mardi , 22 mai 2018
Accueil / Élections / RDC : G7, une opposition moderne ?

RDC : G7, une opposition moderne ?

Organiser le même jour les élections provinciales, législatives et présidentielle. Et ce, dans le délai constitutionnel. Pour le G7, ce pari est tout à fait tenable. En guise de bonne résolution pour la nouvelle année, cette plateforme de l’Opposition a démontré, le jeudi 14 janvier, la faisabilité de ce challenge. Pour le G7, une fois que la tripartite Majorité- Opposition-CENI à convoquer dans les plus brefs délais aura aplani les divergences, un calendrier électoral qui respecte le timing constitutionnel peut être publié. Et le G7 d’y aller de son schéma : 1er trimestre 2016 : acquisition des kits et du matériel d’enrôlement ; 2ème trimestre : révision du fichier électoral ; 3ème trimestre : mise à jour du cadre légal, convocation du scrutin et dépôt des candidatures ; 4ème trimestre : élections provinciales, législatives et présidentielle. Et si avec le G7, l’Opposition cessait de ne se conjuguer qu’en terme de contestation pour finalement devenir une force de proposition ? En tout cas, face au flottement ambiant, la plateforme chère à Mwando, Lumbi, Kyungu, Lutundula… se distingue par des propositions concrètes. C’est aussi cela qu’on attend d’une opposition moderne.

La plate forme G7 demande à la commission électorale nationale indépendante de convoquer dans le plus bref délai, la tripartite majorité-opposition-CENI afin d’aplanir les divergences sur les aspects du processus électoral. Tel est l’essentiel du message de ce groupe, fait devant la presse, le week-end à leur siège. Le député Lutundula qui a lu cette déclaration fait savoir que la centrale électorale doit publier, après cette tripartite, un calendrier électoral consensuel qui respecte les détails constitutionnels. Plaçant ainsi les acteurs politiques et sociaux, le gouvernement et les partenaires extérieurs de la RDC devant leurs responsabilités respectives, a -t-il poursuivi.

Le G7 propose déjà un calendrier après la tripartite. Il s’agit du 1èr trimestre 2016 de l’acquisition des Kits et du matériel d’enrôlement ; 2ième trimestre de la révision du fichier électoral ; 3ième trimestre de la mise à jour du cadre légal, convocation du scrutin et dépôt des candidatures et au 4ième trimestre l’organisation des élections provinciales, législatives et présidentielle. Et d’ajouter, ces trois scrutins peuvent se tenir le même jour.

Cependant, cette plate-forme engagée dans la défense de la Constitution demande aussi à la CENI d’alléger le calendrier électoral en ne retenant en 2016 que les élections à caractère national et provincial. A ce sujet, a indiqué Christophe Lutundula, « le G7 réitère son invitation à la majorité présidentielle et aux institutions qu’elle malmène depuis un certain temps, à faire preuve de réalisme et de responsabilité en acceptant le report à plus tard des élections locales, municipales et urbaines afin de le mieux les préparer ».

Par ailleurs, le G7 est convaincu que si les obstacles politiques, administratifs et financiers sont levés rapidement et que la CENI gère techniquement et de bonne foi les activités opérationnelles, la collecte des données sur le terrain peut se terminer en juin 2016 et le processus peut reprendre son cours normal.

LE G7 INTERPELLE LE GOUVERNEMENT

Dans sa déclaration du week-end, la plate-forme qui lutte pour l’alternance démocratique invite le gouvernement de la République à convenir avec la CENI et les partenaires d’appui un plan de décaissement irrévocable des ressources de l’ordre de 580 millions, prévues pour les élections au budget de l’Etat pour l’exercice 2016. Que le gouvernement allège et accélère les procédures d’acquisition des kits d’enrôlement et du matériel électoral. S’agissant de l’enrôlement des congolais de la diaspora, le G7 demande au gouvernement de constituer, au premier trimestre de cette année, un fichier consulaire qui servira de base.

Face aux diverses menaces à la démocratie et à la cohésion nationale, cette plate-forme qui milite pour le respect de loi fondamentale interpelle la conscience civique et morale de ceux qui dirigent le pays pour le moment afin qu’ils libèrent la démocratie et le processus électoral. Et créer les conditions de la décrispation politique ainsi que la restauration de la confiance mutuelle entre toutes les composantes de la nation.

