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RDC, une crise politique récurrente

Depuis la signature le 31 décembre 2016 de l’accord parrainée par la Cenco, la RDC peine à sortir d’une crise politique devenue récurrente. Les causes sont multiples. Mais, la plus évidente est cette mauvaise foi dont a fait preuve la majorité au pouvoir en compliquant la mise en œuvre de l’accord conclu le 31 décembre 2016, sous l’égide des évêques. A ce jour, l’accord, dit de la Saint-Sylvestre, passe pour la boussole en vue d’une transition apaisée mais également de l’aboutissement heureux et apaisé du processus électoral. En effet, tous les partenaires au développement, dont les Nations unies et l’Union européenne, reconnaissent que l’accord du 31 décembre reste le seul cadre consensuel qui garantit la tenue, dans un climat apaisé, d’élections en RDC. Dont les plus importantes sont prévues le 23 décembre 2018. Lundi dernier, à Bruxelles, le Conseil européen a réaffirmé sa ferme détermination de voir Kinshasa poser des actes réels dans le sens de la décrispation politique. Sur ce point précis, il n’y a pas à tergiverser. Car, de l’avis de la communauté internationale, dont l’UE fait partie, la décrispation politique rime avec la libération des prisonniers politiques (Franck Diongo, Diomi Ndongala, Jean Claude Muyambo, etc.) et  levée des mesures judiciaires contre Moïse Katumbi ; ce qui faciliterait à ce dernier son retour sans condition en RDC afin de prendre part au processus électoral. D’autant qu’il est candidat déclaré à la présidentielle prochaine.

Lundi dernier, le Conseil européen s’est penché sur le dossier de la République démocratique du Congo, réaffirmant son désir de voir Kinshasa mettre tout en œuvre pour baliser la voie qui mène aux élections. Encore une fois, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont dit attendre de Kinshasa un geste rassurant dans le sens de la décrispation politique. Et sur ce point précis, le cas Moïse Katumbi, condamné à l’exil par une décision de la justice congolaise, fait référence. Jusqu’à quand Kinshasa restera-t-il sourd aux multiples appels de la communauté internationale ?

Depuis la signature le 31 décembre 2016 de l’accord parrainée par la Cenco, la RDC peine à sortir d’une crise politique devenue récurrente. Les causes sont multiples. Mais, la plus évidente est cette mauvaise foi dont a fait preuve la majorité au pouvoir en compliquant la mise en œuvre de l’accord conclu le 31 décembre 2016, sous l’égide des évêques.

A ce jour, l’accord, dit de la Saint-Sylvestre, passe pour la boussole en vue d’une transition apaisée mais également de l’aboutissement heureux et apaisé du processus électoral. En effet, tous les partenaires au développement, dont les Nations unies et l’Union européenne, reconnaissent que l’accord du 31 décembre reste le seul cadre consensuel qui garantit la tenue, dans un climat apaisé, d’élections en RDC. Dont les plus importantes sont prévues le 23 décembre 2018.

Mais, il y a des points de l’accord qui ont été laissés en suspens. Délibérément. Refusant de regarder la réalité en face, la majorité au pouvoir n’a cessé de tambouriner que l’accord du 31 décembre 2016 est en œuvre. Or, tout le monde le sait, cette application dont elle se targue est sélective et de mauvais goût, dans la mesure où elle s’est arrangée de laisser de côté les dispositions de l’Accord quine rencontrent pas ses visées politiques.

C’est dans cet esprit visant à torpiller tout consensus que la MP a créé une crise artificielle au sein du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Elle a débauché  de manière ostentatoire des pions dont elle s’est servie pour réussir son forfait. Bruno Tshibala a été fait Premier ministre, et Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (Cnsa).

Imaginant flouer tout le monde, la MP se rend aujourd’hui à l’évidence que le problème reste entier. Et, au vu de ce bouillonnement en rapport avec la fin de l’année, elle devrait de repentir et se dire qu’il est temps de revenir à la raison. Et c’est ce niveau de débat que la communauté internationale est intervenue, l’Union européenne et les Etats-Unis en première ligne.

