lundi , 16 juillet 2018
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RDC : Des élections en 2016 relèvent de l’utopie

En réalité, la CENI ne voudrait pas porter à elle seule la dérive du processus électoral. Aussi s’est-elle lancée dans une vaste campagne de pédagogie pour d’un côté, présenter ses difficultés, et de l’autre, confirmer le fait accompli d’un glissement du cycle électoral qui devient de plus en plus inévitable. En conditionnant la publication d’un calendrier électoral réaménagé à un consensus entre les forces politiques, la CENI est consciente d’avoir piégé à l’avance le processus en cours. Connaissant bien les milieux politiques de la RDC, la CENI sait pertinemment bien qu’aucun compromis ne pourrait sortir dans les tout prochains mois. L’enlisement du dialogue en dit déjà quelque chose. (…) Dépassé par le poids de la charge, Corneille Nangaa n’a trouvé mieux que de se réfugier derrière un éventuel compromis politique pour dissimuler son incapacité à relancer le processus par la publication d’un calendrier électoral global. Son argumentaire n’a rien de solide. C’est du béton mais non armé. Par quel miracle la CEI a été en mesure de proposer en 2006 un calendrier électoral? Par quelle magie, la CENI de Ngoyi Mulunda- malgré son piteux bilan – est parvenu à une programmation des élections en 2011 ?

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est lancée dans un travail méthodique de pédagogie pour préparer les esprits au glissement. C’est par les confessions religieuses que le président de la CENI, Corneille Nangaa, a inauguré la série de consultations qu’il se propose d’étendre à d’autres parties prenantes au processus électoral. Si la CENI ne le dit pas encore tout haut, elle est pleinement engagée dans le schéma du glissement. Car, techniquement, des élections en 2016 relèvent presque de l’utopie. Il faut s’attendre à des jours très agités.

Quel est donc ce calendrier électoral réaménagé qui s’élabore dans le plus grand secret à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ? Dans l’opinion, il y a eu des commentaires diffus.

Certains ont cherché à prendre d’assaut la forteresse de la centrale électorale pour comprendre ce qui se tramait dans ses coulisses. Ils ont vite été édifiés. Car, c’est le président de la CENI, lui-même, en l’occurrence, Corneille Nangaa, qui s’est chargé d’éclaircir l’énigme. C’est le sens de la série de consultations qu’il a démarrées par les confessions religieuses en RDC. De fil en aiguille, des observateurs ont compris les vraies intentions de la CENI.

A la recherche d’un bouc-émissaire

En réalité, la CENI ne voudrait pas porter à elle seule la dérive du processus électoral. Aussi s’est-elle lancée dans une vaste campagne de pédagogie pour d’un côté, présenter ses difficultés, et de l’autre, confirmer le fait accompli d’un glissement du cycle électoral qui devient de plus en plus inévitable. En conditionnant la publication d’un calendrier électoral réaménagé à un consensus entre les forces politiques, la CENI est consciente d’avoir piégé à l’avance le processus en cours. Connaissant bien les milieux politiques de la RDC, la CENI sait pertinemment bien qu’aucun compromis ne pourrait sortir dans les tout prochains mois. L’enlisement du dialogue en dit déjà quelque chose.

Il ne faut pas oublier que c’est depuis des mois que le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a lancé le projet d’un dialogue politique en vue, selon lui, de baliser la voie à un processus électoral véritablement libre et apaisé. Projeté courant 2015, ce dialogue n’a pas pu être convoqué ; la classe politique et d’autres forces de la nation s’étant plongées dans des conditionnalités sans fin. Si bien qu’à ce jour, aucune unanimité ne s’est encore clairement dégagée autour de ce forum national.

Voilà le moment que la CENI choisit pour poser des préalables à la publication d’un éventuel calendrier électoral. Dépassé par le poids de la charge, Corneille Nangaa n’a trouvé mieux que de se réfugier derrière un éventuel compromis politique pour dissimuler son incapacité à relancer le processus par la publication d’un calendrier électoral global.

Son argumentaire n’a rien de solide. C’est du béton mais non armé. Par quel miracle la CEI a été en mesure de proposer en 2006 un calendrier électoral? Par quelle magie, la CENI de Ngoyi Mulunda- malgré son piteux bilan – est parvenu à une programmation des élections en 2011 ? Plus près de nous, Malumalu a rendu public le 12 février 2015 un calendrier électoral, quand bien même il n’aurait pas eu le temps de produire ses effets.

A ces trois rendez-vous, la CENI ne s’était jamais référée à un quelconque compromis entre parties prenantes. Alors, pourquoi en devait-il être le cas sous Corneille Nangaa ? La question vaut son pesant d’or. Y répondre, c’est déjà comprendre le schéma de compromission dans lequel s’est inscrit l’homme par lequel le glissement va être obtenu.

Comme dans une pièce de théâtre où des rôles ont été préalablement distribués, Corneille Nangaa joue parfaitement le sien. Il est convaincu que son institution ne sera pas en mesure de publier un calendrier électoral pour la tenue d’un quelconque scrutin en 2016. Mais, il se propose de jouer à merveille sa partition et s’imagine que l’opinion est dupe. Mon œil ! Comme la Majorité qui l’a placé à ce poste, Corneille Nangaa joue aux manœuvres dilatoires, rassuré que le temps serait de leur côté. Son jeu consiste à faire pourrir la situation pour, enfin, mettre l’opinion devant un fait accompli : le glissement.

La grande inconnue

Dans le schéma suicidaire qui se concocte entre la Majorité et la CENI, il y a une inconnue que tous ne semblent pas intégrer dans leur calcul. C’est le peuple. En janvier 2015, le peuple congolais a démontré qu’il était le seul détenteur du pouvoir qu’il a convenu de déléguer depuis l’Accord global et inclusif de Sun City (Afrique du Sud) à quiconque sollicite son avis par la voie des urnes. De ce point de vue, le peuple n’est pas prêt à se faire voler ce précieux acquis. Il tient à s’exprimer au moyen des élections en cette année reconnue par tous comme éminemment électorale 2016. Ni la Majorité, encore moins la CENI, ne saurait lui arracher ce droit, somme toute légal et légitime. S’y dérober ce serait s’inscrire dans le schéma du saut périlleux.

C’est justement ce schéma que le président de la CENI est allé présenter aux confessions religieuses. En a-t-il mesuré les conséquences désastreuses pour le pays ? Pire, il met une croix sur la démocratie, reléguant la gestion du pays à une affaire de conciliabule entre les forces politiques et sociales. C’est un schéma qui ramène la RDC aux années de crise d’avant l’accord de Sun City.

Que gagnerait la RDC en empruntant cette voie ? N’est-ce pas ouvrir grandement la voie à ceux qui ont toujours rêvé de créer le chaos en RDC en vue de sa balkanisation ? L’on ne devrait pas s’y méprendre !

[lePotentiel]

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