lundi , 26 février 2018
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RDC : l’Eglise déterminée à se battre jusqu’au bout

Les photos des victimes de la marche pacifique des chrétiens du 21 janvier 2018 ont paré, le vendredi 9 février 2018, l’autel de la cathédrale Notre-Dame du Congo. Une messe y a été dite, à l’initiative du CLC, en mémoire de ces Congolais qui ont vu leur destin brisé par des forces de sécurité instrumentalisées par le pouvoir. Au-delà de la douleur que ces morts suscitent, l’église catholique s’assume. ” La marche des chrétiens ne s’arrêtera pas “, a clamé l’officient du jour au nom du cardinal Laurent Monsengwo.

L’Eglise catholique a organisé, vendredi 9 février dans la cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa, une messe de requiem pour recommander les âmes des victimes tuées lors de la marche pacifique du 21 janvier 2018. Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, a concélébré cette messe en présence des représentants des missions diplomatiques, des membres de familles des victimes, de quelques membres du Comité laïc de coordination, de plusieurs personnalités des forces politiques et sociales du changement ainsi que des Congolais anonymes.

Cette messe de requiem a résonné comme la preuve irréfutable que les forces de sécurité de la République démocratique du Congo ont tué des manifestants pacifiques qui n’avaient qu’entre leurs mains un chapelet, une bible, un crucifix ou tout autre objet religieux. La répression brutale de la marche du 21 janvier a fauché la vie de 7 Congolais, tous des jeunes âmes. Des photos de cinq de ces victimes ont été affichées dans l’église devant l’autel.

” La police a tué sa propre fille “

Cette messe a surtout été un moment de réarmement spirituel tant pour les fidèles catholiques traumatisés par la brutalité de la violence lors de deux dernières marches que pour tous les chrétiens et personnes de bonne volonté qui répondent aux appels à la marche du Comité laïc de coordination.

Dans l’homélie faite par M. l’Abbé François Luyeye de la paroisse universitaire Notre-Dame de la Sagesse à l’UNIKIN, l’Eglise catholique n’est nullement résignée encore moins apeurée par la terreur que le pouvoir oppose aux manifestants pacifiques. ” Nos frères qui sont tombés sous les balles de ceux qui sont censés nous protéger sont en ce moment devant le trône de Dieu. Loin de nous, la peur de ceux qui cherchent à faire disparaître les corps de leurs victimes après les avoir assassinés “, a dit l’officiant avant d’appeler les Congolais à poursuivre les marches et, surtout, la résistance.

” Le Comité laïc est applaudir. L’Eglise catholique attend d’autres initiatives du CLC. La marche des chrétiens ne s’arrêtera pas. Nous devons continuer le combat pour un Congo nouveau. Notre mission est d’apporter de la lumière dans les coins et recoins de la République démocratique du Congo “, a dit François Luyeye, sous l’inspiration du cardinal Laurent Monsengwo.

Avant la fin de la cérémonie d’hommage aux victimes de la répression, le professeur Thierry Nlandu, un des leaders du Comité laïc de coordination, a dit l’oraison funèbre. ” Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un nom. Ils ont un âge. Ils ont un visage “, a-t-il dit avant de citer les sept noms : ” 1.Thérèse Kapangala, 2. Hussein Ngandu Kisene, 3. Jackson Kabadiatshi Malango, 4. Benjamin Mwingilau, 5. Serge Kikunda, 6. Mathieu Mfuamba, et 7. un mort par balle non identifié à Lemba au camp Kabila “.

” Ces morts que nous honorons aujourd’hui suscitent de multiples interrogations parmi lesquelles je retiendrai celles du corps innocent de Thérèse. Là où elle se trouve, à cet instant, Thérèse nous interroge tous, en commençant sans doute par son père, officier de police, membre d’un corps dont le rôle est de protéger la vie des citoyens “, a ajouté Thierry Nlandu, évoquant ici le cas de cette jeune aspirante catholique tuée à bout portant à la paroisse Saint François à Kintambo.

Loin de baisser les bras, l’Eglise catholique encourage la poursuite des marches pacifiques, lesquelles ont pour exigence l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 et le respect de la Constitution. Mgr Fridolin Ambongo, le nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa, a indiqué, dans une interview accordée le jeudi 8 février à la radio allemande Deutsche Welle, qu’il allait poursuivre le combat du cardinal Monsengwo. Une façon de faire taire ceux qui pensaient que la position du cardinal n’était largement partagée au sein de l’Eglise catholique. En tout cas, tout indique que les Catholiques sont déterminés, par le truchement du CLC, de mener jusqu’au bout le combat pour l’avènement d’un Etat de droit.

[lePotentiel]

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