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RDC : Insécurité au Kongo central

L’insécurité se porte bien à Luozi, dans la province de Kongo central. Des rebelles Ninjas de Pasteur Ntoumi ont tiré à bout portant sur un chef du village qui a succombé sur place. Quelques jours auparavant, la victime aurait blessé à coup de machette, un rebelle Ninja présumé auteur de viol d’une de ses filles. En colère, un groupe d’hommes du chef rebelle est revenu dans ladite localité pour venger leur compagnon d’arme blessé. C’est alors qu’ils ont froidement abattu leur cible, affirme Top Congo FM qui a donné cette information hier mercredi.

Citant l’administrateur du territoire de Luozi, notre consœur affirme par ailleurs que dans leur entreprise à la fois criminelle et terroriste, les mêmes rebelles ont réussi à prendre deux jeunes filles qu’ils ont emmenées au-delà de la frontière avec le Congo-Brazzaville. Prises de panique, les populations de la localité du chef tué ont abandonné maisons et biens, pour se refugier dans des villages environnants. Malgré cela, ces Congolais ne se libèrent pas encore de la psychose y d’éventuelles nouvelles attaques des Ninjas.

RENFORCER LA SECURITE

Si les exactions des Ninjas dans cette partie du territoire rd congolais ne sont pas d’actes terroristes, du moins elles y ressemblent. Car, rien ne justifie l’activisme des rebelles de Pasteur Ntoumi sur un sol étranger. En l’occurrence la RD Congo. Si la motivation réelle est d’ordre politique, on comprendrait que les Ninjas Nsiloulous s’en prennent au pouvoir de Brazzaville, via des actes de provocation, du genre de ceux qu’ils perpètrent à Luozi. Sinon, Pasteur Ntoumi et ses affidés se seraient donc trompé à la fois de cible et d’adversaire.

Tout le  » malheur  » des autochtones du territoire de Luozi, est de partager le même espace vital avec le peuple Lahari du Congo-Brazzaville. Les Manianga de la RD Congo et leurs frères Lahari de Brazzaville sont deux peuples qui, historiquement, ont des valeurs en commun. Ils sont deux peuples vivant en symbiose et dans une convivialité insoupçonnable depuis la nuit des temps. Pour preuve, ils fréquentent les mêmes marchés locaux, utilisent la même monnaie (le franc CFA), pratiquent les activités agricoles quasiment sur les mêmes espaces. Bref, les deux sont un même peuple. La séparation est plus d’ordre administratif que culturel.

A quelque deux semaines des festivités de fin d’année, l’activisme des hommes de Pasteur Ntoumi dans cette partie du très vaste territoire rd congolais est de trop. Il ne permet donc pas aux populations autochtones de bien fêter la saint Sylvestre et de vaquer en toute quiétude à leurs activités quotidiennes. Car, ayant la peur dans le ventre, les habitants des villages de Luozi, victimes de la folie meurtrière des Ninjas, ne savent pas à quel moment leurs bourreaux pourraient surgir et les inquiéter.

Tout en exhortant ses concitoyens à demeurer vigilants, l’administrateur du territoire de Luozi demandent cependant aux autorités des deux pays, de mettre les bouchées doubles. Il en appelle ainsi au renforcement des dispositions sécuritaires afin de  » contenir  » l’activisme des Ninjas sur l’un et l’autre territoire.

Au mois d’avril 2016 les autorités de Brazzaville avaient lancé un mandat d’arrêt contre le chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntoumi. Ses hommes avaient été accusés d’avoir attaqué l’armée loyaliste et mené des  » attaques terroristes « au Sud de Brazzaville.

Selon des sources médiatiques, dans le mandat d’arrêt signé à l’époque par le procureur de la République, le colonel André Gakala Oko, des officiers et agents de la Force publique avaient été ordonnés de rechercher et de conduire à la maison d’arrêt centrale de Brazzaville, conformément à la loi, Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntoumi et deux de ses lieutenants : son jeune frère Sylvain Richard Bintsamou, alias Gozardio et Elie Malanda, alias pasteur Elie. Tous trois avaient été poursuivis pour détention illégale d’armes et munitions de guerre, de vol , d’incendies volontaires des biens, d’assassinat et d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat.

[Laurel KANKOLE]

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