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RDC : Chasser le MLC de la Dynamique de l’Opposition

La coalition qui regroupe les partis politiques opposés au dialogue notamment l’UNC de Vital Kamerhe, l’Ecidé de Martin Fayulu, l’Envol de Delly Sesanga, le MLC de J.P Bemba fait déjà face à ses premières contradictions alors qu’elle ne s’est pas encore suffisamment consolidée. Le doute et même les suspicions viennent de s’installer avec l’attitude du MLC qui a outrepassé l’instruction de ne pas répondre à l’invitation d’Edem Kodjo, l’envoyé spécial de Nkosana Zuma, présidente de la Commission africaine, dans le but de préparer le dialogue national.

Bravant cette interdiction, le parti de Jean Pierre Bemba a délégué en catimini quelques- uns de ses membres pour rencontrer l’ancien Premier ministre togolais. Les fins limiers qui étaient informés de cette nouvelle ont vite fait de contacter la hiérarchie du parti de l’avenue du Port à Kinshasa Gombe. Dans un premier temps, la réponse était que cette information relevait de bobard. Par après, les bonzes du MLC ont dû avouer leur face à face avec Edem Kodjo. Ce comportement a poussé certains membres de la Dynamique à manifester leur indignation en traitant le parti de JP Bemba de taupe au sein de cette plate-forme. D’autres se sont réservés de tout commentaire voulant manifestement sauvegarder la cohésion et l’unité de leur groupe. Ce qui est vrai est que la Dynamique ne connaît pas encore la tempête, mais la confiance totale n’est plus ce qu’elle était au début de la création de cette structure.

Cela n’empêche pas que l’on se pose la question sur ce qui s’est réellement passé et pourquoi Eve Bazaïba, secrétaire générale et les siens se sont comportés de cette manière-là, alors que leur parti constitue l’un des piliers de la plate-forme ? Des commentaires fusent en sens divers. Ce qui est probable est que des membres influents de la Dynamique étaient bel et bien au courant du face à face entre l’envoyé spécial de l’UA et quelques cadres du MLC. Il s’agit, semble- t- il, d’une question de réalisme et même d’honneur. Pour avoir déclaré publiquement qu’Edem Kodjo n’était pas le bienvenu parmi eux et qu’ils déclineraient son invitation, les partisans du boycott du dialogue se seraient rendu compte après de leur maladresse. C’est pourquoi, ils ont accepté que le MLC aille rencontrer l’émissaire de la présidente de la Commission africaine, en vue de lui dire en face les raisons de leur position.

Changer d’attitude

La question du dialogue national est devenue une affaire internationale. Elle dépasse aujourd’hui le cadre congolais. Sans doute que la communauté internationale est consciente, comme dans le passé d’ailleurs, de l’importance géostratégique de la RDC. C’est pourquoi, elle tient à tout prix à éviter l’implosion de ce géant pour lequel l’ONU a déployé le nombre le plus élevé des Casques bleus. Malheureusement les Congolais eux-mêmes ne se rendent pas compte du rôle capital que leur pays est appelé à jouer dans le giron continental et même mondial.

En ce moment où l’on parle du retour imminent d’Edem Kodjo à Kinshasa pour accélérer le démarrage du dialogue national qui a fait couler tant d’encre et de salive, les membres de la Dynamique de l’Opposition, bien que se déclarant opposés à ce forum – c’est leur droit le plus légitime- doivent cependant savoir mettre un peu d’eau dans leur vin.

Rejeter toute proposition, dire non à toute initiative risque de ternir leur image auprès de l’opinion surtout que l’organisation de ces assises est souhaitée par tous ceux-là qui fabriquent les pouvoirs en Afrique. La meilleure attitude serait de rencontrer l’envoyé spécial de la présidente de la Commission africaine pour lui dire les griefs portés contre lui ou dénoncer le » complot » que l’UA veut jouer contre la RDC à travers le dialogue national, comme l’ont fait sans doute les délégués du MLC qui l’ont rencontré dernièrement.

Cependant, à suivre les déclarations de principaux partenaires de la RDC, le dialogue ne pourra nullement servir de prétexte à la violation de la constitution. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, l’a subtilement rappelé lundi 26 janvier, à Bruxelles, à l’ouverture des journées de contact diplomatiques, lorsqu’il a dit : » Certes, nous connaissons les défis logistiques de l’organisation d’élections dans ce grand pays (NDLR : RDC).Mais quelles que soient les difficultés, il est impératif que ces élections aient lieu, conformément à la constitution et dans les délais impartis par celle-ci «.

Ces propos de l’homme d’Etat belge constituent la matière essentielle à débattre au dialogue. Or, lorsqu’on sait que concernant les problèmes qui se posent en RDC la position de son ancien colonisateur prévaut sur l’échiquier international, il faut être frappé de cécité politique pour ne pas comprendre la volonté des grands de ce monde sur la RDC.

Les extrémistes de tous bords devraient donc revoir leurs stratégies parce que la RDC est un patrimoine qui appartient à plus de 60 millions d’âmes. Ils ne peuvent se permettre de le prendre en otage pour la satisfaction de leurs désirs. S’ils ne se ravisent pas, ils ne s’en prendront qu’à eux-mêmes.

[Rombaut Ot]

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