Ainsi, cette plate-forme dirigée par Charles Mwando Nsimba déplore la politique actuelle de la MP et de son gouvernement qui consiste à laminer l’opposition notamment par la création des dissidences artificielles, à confisquer illégalement les médias publics et les biens privés, à restreindre les libertés collectives et individuelles, à organiser des violations des droits de l’homme et aussi à s’octroyer le monopole de l’organisation des manifestations politiques. D’après le G7, ce comportement ne fait que polluer davantage le climat politique et augmenter la tension au sein de la population.

Dans son introduction, le Président de G7 a fait savoir que 2016 est une année de haute sensibilité politique pour la RDC. Charles Mwando Nsimba note que cette année est cruciale pour la consolidation de la démocratie, de la paix, de la cohésion nationale et de la stabilité institutionnelle en RDC. C’est ainsi que, a-t-il fait remarquer, cette plate-forme pour les élections démocratiques et crédibles a tenu à faire connaitre au peuple congolais et à l’opinion internationale sa position sur la situation politique de l’heure ainsi que le schéma qu’il propose pour sortir la RDC de cette crise artificielle dans laquelle elle est inutilement plongée depuis quelques temps.

[Mathy MUSAU]

== // ==

MOT D’INTRODUCTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU G7 DE JEUDI 14 JANVIER 2016

Mesdames et Messieurs de la presse,

Au nom du G7, je voudrais vous remercier d’avoir bien voulu répondre à notre invitation à ce premier point de presse de l’année 2016 que nous tenons, du reste, pour la première fois à notre siège.

Comme d’aucuns l’affirment, l’année 2016 est une année de haute sensibilité politique dans notre pays. Elle est cruciale pour la consolidation de la démocratie, de la paix, de la cohésion nationale et de la stabilité institutionnelle en République Démocratique du Congo.

En effet, aux termes de la Constitution, cette année est essentiellement électorale. Elle sera marquée du sceau historique de la première alternance démocratique à la présidence de la République, car un nouveau Chef de l’Etat devra être élu en novembre prochain, en remplacement de l’actuel qui ne peut plus briguer un troisième mandat présidentiel en vertu de l’article 70 de la Constitution. Au cours de la même année, l’Assemblée nationale sera renouvelée. Il en sera de même pour les assemblées provinciales et le Sénat dont les mandats des membres élus en 2007 ont été portés au-delà du terme constitutionnels de 5 ans par suite de l’incapacité du pouvoir actuel d’organiser les élections provinciales.

Cependant, à cause des multiples entraves politiques, financières et administratives dressées par la Majorité présidentielle qui s’accroche à tout prix au pouvoir, le processus électoral est bloqué ou, en tout cas, connaît un retard inquiétant. La tension politique monte dans le pays chaque jour davantage et les oiseaux des mauvais augures annoncent déjà l’apocalypse dans les jours à venir.

Le G7 est convaincu qu’il est encore possible de mieux faire, de vaincre ce pessimisme ambiant et de remettre en confiance notre Peuple et les partenaires extérieurs de la RDC.

C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs de la presse, en ce début d’année, le G7, plate-forme résolument engagée dans la défense de la Constitution et dans la lutte pour l’alternance démocratique par des élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles dans les délais constitutionnels, a tenu à faire connaître au Peuple congolais et à l’opinion internationale sa position sur la situation politique de l’heure ainsi que le schéma qu’il propose pour sortir la RDC de cette crise artificielle dans laquelle elle est inutilement plongée depuis quelques temps.

La Déclaration politique du G7 qui vous sera lue tout à l’heure dévoilera cette position et ce schéma.

Nos vœux les meilleurs de paix, d’unité nationale toujours renforcée et de prospérité au Peuple congolais.

Que Dieu le Tout Puissant protège et bénisse vos familles et vous-mêmes.

Je vous remercie.

