lundi , 23 avril 2018
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Diplomatie : Le torchon brûle entre « Kabila » et Bruxelles

Contre toute attente, le gouvernement congolais, à travers un communiqué de presse, a levé l’option d’interdire, dans l’immédiat, des activités de la nouvelle agence belge de développement (ENABEL) et le démantèlement du dispositif consulaire dénommé  » Maison Schengen « . Sans nul doute, c’est une guerre qui s’ouvre entre la RDC et le Royaume de Belgique. Sachant que la RDC est politiquement et diplomatiquement faible, une telle décision enfonce, une fois de plus, les Congolais dans une grande difficulté. Qu’est ce qui sous-tend une telle décision prise à la hâte par les autorités congolaises ? Dans un communiqué diffusé récemment, la Belgique regrette « cette annonce qui risque d’empêcher l’agence Enabel d’opérer directement et significativement en faveur de la population congolaise « .

Il est toujours conseiller de tourner la langue sept fois avant de prendre une quelconque décision. Contre toute attente, le gouvernement congolais, à travers un communiqué de presse, a levé l’option d’interdire, dans l’immédiat, des activités de la nouvelle agence belge de développement (ENABEL) et le démantèlement du dispositif consulaire dénommé  » Maison Schengen « . Du coup, le torchon brûle entre Kinshasa et Bruxelles.

Sans nul doute, c’est une guerre qui s’ouvre entre la RDC et le Royaume de Belgique. Sachant que la RDC est politiquement et diplomatiquement faible, une telle décision enfonce, une fois de plus, les Congolais dans une grande difficulté. Qu’est ce qui sous-tend une telle décision prise à la hâte par les autorités congolaises?

En effet, le 10 janvier 2018, la Belgique qui était écœuré de constater les pertes en vies humaines et des blessures en cascade des Congolais lors de la marche du 31 décembre 2017, a annoncé la suspension de sa coopération bilatérale avec la RDC. Elle a souhaité orienté le versement de son aide humanitaire aux populations congolaises via les Organisations non gouvernementales (ONG). C’est pour assister financièrement les familles qui ont perdu leurs enfants lors de la marche pacifique des chrétiens réclamant rien d’autre que l’application des accords pour pousser le président Joseph Kabila à l’organisation effective des élections.

Une décision pourtant encourageante, mais mal appréhendée par le pouvoir en place, toujours assoiffé d’argent. Comme dit-on,  » quand les éléphants se battent ce sont les herbes qui en pâtissent « . Dans cette affaire, c’est le peuple Congolais qui sort perdant. La Belgique, qui est la plaque tournante à travers son agence  » ENABEL  » chargée du traitement de tous les dossiers des visas pour les pays de l’espace Schengen, se voit menacée par une autorité incapable de faciliter la tâche à ses paysans.

C’est vraiment une cause perdue d’avance. Car, la Belgique durcit le ton et martèle qu’un nouveau programme bilatéral de coopération avec les autorités congolaises ne pourra être conclu qu’après l’organisation d’élections crédibles. Le peuple congolais devra encore prendre son mal en patience.



NOTE EXPLICATIVE DE SHE OKITUNDU À L’AMBASSADEUR DE BELGIQUE EN RDC

A l’Ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa/Gombe

Le Ministère des Affaires étrangères et Intégration régionale de la République Démocratique du Congo présente ses compliments à l’ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa, et, faisant suite aux déclarations des responsables de la politique extérieure belge le 04 janvier 2018 et du 10 janvier 2018 de suspendre la coopération d’Etat à Etat avec la République Démocratique du Congo et de réaffecter le financement disponible à l’aide humanitaire, a l’honneur de signifier au gouvernement belge que la Nouvelle agence belge de développement (ENABEL) n’a plus sa raison d’être en République Démocratique du Congo et, dès lors, lui demande de tirer les conséquences qui s’imposent.

Le Ministère saisit cette opportunité pour informer le gouvernement belge de sa décision de fermer dans un bref délai la Maison Schengen à Kinshasa.

Le Ministère des Affaires étrangères et Intégration régionale de la République Démocratique du Congo remercie l’Ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa pour sa collaboration et saisit cette occasion pour lui renouveler les assurances de sa haute considération.

Ministère des Affaires étrangères et Intégration régionale
Le vice-Premier ministre



COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET INTÉGRATION RÉGIONALE

1. Dans un communiqué de presse conjoint daté du 10 janvier 2018, le vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et le vice-Premier Ministre de la Coopération au Développement du Royaume de Belgique avaient annoncé, à l’issue d’un débat à huis clos devant la Commission des Relations extérieures de la Chambre des Représentants de Belgique, une série de mesures concernant la coopération bilatérale avec la République Démocratique du Congo. C’est avec surprise et indignation que le Gouvernement de la République avait appris, par voie de presse, en dehors de toute tradition diplomatique, lesdites mesures ;

2. En date du 15 janvier 2018 de la Sixième Réunion Extraordinaire du Conseil des Ministres sous la présidence du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo avait regretté que les autorités belges aient choisi de gérer les relations bilatérales par le biais de la presse. Le gouvernement Congolais en avait pris acte et avait informé l’opinion qu’il ferait connaître le moment venu sa réaction quant à ce et informerait le partenaire belge des mesures de réciprocité appropriées par le canal diplomatique ;

