité que ceux qui gouvernent la RDC ont voulu trouver dans l’Accord de la Saint-Sylvestre. Lequel prévoyait qu’à cette date, il y aurait des élections libres, démocratiques et transparentes et, surtout, apaisées, pour permettre au peuple congolais de retrouver le sourire de vivre dans la paix à laquelle tout le monde aspire.

[Olivier Dioso]

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