jeudi , 26 avril 2018
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Venezuela : Nicolas MADURO vise un second mandat en 2018

Trois mois de manifestations exigeant son départ au printemps, avec un bilan de 125 morts, un pays pétrolier en plein naufrage économique et une communauté internationale qui gronde : impassible, le chef de l’Etat socialiste est toujours en place et semble même désormais en position de force. Face à lui, la Table de l’unité démocratique (MUD), coalition qui rassemble une trentaine de partis d’opposition, fait pâle figure. Deux ans après sa victoire historique aux élections législatives, qui lui avait permis de remporter pour la première fois depuis 1999 la majorité au Parlement, elle se déchire entre partisans du dialogue et adeptes d’une ligne plus dure. Résultat: les formations des trois leaders d’opposition Henrique Capriles, Leopoldo Lopez et Henry Ramons Allup ont renoncé à présenter des candidats ce dimanche, dénonçant « l »absence de garantie » et craignant de voir se répéter le scénario des élections régionales d’octobre, marquées par une large victoire du camp présidentiel et de nombreuses accusations de fraudes. Ce boycott des municipales par les trois principaux partis de la MUD « va probablement démoraliser la base électorale de l’opposition », observe Risa Grais-Targow, du cabinet Eurasia, dans une note.

Les Vénézuéliens ont commencé à voter dimanche pour désigner leurs maires, le président Nicolas Maduro étant quasi-assuré de l’emporter face à une opposition morcelée, avant de viser un second mandat l’an prochain.

Les quelque 14.000 bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 06h00 heure locale (10h00 GMT) et les premiers résultats sont attendus entre 22h00 et minuit (entre 02h00 et 04h00 GMT lundi). Près de 20 millions de Vénézuéliens sont appelés aux urnes.

Trois mois de manifestations exigeant son départ au printemps, avec un bilan de 125 morts, un pays pétrolier en plein naufrage économique et une communauté internationale qui gronde: impassible, le chef de l’Etat socialiste est toujours en place et semble même désormais en position de force.

Face à lui, la Table de l’unité démocratique (MUD), coalition qui rassemble une trentaine de partis d’opposition, fait pâle figure.

Deux ans après sa victoire historique aux élections législatives, qui lui avait permis de remporter pour la première fois depuis 1999 la majorité au Parlement, elle se déchire entre partisans du dialogue et adeptes d’une ligne plus dure.

Résultat: les formations des trois leaders d’opposition Henrique Capriles, Leopoldo Lopez et Henry Ramons Allup ont renoncé à présenter des candidats ce dimanche, dénonçant « l »absence de garantie » et craignant de voir se répéter le scénario des élections régionales d’octobre, marquées par une large victoire du camp présidentiel et de nombreuses accusations de fraudes.

Ce boycott des municipales par les trois principaux partis de la MUD « va probablement démoraliser la base électorale de l’opposition », observe Risa Grais-Targow, du cabinet Eurasia, dans une note.

Et cela va « assurer une bonne réussite du gouvernement ce qui, après la solide démonstration lors des élections régionales d’octobre, va sans doute renforcer la confiance du président Maduro dans ses chances de contrôler l’issue du scrutin de l’an prochain », ajoute-t-elle.

Car ce scrutin local sert essentiellement de test pour le chef de l’Etat, élu en 2013 et déterminé, malgré sa faible popularité (20%), à briguer un nouveau mandat en 2018, comme l’a annoncé son vice-président Tareck El Aissami.

Découragement

Dans le camp des anti-Maduro, l’heure semble être au découragement face à la mainmise du chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) sur la quasi-totalité des institutions.

« Je ne vais pas aller voter car je ne crois pas en la transparence du CNE », le Conseil national électoral, confie à l’AFP Nerver Huerta, designer graphique de 38 ans.

Reflet de la profonde morosité ambiante, Victor Torres, chauffeur à Macaraibo (nord-est), soupire: « je suis allé acheter l’autre jour une banane: elle coûtait le matin 1.900 bolivars, et 3.000 l’après-midi. On ne peut vivre ainsi. Les politiques me déçoivent ».

Sur les 335 villes du pays, le PSUV, le parti de M. Maduro, en gouverne déjà 242 et l’opposition 76 seulement, le reste étant aux mains d’indépendants.

La lourde défaite de la MUD aux régionales a accentué ses divisions: plusieurs dirigeants emblématiques, comme Maria Corina Machado et Henrique Capriles, ont claqué la porte de la coalition.

Pour Mme Machado, participer à l’élection, c’est reconnaître la légitimité de l’Assemblée constituante, aux pouvoirs très étendus (dont ceux du Parlement, unique instance contrôlée par l’opposition) et intégralement composée de partisans de M. Maduro.

Gouverneurs régionaux et maires doivent en effet, une fois élus, prêter allégeance devant cette institution rejetée par une grande partie de la communauté internationale.

« Ce ne sont pas des élections, mais des attributions » de postes aux plus dociles, commente pour l’AFP Maria Corina Machado.

Le politologue Luis Salamanca entrevoit devant l’AFP une « victoire quasi certaine du gouvernement, accompagnée d’une forte abstention ».

D’autres électeurs ne veulent toutefois pas renoncer: « Ils essaieront de nous voler le vote, mais nous n’allons pas leur en faire cadeau », assure à l’AFP Yon Goicoechea, candidat à la mairie d’un quartier de Caracas.

Mais en face, le chavisme garde une solide base électorale, le fruit selon de nombreux analystes d’une « structure clientéliste » efficace.

« Malgré tout, le président m’a aidé, je ne peux pas être ingrat », reconnaît William Lugo, 65 ans, au moment de recevoir un bon de Noël que le gouvernement dit distribuer à quatre millions d’habitants.

[Afp]

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