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Mort de KAMANDA : Le silence officiel du régime « KABILA » laisse à désirer

L’ancien vice-président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), le sénateur Jacques Djoli, a exprimé mercredi ses regrets sur « le silence absolu observé par les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Recherche scientifique », depuis la disparition tragique, le 21 janvier 2016 à Kinshasa, de Me Gérard Kamanda wa Kamanda, ancien secrétaire général adjoint de l’OUA. « Nous regrettons le silence officiel du gouvernement, plus particulièrement du Premier ministre Matata Ponyo, sur la mort de Kamanda wa Kamanda, ce grand commis de l’Etat », a-t-il stigmatisé dans un entretien à Lepotentielonline.com. « Les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Recherche scientifique devraient observer ne fut-ce qu’une minute de silence à la mémoire de l’illustre disparu », a-t-il fait remarquer. « Nous espérons que les funérailles dignes seront organisées pour rendre hommage à l’une de ces grandes figures de la scène politique congolaise », a souligné le sénateur Jacques Djoli.

La dépouille de Me Gérard Kamanda wa Kamanda, avocat près la Cour suprême de justice (CSJ) de la RD Congo et président du Font commun des nationalistes (FCN, Opposition) décédé le 21 janvier 2016 à Kinshasa, sera inhumée à samedi 30 janvier au cimetière « Entre Ciel et Terre » à l’issue d’une messe célébrée à la Cathédrale Notre Dame du Congo par le Cardinal Laurent Monsengwo.

Le programme des funérailles rendu public par la famille biologique de l’illustre disparu prévoit la levée du corps vendredi à 13h00 de la Clinique de Ngaliema, suivie de son passage au ministère des Affaires étrangères, avant l’exposition du corps au Palais du Peuple.

Selon un communiqué du protocole de la Cour Suprême de Justice, il est prévu le même jour à 14h30 une audience solennelle et publique dans la grande salle à la mémoire de Me Kamanda wa Kamanda.

La séance de l’audience solennelle va se dérouler en présence du président de la Cour constitutionnelle, du président de la Cour suprême de justice , des membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), des magistrats de la CSJ, de la Haute Cour militaire, de l’Auditorat général des FARDC, des agents de l’ordre judiciaire et des avocats.

L’ancien secrétaire général-adjoint de l’OUA, dont l’expertise a contribué à l’avancement des réformes démocratiques de la RDC, est décédé à Kinshasa à l’âge de 75 ans, ayant réussi de son vivant à garder intact son statut d’opposant face au régime en place.

« Le FCN ne sera jamais abandonné »

« Le Font commun des nationalistes, légué aux Congolais par son leader Kamanda wa Kamanda, ne sera jamais abandonné », a déclaré jeudi 28 janvier 2016 à Kinshasa le secrétaire national chargé de l’organisation du parti, Adolphe Mutumosi.

« Et nous n’abandonnerons jamais le FCN. Personnellement, je me battrai pour faire vivre et passer aux générations futures cette flamme vivifiante du nationalisme positif que Me Kamanda wa Kamanda a léguée aux Congolais », a-t-il confié à la presse.

L’ancien secrétaire général-adjoint de l’OUA « a créé le FCN pour revivifier l’amour patriotique des pères de l’indépendance qui voulaient un Congo libre, souverain, maître de son destin et gâchette d’un revolver en Afrique de Frantz Fanon », a souligné M. Mutumosi.

Il a expliqué que « la philosophie du FCN est de bannir le culte de personnalité et de défendre la Nation comme une communauté composée de vivants, de morts et de ceux qui vont naître », a-t-il expliqué.

« C’est une communauté qui prend ses repères dans le passé et se projette dans l’avenir. Nous, les vivants, nous ne sommes qu’un maillon dont le rôle est de maintenir la chaine solide dans l’unité et de prospérer à tous égards », a-t-il insisté.

A en croire le conseiller politique privé de Me Kamanda wa Kamanda , « le FCN entend créer, au cœur de l’Afrique , un Etat libre, prospère et habité par un peuple dynamique et panafricain ».

Le sénateur Djoli déplore « le silence officiel du gouvernement »

L’ancien vice-président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), le sénateur Jacques Djoli, a exprimé mercredi ses regrets sur « le silence absolu observé par les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Recherche scientifique », depuis la disparition tragique, le 21 janvier 2016 à Kinshasa, de Me Gérard Kamanda wa Kamanda, ancien secrétaire général adjoint de l’OUA.

« Nous regrettons le silence officiel du gouvernement, plus particulièrement du Premier ministre Matata Ponyo, sur la mort de Kamanda wa Kamanda, ce grand commis de l’Etat », a-t-il stigmatisé dans un entretien à Lepotentielonline.com.

« Les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Recherche scientifique devraient observer ne fut-ce qu’une minute de silence à la mémoire de l’illustre disparu », a-t-il fait remarquer.

« Nous espérons que les funérailles dignes seront organisées pour rendre hommage à l’une de ces grandes figures de la scène politique congolaise », a souligné le sénateur Jacques Djoli.

Il salue en Me Kamanda wa Kamanda « un grand africaniste, un humaniste africain, un personnage – clé de la race des seigneurs, une haute stature intellectuelle, scientifique, diplomatique, un formateur et un modèle, à l’échelle du continent et sur la scène internationale ».

« On ne peut que regretter la mort de ce grand juriste, pur jus de l’Université congolaise », s’est-il désolé, affirmant que « Me Kamanda est de la race d’Ilunga Kabongo, de Mulumba Lukoji et de Lihau Marcel, une vraie expression de la qualité de formation de l’Université Lovanium » de Kinshasa. « Au-de là de l’intellectuel, Gérard Kamanda, c’est le nationaliste. C’est lui qui s’est battu au sein de l’Union générale des étudiants congolais (UGEC), jetant les bases du nationalisme congolais », a rappelé Jacques Djoli, rillant avocat du droit public congolais.

« Nous espérons que Kamanda wa Kamanda méritera de la Nation et que la Nation sera reconnaissante envers cette intelligence inouïe. Ce modèle d’homme aura, au crépuscule de sa vie, refusé la compromission qui fait qu’il soit mort dans la simplicité, dans l’humilité de ceux qui refusent parfois les discours de gloire vaine des tapis rouges inutiles », a souhaité le sénateur Djoli, également professeur ordinaire à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa.

Gérard Kamanda wa Kamanda, qui est le leader du FCN, est mort à Kinshasa en gardant intact son statut d’opposant au régime au pouvoir en place.

« Devenu collaborateur de Mobutu avec l’intervention des nationalistes »

Me Gérard Kamanda wa Kamanda, l’une de grandes figures de la scène politique congolaise « s’en va, au moment où la Nation a besoin de son expertise pour les dossiers urgents au service de la collectivité nationalité », a regretté le conseiller politique privé du président du Front commun des nationalistes, Adolphe Mutumosi.

Décédé le 21 janvier à Kinshasa, l’ancien secrétaire général-adjoint de l’OUA a été admis d’abord aux soins d’urgences et ensuite aux soins intensifs de la formation médicale Médecins de Nuit Clinique, « où il a eu ainsi très peu de chances de s’en tirer », selon des sources crédibles.

Adolphe Mutumosi a présenté Me Kamanda comme « une personnalité-clé de la haute stature intellectuelle, scientifique, diplomatique et de la race des seigneurs; un fin stratège dynamique, acquis à la cause du changement, du respect absolu de la dignité humaine et des réformes démocratiques à l’échelle nationale ».

Il a notamment évoqué la désignation à l’époque de Me Kamanda à la Présidence de la République, à l’issue d’une réunion des nationalités organisée à la résidence de M. Mombele, l’un des notables de la ville de Kinshasa aux côtés du patriarche Antoine Gizenga, l’actuel secrétaire général du Parti Lumumbiste Unifié (PALU).

Cela s’était passé ans la commune de Limite, où ils avaient promis leur appui au président de la République, au cas où il partagerait leurs thèses politiques.

« Mombele et Gizenga étaient reconnus comme des nationalistes qui s’opposaient à Mobutu lors de sa prise du pouvoir le 24 novembre 1965 », a rappelé Adolphe Mutumosi, également secrétaire national chargé de l’Organisation du FCN.

« Le président Mobutu disait qu’il s’opposait au nationalisme et qu’il poursuivait la pensée de Patrice Emery Lumumba. Si Mobutu était réellement d’accord avec Lumumba et qu’il le proclame héros national, c’était sur l’initiative des nationalistes réunis à la résidence de M. Mombele. Ce sont les nationalistes qui ont proposé le jeune avocat Kamanda à Mobutu, puisqu’il leur avait demandé un collaborateur qui devait travailler avec lui », a-t-il soutenu.

« Avant même qu’il soit nommé à la Présidence de la République, Me Kamanda a présenté au président Mobutu le discours qui proclamait Patrice Emery Lumumba +héros national+. Ayant lu ce discours, le président Mobutu avait récolté un franc succès auprès des nationalistes congolais éparpillés à travers le monde », a-t-il témoigné.

« Les nationalistes disaient que c’est Me Kamanda qui a rendu Mobutu populaire, après l’avoir exhorté à proclamer Patrice Emery Lumumba héros national », a précisé Adolphe Mutumosi, coupant ainsi court à la rumeur selon laquelle Gérard Kamanda aurait été « recommandé par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Justin-Marie Bomboko », qu’il avait pris l’habitude de fréquenter au Restaurant du Zoo à Kinshasa.

« Le seul message, que Me Kamanda m’a donné lui-même de son vivant et qu’il répétait constamment, est de rester loyal vis-à-vis du pays, de croire en son destin et à son peuple, de croire que s’il y a un Dieu juste qui aime les justes, Il aidera le Congo et son peuple à se libérer de toutes les forces contraignantes négatives et à prospérer », a révélé Mutumosi.

Il a rappelé que « Me Kamanda, alors secrétaire général de l’Union générale des étudiants congolais (UGEC), Me Kamanda, a eu à jouer le rôle du premier secrétaire des la jeunesse estudiantine du Parti lumumbiste unifié (PALU ».

« Nous sommes allés voir le patriarche Antoine Gizenga dès son retour d’exil en 1990 en sa résidence de Limite avec Me Kamanda, muni de sa carte de membre du PALU », a ajouté le conseiller politique privé de l’ancien vice – Premier ministre en charge de la Justice.

« Un grand Mobutiste s’est envolé »

« Un grand intellectuel part ! Emportant en lui et avec lui, un grand Juriste, un grand Diplomate, un grand Joueur politique de cartes, un grand Homme d’Etat pour dire un grand Commis de l’Etat. Son âme s’en est allée, mais comme une poudre magique, qu’elle répande sur la RDC, sur sa jeunesse surtout : son expérience, sa compétence, ses connaissances », regrette l’ancien ministre de l’Information Yezu Kitenge, dans la déclaration suivante.

« Nous avions plusieurs choses en commun :

– Sur le plan politique: Nationaliste, humaniste, à gauche.
Il était habitué et il aimait le combat, le duel, et même, le corps à corps. Il n’était pas jusqu’au-boutiste, tout comme il n’abandonnait jamais!
– Sur le plan social : Pour l’économie sociale. Donner la prépondérance à l’Homme et au Peuple. Bref, l’économie pour et au service de nos populations. Une démarche, en arrière-plan, effrontément marxiste-léniniste.
– Sur le plan philosophique: Humaniste
– Sur le plan littéraire: Polémiste. Nous aimions, il aimait la contradiction.

Le discours contradictoire qui l’a accompagné tout au long de son parcours. Cette contradiction qui fait qu’au moment où tout le monde commence l’année, lui il la termine !

A mon humble connaissance, je ne lui connais de sobriquet, cet inné gentleman, je le nommerai: +L’INTELLECTUEL+.

Il impressionnait, surtout pas par sa taille, mais beaucoup plus par son allure, sa tenure, sa diction, son érudition, sa maîtrise. Lui, il méritait d’être appelé, Maître. Et Maître, il le demeurera toujours!

Et fait de dicton, il avait la langue pendue, et, et… au bon endroit!

Il est à l’Orient éternel où siègent dans l’au-delà les Francs-Maçons probes et justes; il fut, il en est un !

L’homme des grands chocs nobles aura désormais pour seul bruit, le silence! ».

[Jay Faustin Kumwaf]

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