Kinshasa, le 14 janvier 2016

Le Président en exercice du G7

Charles Mwando Nsimba

Député national

== // ==

DECLARATION POLITIQUE DU G7 DU 14 JANVIER 2016

… Le G7 croit fermement qu’il est possible d’organiser les élections dans les délais constitutionnels. A cet effet, il invite avec insistance le Gouvernement de la République à

1. Alléger et accélérer les procédures d’acquisition des kits d’enrôlement et du matériel électoral en recourant aux appuis des partenaires extérieurs comme l’Union européenne, qui est disponible et le PNUD qui a fait ses preuves en 2006 dans le cadre des procédures d’urgence, complétées éventuellement par des achats de gré à gré comme en 2011 ;

2. Convenir avec la CENI et les partenaires d’appui un plan de décaissement irrévocable des ressources de l’ordre de 580 millions USD, prévues Pour les élections au Budget de l’Etat pour l’exercice 2016.

Au regard des prévisions des dépenses de la CENI, ce montant est suffisant pour couvrir les charges relatives aux nationaux et provinciaux ;

3. Recourir à la MONUSCO, comme en 2006 avec la MONUC, pour le déploiement du matériel et du personnel électoral sur base de la Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, n° 2211 du 26 mars 2011 ;

4. En prévision de l’enrôlement des Congolais de la diaspora, constituer au premier trimestre de cette année, un fichier consulaire qui servira de base.

A la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, dont l’image s’est beaucoup ternie et la crédibilité sérieusement émoussée dans l’opinion, le G7 demande de cesser de se mêler des débats politiques et de ne plus se soumettre servilement aux injonctions de la Majorité présidentielle, pour se consacrer exclusivement à son n travail technique.

A ce sujet, le G7 stigmatise les récentes déclarations du Président de la CENI devant les églises de réveil et à la station de télévision TVS1 selon lesquelles, d’une part, la publication du calendrier électoral est subordonnée à la conclusion d’un accord politique dans le cadre du dialogue national (convoqué par le chef de l’Etat) et, d’autre part,  » la CENI est prête à publier un calendrier de glissement  »

En tenant des tels propos qui n’ont aucun fondement légal, le Président de la CENI fait, à l’évidence, le jeu de la Majorité présidentielle dont il reprend publiquement les positions, et viole intentionnellement la Constitution. La CENI est tenue par l’autorité de celle-ci, de la loi électorale et de celle portant son organisation et son fonctionnement. Elle ne peut subordonner l’accomplissement de sa mission constitutionnelle à un quelconque accord politique et n’a aucune compétence de sortir un calendrier électoral de glissement, car celui-ci serait contraire aux textes légaux évoqués ci-dessus.

Le G7 déplore aussi la remise en cause par le Bureau actuel de la CENI du marché d’acquisition des kits électoraux dont l’urgence est indiscutable, pour des motifs peu convaincants. Il est, en effet, inconcevable que le Gouvernement et le Bureau Central de Coordination (BCECO) se soient engagés dans la passation d’un tel marché en l’absence de toute demande préalable de la CENI et en dehors des règles de procédure en la matière. La conséquence logique de l’attitude du nouveau Bureau de la CENI qui prétend lancer un appel d’offre international, sachant bien que cet appel ne pourra aboutir avant 6 mois, est sans doute de retarder davantage et à dessein le processus électoral, ce qui ne peut être accepté par les Congolais, impatients de choisir de nouveaux mandataires politiques dans le cadre des élections prévues en 2016.

Le G7 demande au Bureau de la CENI et à son Président qui vient d’engager des consultations avec les confessions religieuses, de :

1. Convoquer, comme par le passé et dans le plus bref délai, la tripartite Majorité-Opposition-CENI afin d’aplanir les divergences sur les aspects du processus électoral qui le requièrent ;

2. Publier, après cette tripartite, un calendrier électoral consensuel qui respecte les délais constitutionnels, plaçant ainsi les acteurs politiques et sociaux, le Gouvernement de la République et les partenaires extérieurs de la RDC devant leurs responsabilités respectives. De l’avis du G7, ce calendrier devra être structuré comme suit :

 » 1er trimestre 2016 : Acquisition des kits et du matériel d’enrôlement

 » 2ème trimestre 2016 : révision du fichier électoral ;

3ème trimestre 2016 : mise à jour du cadre légal, convocation du scrutin et dépôt des candidatures ;

o 4ème trimestre 2016 : élections provinciales, législatives et présidentielle. Ces 3 scrutins peuvent se tenir le même jour.

