lundi , 26 février 2018
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Non à la dictature : l’Eglise en RDC ne se voile plus la face

Lors des marches pacifiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, le Comité Laïc de Coordination a mobilisé plus de 3.000.000 de Congolaises et Congolais qui ont marché pacifiquement pour réclamer l’application intégrale de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Comme seule réponse, le pouvoir a choisi une répression sanglante, affichant ainsi la persistance de son arrogance, de son mépris et de son insouciance. Bref le refus catégorique de prendre en considération les revendications de toute une nation. Une troisième marche pacifique est ainsi programmée, le dimanche 25 février, sur l’ensemble de la République démocratique du Congo, selon un communiqué du CLC daté du 10 février. Ce nouvel appel est lancé au lendemain de la messe de requiem en mémoire des 7 victimes tuées lors de la marche du 21 janvier. Dans ce nouvel appel lancé à tous les Congolais sans distinction d’obédience religieuse ni appartenance politique, le CLC durcit le ton contre la majorité au pouvoir et use des mots durs. Cette troisième marche est pour « dire non à la dictature ». Le CLC ne se voile plus la face.

Après les deux marches pacifiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, le Comité laïc de coordination (CLC) revient en charge pour continuer la lutte pour l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 et le respect de la Constitution.

Une troisième marche pacifique est ainsi programmée, le dimanche 25 février, sur l’ensemble de la République démocratique du Congo, selon un communiqué du CLC daté du 10 février. Ce nouvel appel est lancé au lendemain de la messe de requiem en mémoire des 7 victimes tuées lors de la marche du 21 janvier.

Dans ce nouvel appel lancé à tous les Congolais sans distinction d’obédience religieuse ni appartenance politique, le CLC durcit le ton contre la majorité au pouvoir et use des mots durs.

Cette troisième marche est pour « dire non à la dictature ». Le CLC ne se voile plus la face. La majorité au pouvoir n’a réservé qu’une fin de non-recevoir aux revendications du peuple exprimées lors des deux premières marches. Le chef de l’État Joseph Kabila lui-même, lors de sa conférence de presse du 26 janvier, est resté insensible aux initiatives de marches pacifiques du CLC. Le président de la République a qualifié de « fauteurs de trouble » ceux qui marchent, estimant qu’ils veulent amener la RDC dans une voie incertaine. Le chef de l’État n’a fait aucune concession ni par rapport à la décrispation politique encore moins par rapport à l’ouverture de l’espace politique aux manifestations politiques.

Pire, bien que la Constitution garantit le droit à tous les Congolais de manifester pacifiquement, en tenant juste informée l’autorité de la ville, le président de la République voudrait qu’une loi spécifique viennent règlementer l’organisation des manifestations politiques. Bref, c’est donc le statuquo. Le pouvoir n’entend ni revenir à l’Accord de la Saint sylvestre qui est, selon lui, déjà appliqué ni arrêter avec l’interdiction et la répression des manifestations pacifiques. En revanche, Joseph Kabila et sa majorité veulent que tout le monde s’aligne, sans broncher ni réclamer un quelconque droit, pour les élections prévues le 23 décembre 2018.

Mais, ce serait sans compter avec le courage du Comité laïc de coordination qui dit niet à cette imposture de la Majorité présidentielle. Ainsi, le CLC appelle les Congolais à se mettre « debout pour barrer la route à la présente dictature ». Pour les laïcs catholiques, cette dictature est le « premier obstacle à l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées ». « Nous voulons des élections », clame le CLC. Comme pour répondre au chef de l’État qui veut que l’opposition se prépare aux élections plutôt qu’à organiser des marches, le CLC répond « Oui nous les (ndlr : élections) voulons, libres, démocratiques, transparentes et inclusives ». En clair, le CLC ne veut pas « des élections truquées et manipulées d’avance, qui ne garantissent pas la paix, ni avant ni après les élections ».

C’est donc un CLC déterminé à aller avec des manifestations pacifiques jusqu’au bout face à un pouvoir qu’il juge « arrogant », « méprisant » et « insouciant ». Et de prévenir : « Nous n’irons jamais dans la violence. Nous n’accepterons jamais que des Congolais portent la main sur d’autres Congolais ! Leur violence et leurs balles ne triompheront pas de notre amour du Congo et des Congolais ».

