jeudi , 26 avril 2018
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Glissement : Le sort de «KABILA» est entre les mains des Congolais

On s’en doutait. Les manœuvres pour aller vers un glissement institutionnalisé étaient depuis bien longtemps en l’air. Tout a été tenté pour trouver une façon de rallonger le mandat de Kabila à la tête du pays, le deuxième et le dernier, selon les prescrits de la constitution. Cette perspective, dans le cas où elle se déroule pacifiquement, ouvrirait automatiquement la voie à une alternance du pouvoir à la tête du pays après 15 ans de règne, soit 3 fois le terme normal du mandat qui est de 5 ans, ou deux fois le septennat qui n’est plus d’usage dans beaucoup de pays. Il ressort de ce constat que Kabila – le jugement de son bilan à part – a consommé le temps qu’il devait rester au sommet de l’État. La démocratie a besoin d’un souffle nouveau. Elle a besoin du renouvellement périodique des personnes à la tête des institutions, autant qu’il y a la nécessité d’imprimer de nouvelles orientations pour la bonne marche du pays.

Songer à se pérenniser au pouvoir serait non seulement une calamité, mais une véritable malédiction pour le pays qui compte autant de têtes et de cerveaux à même de bien le diriger et de promouvoir avec efficience et capacité ses énormes potentialités. Agir dans le sens où les stratèges de la majorité présidentielle sont en train de convoyer leurs visées, c’est tomber dans l’arbitraire. C’est en perspective ouvrir la boîte à Pandore qui aurait des conséquences incalculables pour tous, à commencer par ceux qui échafaudent des plans sachant qu’ils sont susceptibles de générer le chaos dont il sera difficile de contrôler tous les effets. En fait, on sait souvent comment commence une révolte, on ne sait pas exactement comment elle va se terminer.

La situation qui se profile à l’horizon du peuple congolais est gravissime. Les mécanismes devant déterminer la tenue éventuelle des élections présidentielles et législatives sont, en ce moment, complètement bloqués. Du dialogue dont on a beaucoup épilogué, on ne voit même pas l’ombre. La CENI est incapable de dicter la marche à suivre à cause d’une part, de l’absence évidente d’autonomie et de l’autre, de son allégeance conséquente à l’establishment au pouvoir. Le gouvernement de son côté est tout simplement déplorable. Il est sans vision globale et incapable de mobiliser les moyens financiers pouvant permettre le déroulement des scrutins. Kabila, du haut de son piédestal, observe tout l’échiquier, manipulant un à un ses pions pour atteindre son résultat qui est celui de se maintenir, par tous les moyens, au pouvoir.

Le temps qui passe, ou mieux, qu’on fait passer, dicte inexorablement son calendrier. La tenue des élections dans le délai constitutionnel, c’est-à-dire le 27 novembre, devient de plus en plus hypothétique. À moins d’un forcing de la CENI ou l’avènement d’un événement majeur imprévu, tout concourt pour un glissement annoncé et qui est en train de se matérialiser.

Le pays tout entier semble vivre comme dans ce conte où le diable, cogitant un plan sinistre, se mit au bord de la route avec une petite voiture décapotable en panne de carburant, sollicitant avec beaucoup de malice l’auto-stop au premier passant. Alléguant qu’il allait descendre au premier village pour se ravitailler à la première station d’essence, arrivé à destination, il soutint que c’est finalement mieux d’aller au deuxième village où il a un ami pouvant le ramener auprès de sa voiture. De fil en aiguille, il trouvait toujours des arguments pour continuer le trajet. Arrivé à la destination finale, il trouva encore un truc pour demander cette fois-ci la clé de la voiture pour une petite course dans le quartier. De là, il ne voulait plus céder l’automobile. Il multiplia les stratagèmes et les intimidations pour décourager complètement le propriétaire de récupérer légitimement son bien. Le margoulin, plus endiablé que jamais, considéra à tous les effets qu’il avait désormais le droit absolu sur la possession de la luxueuse voiture d’autrui, car sa force lui garantissait d’avoir le dessus sur le bon samaritain qui a cru à sa parole, qui a fait foi à sa promesse qui s’est avérée fallacieuse.

Le propriétaire, démuni et déconcerté par l’outrecuidance et l’audace de l’autre, ne savait plus quoi faire. Au lieu de se reprocher de n’avoir pas, dès le départ, compris l’intrigue à travers plusieurs signaux qui ne trompent pas, il commença plutôt à chercher un bouc émissaire. En bon Africain, il trouva des sorciers partout. Il fit une quête sérieuse à l’égard de toute personne en âge avancé qui serait, selon lui, à l’origine de ce mauvais sort. Insatisfait de sa démarche, il se consacra à la prière et attendit l’intervention des anges pour lui tirer d’affaire face à la situation qui prenait des dimensions catastrophiques. Dans un de ses rêves, un des anges lui soufflera à l’oreille que la solution ne viendra pas du ciel. Un conciliabule avec tout le monde et un sens profond de dignité et du renoncement à soi suffiront à travers des actions concertées, coordonnées et minutieusement préparées à faire vaciller le diable qui n’aura pas d’autre choix que de lâcher prise et de chercher un autre meilleur endroit où passer le reste de sa vie.

La moralité de ce conte, c’est que les jusqu’au-boutistes ne partiront pas d’eux-mêmes s’ils n’y sont pas contraints. Plus les jours passent, plus ils sont terrorisés pour les lendemains qui ne s’annoncent pas meilleurs pour eux. En désespoir de cause, ils sont prêts à en payer le prix. Dilapider tous les avoirs accumulés par fraude et vol, s’il le faut, ou encore, miroiter à ceux et celles qui veulent un peu goûter à leur parcelle de pouvoir, monts et merveilles, afin de demeurer au pouvoir.

Cependant, leur sort est entièrement entre les mains des Congolais. Les chars de combat, les autres moyens belliqueux n’y pourront rien devant la colère d’un peuple qui accepte de se sacrifier pour se libérer. Le pari de cette dure épreuve qui attend les Congolais se joue, à ce niveau.

[Mamba Tshibangu]

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