3. Démarrer sans tarder la révision du fichier électoral sur base des recommandations de la mission d’audit de l’OIF par l’enrôlement de nouveaux majeurs qui n’est pas une question politique. Cette option avait été déjà levée par la CENI elle-même dans le calendrier électoral global publié le 12 février 2015, à la place de la refonte de ce fichier. La révision du fichier électoral est possible dans le délai compatible avec les exigences constitutionnelles (cft rapport de la mission d’audit de POIF). En février 2015 par la CENI a évalué à environ 8 mois la période de réalisation de cette opération (y compris l’achat des kits d’enrôlement additionnels) ;

4. Alléger le calendrier électoral en ne retenant en 2016 que les élections à caractère national et provincial, car celles-ci procèdent d’une contrainte constitutionnelle (constitution art 73, 103 al 1, 197 al 4 et 198 a12) et présentent, en plus, l’avantage de consolider les acquis d’un exercice républicain démocratique déjà entamé.

C’est ici le lieu pour le G7 de réitérer son invitation à la Majorité présidentielle et aux institutions qu’elle malmène depuis un certain temps, à faire preuve de réalisme et de responsabilité en acceptant le report à plus tard des élections locales, municipales et urbaines qui relèvent plutôt de la loi électorale (art 118, 175, 183, 193, 199, 209 et 2015), afin de mieux les préparer, d’achever les travaux de délimitation et de stabilisation de la cartographie administrative des entités concernées, ainsi que l’implantation des tribunaux de paix en charge du contentieux électoral des entités de base.

Le G7 est convaincu que si les obstacles politiques, administratifs et financiers sont levés rapidement et que la CENI gère techniquement et de bonne foi les activités opérationnelles, la collecte des données sur le terrain peut se terminer en juin 2016 et le processus peut reprendre sont cours normal. Cette tâche incombe d’abord au Gouvernement de la République pour lequel l’organisation régulière des élections démocratiques est une charge constitutionnelle au même titre que la défense nationale, la sécurité des personnes et des biens, la justice, l’administration du territoire national, la prospérité économique du pays et le bien-être social de la population.

Aux partenaires extérieurs de la République Démocratique du Congo, le G7 demande de faire diligence dans la matérialisation des annonces des contributions au processus électoral qu’ils ont faites et de prendre en charge l’acquisition des kits et du matériel électoral dans le cadre du Projet d’Appui au Cycle Electoral au Congo (PACEC), de manière à enlever tout alibi financier aux tentatives de report à l’infini des élections.

Face aux diverses menaces à la démocratie, à la cohésion nationale et à l’avenir de la RDC, le G7 interpelle la conscience civique et morale de ceux qui dirigent le pays pour le moment afin qu’ils libèrent la démocratie et le processus électoral et créer les conditions de la décrispation politique ainsi que de restauration de la confiance mutuelle entre toutes les composantes de la Nation.

La politique actuelle de la Majorité présidentielle et de son Gouvernement consistant à laminer l’Opposition notamment par la création des dissidences artificielles, à confisquer illégalement les médias publics et les biens privés, à restreindre les libertés individuelles et collectives, à organiser les violations des droits de l’Homme, à intimider et à bâillonner les voix discordantes aux thèses du pouvoir, à s’octroyer le monopole de l’organisation des manifestations politiques et à brandir, à longueur de journées, la menace de guerre civile, n’est ni une vertu démocratique, ni une preuve d’une gouvernante à la hauteur des attentes et espérance du Peuple congolais. Bien au contraire, elle ne fait que polluer davantage le climat politique et augmenter la tension au sein de la population. Le G7 demande au Président de la République d’y mettre fin dans l’intérêt de tout le monde, Majorité, Opposition et société civile.

Le G7, plate-forme de l’Opposition, réitère son engagement actif aux côtés des autres forces politiques et sociales au sein du FRONT CITOYEN 2016 dans la lutte pour le respect de la Constitution, l’alternance démocratique et l’organisation des élections libres, transparentes, pluralistes et crédibles en RDC dans les délais constitutionnels.

Kinshasa, le 14 janvier 2016

Pour le G7

Le Président en exercice

Charles Mwando Nsimba

Député national

Published By www.KongoTimes.info – © KongoTimes! – All Rights Reserved.

Cet article a été lu 2801 fois

A lire aussi

Kidnapping : Nouvelle arme de survie des milices en RDC

Le kidnapping devient une nouvelle arme de survie des milices en République démocratique du Congo. …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer