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RDC : Dérives d’un régime dictatorial

Dernière mise à jour, le 14 janvier 2018 à 01:07

En République démocratique du Congo (RDC), le parti d’opposition « Envol » ne pourra pas tenir son congrès, comme prévu, du 29 au 31 janvier 2016 à Nioki, dans la province de Maï-Ndombe ; les autorités ayant interdit les rassemblements politiques.

Cette interdiction se maintiendra jusqu’à la fin du dialogue national inclusif, un dialogue qui n’a toujours pas commencé et pour lequel aucune date n’a été fixée pour l’instant.

Les opposants du parti Envol assurent avoir suivi la procédure. Ils ont prévenu le chef de la cité de Nioki mais, depuis, une autre autorité, le commissaire spécial adjoint du Maï-Ndombe, a fait savoir que les rassemblements politiques étaient interdits.

Joint par RFI, le président du mouvement Envol dénonce une décision contre son parti. « Nous sommes sous un régime qui ne se cache plus et qui devient un régime dictatorial, disons-le, où les libertés fondamentales sont bafouées. La liberté d’opinion n’est pas respectée, la liberté de manifester n’est pas garantie, la liberté de réunion – y compris pour les organes naissants politiques de l’opposition – n’est pas observée », a déclaré Delly Sesanga.

Le responsable qui a signé l’interdiction, Job Antoine Massamba Malika, est le commissaire spécial adjoint dans la province de Maï-Ndombe I explique que l’autorité compétente en la matière est justement la province et non pas la cité et qu’il aurait dû être prévenu et ce, quinze jours minimum, avant l’ouverture du congrès.

« Il s’agit éventuellement d’un risque pour la sécurité. Nous devons être saisis pour prendre les mesures d’encadrement parce que s’il y a un débordement, que vont me dire les autorités du pays ? », a souligné le commissaire spécial adjoint de la province de Maï-Ndombe.

Le parti Envol se réunira ce week-end pour décider de la marche à suivre et notamment pour savoir si oui ou non il faut quand même essayer d’organiser le congrès la semaine prochaine.

«Le dialogue est toujours la voie royale pour parvenir à un résultat», selon Edem KOdjo.

« Nous avons mené un peu d’expériences en Afrique. Nous savons que lorsque les situations se coincent, le dialogue est toujours la voie royale pour parvenir à un résultat », a affirmé mardi 19 janvier, l’envoyé spécial de l’Union africaine, Edem Kodjo. L’émissaire africain s’est entretenu avec le chef de l’Etat congolais mardi à Kinshasa.

« Mme la présidente de l’Union africaine m’a dépêché ici pour voir avec le président (de la République) et avec les responsables des parties prenantes de la donne congolaise les voies et moyens de mettre tout le monde ensemble autour d’une table pour un dialogue », a ajouté Edem Kodjo.

Dans le cadre de sa mission, il prévoit des entretiens avec les membres de la classe politique congolaise et différentes composantes de la nation. « On verra bien ce qui adviendra », a-t-il lâché. L’ancien secrétaire général de l’Union africaine et ancien Premier ministre togolais a été désigné par l’UA pour mener des consultations en vue du dialogue national annoncé par le chef de l’Etat. il est arrivé à Kinshasa mardi 19 janvier. Avant de discuter avec le président Kabila, il a échangé avec les présidents de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de l’Assemblée nationale.

La mission de l’émissaire de l’Union africaine est réactivée, alors que l’opposition dénonce les méthodes utilisées par la police congolaise pour l’empêcher d’honorer la mémoire des victimes des manifestations du 19 janvier 2015. Plusieurs conférences-débats ainsi que des messes du souvenir étaient prévues à cette occasion, mais à Kinshasa, la police est intervenue, au motif que leurs organisateurs auraient «incité» le peuple congolais «à la révolte». Des accusations que l’opposition a démenties de façon ferme.

Jean-Lucien Bussa, modérateur de la Dynamique de l’opposition, déplore « le non-respect de la liberté de culte » mais aussi « le non-respect de la liberté de réunion », estimant que les interventions des forces de l’ordre sont « contraires à notre Constitution ».

« D’une part il y avait des militaires, des policiers qui ont assiégé les lieux de manifestation. D’autre part, il y en a qui ont assiégé les églises. Dans d’autres endroits, on a utilisé des catchers, des jeunes gens drogués qui sont aujourd’hui organisés en milices pro-gouvernementales, qu’on a envoyé disperser les populations venues assister aux conférences et qui se préparaient à aller dans les églises », rapporte Jean-Lucien Bussa.

« Le bilan est d’au moins 100 personnes arrêtées, dénonce-t-il. Mais grâce à la Monusco et à nos efforts respectifs, toutes ces personnes ont été libérées. »

Troubles à Nioki

Le secrétaire national du parti Envol, Justin Kuma Kuma, a fait état des préparatifs du congrès du parti prévu du 29 au 31 janvier 2016 à Nioki, dans la province de Bandundu au nord-est de Kinshasa. Ces préparatifs ont été perturbés par les autorités..« On nous empêche de préparer ces congrès et pour bien nous en empêcher, on a confisqué nos banderoles, on a confisqué nos panneaux qui appellent nos cadres-militants à soutenir le congrès du parti », s’indigne-t-il.

« On les a saccagé parce qu’on ne veut pas que nous puissions nous prononcer même dans le cadre de l’exercice de la démocratie dans un parti. Nous revendiquons le respect de la liberté, la liberté publique. », a-t-indiqué.

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