3. En date du 24 janvier 2018, le Gouvernement à travers le Ministère des Affaires Etrangères et Intégration Régionale a transmis par voie diplomatique au Royaume de Belgique, les mesures projetées, lesquelles se déclinent en deux volets : 1. Ces actions immédiates des activités de la nouvelle agence belge de développement (ENABEL), son déploiement en République Démocratique du Congo ne se justifiant plus suite à la décision belge. 2. Démantèlement du dispositif consulaire dénommé  » Maison Schengen « , les ambassades concernées devant reprendre leurs responsabilités en la matière dans le délai qui sera communiqué par voie diplomatique ;

4. Le Ministère des Affaires Etrangères et Intégration Régionale affirme que la coopération au développement belge n’est ni indispensable aux autorités Congolaises ni vitale pour la vaillante et mature population de RDC et du reste, n’a pas été demandée par les autorités Congolaise. Certains partenaires mieux disant peuvent par contre aligner à vue d’œil des réalisations que tant la population et les autorités Congolaise utilisent avec satisfaction au quotidien ;

5. En fait, sur le concept de coopération au développement, deux acceptions divergentes s’affrontent entre la République Démocratique du Congo et le Royaume de Belgique : D’une part, pour la RDC, el besoin d’une coopération axée sur le renforcement des structures de base pour accompagner le décollage économique du pays au potentiel énorme, gage d’une justice redistributive et d’autre part, pour la Belgique, une coopération réduite aux interventions humanitaires ponctuelles, pour ne pas dire philanthropiques, paternalistes voire missionnaires rappelant une certaine onomastique de notre Etat lors d’épisodes sombres de son existence au 19ème siècle ;

6. Le ministère stigmatise en outre la volonté de détermination unilatérale par la partie belge des domaines d’affectation de son apport à la coopération en violation flagrante de la Déclaration de Paris et le Consensus de Monterey. Il note par ailleurs qu’il est de réputation que près de 50% de l’enveloppe globale de cette dite aide sert à la rémunération du personnel expatrié du pays donateur (Assistants techniques internationaux). Souvent, ces derniers démissionnent en cours d’exécution des projets après avoir perçu leurs émoluments. Les frais de fonctionnement des projets étant ordonnancés par les services du pays donateur, d’une part, et d’autre part, la cogestion financière n’est pas des plus transparente. C’est à se demander à qui profite réellement ces affectations financières ? En réalité, le peuple congolais n’est-il pas le dindon de la farce ? Aide au Développement ou Marché des Dupes ? De plus, il y a légitimement lieu de se demander ce que la Belgique peut encore faire pour le peuple congolais qu’elle n’ait pas pu faire ni pendant les 80 ans d’une colonisation des plus atroces, ni pendant la période coloniale ;

7. C’est pour cette raison que le gouvernement avait adhéré à al proposition de procéder à une remise à plat des relations bilatérales de coopération avec le Royaume de Belgique. Ce qui aurait été l’occasion d’en définir les termes de référence répondant aux intérêts respectifs des deux pays. Malheureusement, les pourparlers projetés en la matière ont dû être remis aux calendes grecques vu la sortie cavalière du communiqué intempestif susmentionné ;

8. En dernière analyse, le Ministère des Affaires Etrangères et intégration Régionale suggère la Belgique qui porte pourtant une lourde responsabilité historique et morale sur la situation congolaise aurait plutôt mieux fait de se racheter en s’investissant significativement dans une coopération mutuellement avantageuse et réparer ainsi l’histoire commune dont le peuple congolais n’a pas été le mieux loti ;

9. En tout état de cause, la République démocratique du Congo demeure ouverte à entretenir des relations de coopération avec des partenaires respectueux des grands principes des relations internationales en particulier l’égalité souveraine et la non-ingérence dans les affaires internes des Etats.



BRUXELLES PREND ACTE

La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre après la décision de Kinshasa de fermer la Maison Schengen et l’agence belge Enabel. Dans un communiqué diffusé récemment, la Belgique regrette « cette annonce qui risque d’empêcher l’agence Enabel d’opérer directement et significativement en faveur de la population congolaise « . Toutefois, Bruxelles prend acte de l’annonce par les autorités congolaises de mesures concernant l’agence de développement belge Enabel et la Maison Schengen à Kinshasa « .

Selon le communiqué, la décision des autorités de la RDC va sans doute affecter des centaines de collaborateurs congolais qui travaillent pour l’agence. Défendant sa mesure de suspendre la coopération d’Etat à Etat,  » la Belgique, à l’instar de ses partenaires régionaux, européens et internationaux, souhaite avant tout que les besoins et les droits fondamentaux de la population soient pris en compte et que l’on aille vers des élections crédibles « .

D’après les précisions de Bruxelles,  » la Maison Schengen à Kinshasa est une représentation commune qui délivre des visas vers l’espace Schengen pour le compte de 17 Etats membres de l’Union européenne « .

Face à la nouvelle donne, le Royaume de Belgique promet de se concerter avec ses partenaires européens, tout autant concernés par cette décision, qui affectera la délivrance des visas pour les ressortissants congolais « .

La fermeture de la Maison Schengen et l’Agence de développement belge est une réponse des autorités de Kinshasa à ce qu’elles considèrent comme de « l’ingérence de la part de l’ancienne puissance coloniale « .

Comme d’autres pays occidentaux en effet, la Belgique critique régulièrement la « répression » perpétrée sur l’opposition, et de manière générale, elle dénonce ce qu’elle considère comme « les violations des droits de l’homme en RDC.

Indexée, Bruxelles réitère tout de même  » son attachement à un dialogue politique avec la RDC ».

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