dimanche , 24 juin 2018
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Fifagate : Un procès qui a étalé au grand jour la corruption du football

Un jury new-yorkais a déclaré vendredi coupables deux des trois ex-responsables sud-américains du football accusés d’avoir perçu des millions de dollars de pots-de-vin, après un procès qui a étalé au grand jour la corruption du sport le plus populaire au monde.

Après six jours de délibérations, l’ancien patron de la puissante fédération brésilienne José Maria Marin, 85 ans, a été déclaré coupable de six des sept chefs d’inculpation contre lui, notamment d’avoir participé à l’organisation de cette corruption, de fraude bancaire et de blanchiment d’argent. Il était accusé d’avoir touché 6,55 millions de dollars de pots-de-vin.

L’ancien président de la fédération paraguayenne et de la confédération sud-américaine Conmebol Juan Angel Napout, 59 ans, a été déclaré coupable de trois des cinq chefs d’inculpation le visant mais aucun chef de blanchiment n’a été retenu par les jurés. Il était accusé d’avoir perçu 10,5 millions de dollars de pots-de-vin.

Chacun de ces chefs d’accusation est susceptible d’une peine maximale de 20 ans de prison. La juge fédérale Pamela Chen doit décider de leur sentence dans les prochaines semaines.

Les deux hommes, qui ont tout nié en bloc, ont assisté à la lecture du verdict sans émotion apparente.

Verdict partiel

En revanche, les jurés n’étaient toujours pas parvenus vendredi à un verdict concernant le troisième accusé, l’ex-président de la fédération péruvienne Manuel Burga, 60 ans. Ils doivent reprendre mardi leurs délibérations au tribunal fédéral de Manhattan.

Burga n’est jugé qu’en vertu d’un chef d’inculpation, celui de conspiration. L’accusation a souligné qu’il n’avait jamais perçu les pots-de-vin qui lui auraient été, selon elle, destinés.

La procureure Kristin Mace avait fait valoir jeudi dans son réquisitoire que les témoignages, émanant pour la plupart de responsables directement impliqués dans cette corruption et eux aussi inculpés, avaient « fourni une vision inédite de cette large et puissante association internationale de malfaiteurs », qui a permis d' »enrichir l’élite du football mondial » aux dépens des fédérations « qu’ils étaient censés servir ».

Le procès a couronné des années de laborieuse enquête internationale par la police fédérale (FBI) et les services fiscaux américains. Ils ont commencé à remonter la trace de cette corruption en 2010, après l’attribution du Mondial-2022 au Qatar au détriment de la candidature américaine.

Les dépositions ont aussi exposé le train de vie luxueux des barons du football mondial, habitués aux boutiques de luxe, aux jets privés et aux palaces de rêve.

Le scandale du « Fifagate » avait été révélé en mai 2015, avec l’arrestation à Zurich de sept hauts responsables du football, en marge du congrès de la Fédération internationale (Fifa).

Le circuit de paiement des pots-de-vin des responsables sud-américains, détaillé au procès, était complexe: il impliquait une multitude d’intermédiaires ou de sociétés-écran, avec des comptes bancaires aux Etats-Unis, en Suisse et en Andorre et des marques de voiture comme noms de code pour les bénéficiaires.

Soupçons persistants

Si elle a provoqué la démission de l’ex-président de la Fifa Sepp Blatter, la question de la corruption autour des juteux droits télévisés continue d’ébranler les grands du football.

Le patron du PSG et de BeIN Media, le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, ou l’ex-adjoint de M. Blatter, le Français Jérôme Valcke, sont aujourd’hui accusés par la justice suisse de corruption autour de l’attribution de droits télé des Coupes du monde 2026 et 2030. Accusations qu’ils démentent.

Au total, la justice américaine a inculpé 42 responsables du football mondial, essentiellement des Sud-Américains mais aussi des Américains comme Chuck Blazer. Cet ex-secrétaire général de la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes– est décédé en juillet après avoir livré de précieuses informations au FBI.

Napout, Marin et Burga étaient les seuls sur le banc des accusés à New York.

Les autres ont soit plaidé coupable et attendent leur sentence, soit ont été jugés dans leur pays. D’autres encore ont réussi à éviter leur extradition aux Etats-Unis, comme l’ancien vice-président de la Fifa Jack Warner, de Trinité-et-Tobago, ou Marco Polo del Nero, toujours patron de la fédération brésilienne même s’il vient d’être suspendu pour 90 jours par la justice interne de la Fifa.

[Afp]

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