Dans ce communiqué, le CLC interpelle aussi l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies à ne pas se limiter simplement aux condamnations face à un régime qui tue son propre peuple. « Notre peuple interpelle aussi le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’Union Africaine, et l’Union Européenne, afin qu’ils aillent au-delà des condamnations de principe, car ils sont des témoins non seulement du blocage du Processus électoral par le Président Kabila mais aussi des atrocités et de la barbarie qui émaillent ce processus ».

La communauté internationale est ainsi mise devant ses responsabilités pour agir en conséquence. Pour autant, le CLC estime qu’ « il est encore temps d’éviter que la RDC ne sombre dans la violence susceptible d’entrainer toute la sous-région dans le chaos ».

DIMANCHE 25 FÉVRIER 2018 : MARCHONS POUR DIRE NON À LA DICTATURE !

Lors des marches pacifiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, le Comité Laïc de Coordination a mobilisé plus de 3.000.000 de Congolaises et Congolais qui ont marché pacifiquement pour réclamer l’application intégrale de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Comme seule réponse, le pouvoir a choisi une répression sanglante, affichant ainsi la persistance de son arrogance, de son mépris et de son insouciance. Bref le refus catégorique de prendre en considération les revendications de toute une nation.

Trop c’est trop !

Notre peuple ne croit plus en la volonté politique des dirigeants actuels d’assurer une alternance pacifique du pouvoir. En effet, les nombreuses fenêtres d’opportunité offertes à nos dirigeants actuels tant par la communauté nationale qu’internationale ont été volontairement et systématiquement rejetées, réaffirmant ainsi leur volonté de se maintenir au pouvoir sans respect de toute procédure démocratique.

Aussi a-t-il décidé de se mettre résolument debout pour barrer la route à la présente dictature, premier obstacle à l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées. Nous voulons des élections ! Oui nous les voulons, libres, démocratiques, transparentes et inclusives mais pas des élections truquées et manipulées d’avance, qui ne garantissent pas la paix, ni avant ni après les élections.

Pour la 3° fois, le Comité Laïc de Coordination invite le Peuple Congolais, à poursuivre la marche jusqu’à la victoire finale. Nous irons jusqu’au bout de ce régime irrespectueux de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Notre peuple interpelle d’abord

  • Tous ceux qui aujourd’hui sont devenus des ennemis de la Démocratie ;
  • Tous ceux qui cherchent dans nos revendications, d’hypocrites arguments et prétextes pour justifier leur violence et leur barbarie ;
  • Tous ceux qui se rendent complices des crimes en s’opposant à l’organisation d’une enquête indépendante pour identifier, traduire en justice et condamner les tueurs et leurs commanditaires ;
  • Tous ceux qui veulent étouffer les aspirations du peuple congolais à l’alternance et au changement, dans le respect de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

À tous ceux-là qui ne veulent pas comprendre, nous leurs disons : « Nous n’irons jamais dans la violence. Nous n’accepterons jamais que des Congolais portent la main sur d’autres Congolais ! Leur violence et leurs balles ne triompheront pas de notre amour du Congo et des Congolais »

Notre peuple interpelle aussi le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’Union Africaine, et l’Union Européenne, afin qu’ils aillent au-delà des condamnations de principe, car ils sont des témoins non seulement du blocage du Processus électoral par le Président Kabila mais aussi des atrocités et de la barbarie qui émaillent ce processus. Et pourtant, à travers ces manifestations pacifiques, le peuple congolais ne demande que l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre, un Accord largement soutenu par l’ensemble de la Communauté internationale.

Il est encore temps d’éviter que la RDC ne sombre dans la violence susceptible d’entrainer toute la sous-région dans le chaos.

Ce 25 février 2018, où que nous soyons, au Congo ou à l’étranger, quelles que soient nos appartenances religieuses, associatives, politiques ou professionnelles ;

LEVONS-NOUS ET MARCHONS pour dire NON à la dictature ;

DRESSONS NOS FRONTS ET MARCHONS pour dire NON à toutes les atrocités dont notre peuple est victime ;

DEBOUT CONGOLAIS ET MARCHONS ! SOYONS PRETS à affronter le pire pour arracher le meilleur, à savoir le respect de notre dignité d’homme et de femme.

Fait à Kinshasa, ce 10 février 2017.

LE COMITE LAIC DE COORDINATION
Thierry Nlandu
Isidore Ndaywel
Justin Okana

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