Ainsi, de New-York, Washington, à Bruxelles en passant par Addis-Abeba, une unanimité s’est dégagée sur le strict respect de l’accord du 31 décembre 2016 ainsi que sa mise en œuvre rapide et effective. Le fait de multiplier les communiqués sur l’Accord de la Saint Sylvestre est un signe évident du désaccord que la communauté internationale affiche vis-à-vis de la politique de Kinshasa. Il ne fait aucun doute que les partenaires au développement de la RDC considèrent cet compromis politique de dernière chance comme la seule base légale pour baliser la voie qui mène aux élections.

L’accord du 31 décembre 2016 a posé des garde-fous qui, dans une certaine mesure, devraient rendre compte de sa mise en œuvre effective. Il s’agit essentiellement des mesures prévues dans le sens de la décrispation politique.

Par décrispation politique, selon l’accord, on sous-entend la levée du dédoublement des partis politiques et la libération des prisonniers, gardés en détention ou en exil, pour des griefs politiquement motivés.

A ce jour, Kinshasa est encore loin de satisfaire à cette exigence. Après le 31 décembre 2016, le pouvoir en place brille par une ferme détermination de dépouiller cet accord de toute sa substance et d’en faire un jouet entre ses mains.

L’insistance de l’UE

Lundi dernier, à Bruxelles, le Conseil européen a réaffirmé sa ferme détermination de voir Kinshasa poser des actes réels dans le sens de la décrispation politique. Sur ce point précis, il n’y a pas à tergiverser. Car, de l’avis de la communauté internationale, dont l’UE fait partie, la décrispation politique rime avec la libération des prisonniers politiques (Franck Diongo, Diomi Ndongala, Jean Claude Muyambo, etc.) et  levée des mesures judiciaires contre Moïse Katumbi ; ce qui faciliterait à ce dernier son retour sans condition en RDC afin de prendre part au processus électoral. D’autant qu’il est candidat déclaré à la présidentielle prochaine.

Dans sa déclaration de lundi dernier, le Conseil de l’UE a « condamné vivement les violations des droits de l’Homme ainsi que les actes de harcèlement à l’encontre d’acteurs politiques de l’opposition, de représentants des médias et de la société civile, ainsi qu’à l’encontre de défenseurs des droits de l’Homme ». Les chefs de la diplomatie de l’UE ont rappelé que ces actes étaient « incompatibles avec les principes démocratiques et le respect des libertés fondamentales consacrées par le droit international public ».

A cette occasion, ils ont souligné « la nécessité de respecter la Constitution et l’urgence de la mise en œuvre intégrale par le gouvernement de l’ensemble des mesures de décrispation politique prévues par l’accord de la Saint Sylvestre, nécessaires pour réunir les conditions d’élections crédibles et inclusives, rétablir la confiance entre les acteurs concernés et apaiser les tensions politiques, notamment la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires injustifiées, la fin de la duplication des partis politiques, la liberté de la presse et la réouverture des médias fermés. L’UE appelle aussi au respect de la liberté de réunion et de manifestation pacifique ».

Quoi qu’il en soit, l’UE A insisté sur le fait qu’ « une sortie de crise pacifique et respectueuse de l’esprit de consensus de l’accord politique de la Saint Sylvestre et de l’aspiration du peuple congolais à élire ses représentants sera déterminante pour la définition des relations entre la RDC et l’UE ». Autrement dit, l’UE ne voit pas la RDC sortir de la crise politique en passant outre l’accord du 31 décembre 2016.

C’est dire que le retour de Moïse Katumbi en RDC est une écharde dans la peau de Kinshasa. C’est aussi un indicateur qui, de l’avis de la communauté internationale, témoignera de la volonté de Kinshasa d’aller véritablement aux élections, tout en se pliant aux échéances fixées dans le calendrier électoral du 5 décembre 2017.

[Le Potentiel]

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