mercredi , 21 février 2018
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Avec complicité des églises de réveil : Le PPRD de “Kabila” mise sur le référendum constitutionnel

Le PPRD croit-il réellement aux élections à la date du 23 décembre 2018? Faux, clament les observateurs les plus avertis. C’est de la poudre aux yeux des naïfs, disent-il, qui ne voient pas venir le référendum constitutionnel en filigrane. Lors de sa tournée de sensibilisation, Aubin Minaku martèle que le PPRD doit conserver le pouvoir! Il ne se cache pas sur la volonté de ce parti à ne point quitter les affaires quelqu’en soit le prix. L’éternel glissement ayant montré ses limites, le PPRD mise désormais sur le référendum constitutionnel. Le bordel ainsi créé par les nouveaux animateurs de la petite territoriale, les églises, dites de réveil, vont se mettre en danse et récolter des signatures pour une pétition appelant au changement de l’article 220. Les pseudo-pasteurs, recrutés par le pouvoir, s’efforceront à convaincre la population à se plier à la volonté de Dieu qui a placé le destin de la RDC entre les mains de Joseph Kabila. C’est vite trouvé.

Le président Joseph Kabila mobilise ses troupes pour lui trouver une issue en vue de conserver son poste. Le PPRD, son parti, s’est déjà lancé dans une restructuration qui rentre dans ce cadre. Au niveau de la MP, Aubin Minaku a entrepris une démarche visant à convaincre les différents partis membres à adhérer à l’ultime schéma de référendum constitutionnel. Seul check point à ce projet : la pression populaire.

Le président Kabila serait-il disposé à quitter le pouvoir? Devin est celui qui oserait répondre à cette question qui taraude les esprits les plus lucides en République démocratique du Congo. Même à l’extérieur du pays, nombreux sont ceux qui se perdent en conjectures. Des échos en provenance de Kingakati (chambre haute où se définit la nouvelle ligne de la famille politique présidentielle) et de l’avenue Batetela – siège du PPRD – il nous revient que le chef de l’Etat voudrait récupérer les rennes de son parti. La restructuration en marche ferait de lui le président du PPRD et que le poste de secrétaire général sauterait. Tout un message.

Sur le terrain, Aubin Minaku a entamé depuis peu, en sa qualité de secrétaire général de la MP, un travail de pédagogie auprès de principaux partis de la famille politique du chef de l’Etat. Cette démarche est motivée par l’intégration dans la loi électorale révisée pour les législatives nationales du seuil de représentativité de 1%. Au lieu de mourir de leur belle mort, le PPRD entend fédérer tous les partis de la MP aux fins de devenir un méga parti politique à même de faire à l’opposition qui semble resserrer ses rangs dans la perspective de prochaines échéances électorales.

En clair, le PPRD voudrait gagner les prochaines élections en présentant les candidatures à tous les niveaux. D’autant qu’il est en train de perdre un à un ses alliés d’hier. Devenu président du PPRD – ce qui devrait être acté au cours du prochain congrès de ce parti, Joseph Kabila va conduire le PPRD à la victoire ; une victoire certaine que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) se charge de télécharger comme un fichier écrit à l’avance.

Toutefois, dans l’entourage du président de la République, certains cadres se montreraient prudents. Ceux-ci seraient impatients et voudraient par tous les moyens court-circuiter le processus en cours et repousser l’échéance du 23 décembre 2018. Il s’agit de travailler sur des manœuvres qui conduiront inévitablement et directement à l’impasse. Dans ce cas, deux hypothèses s’imposent. Soit, pour des raisons sécuritaires – on fait déjà état d’un coup d’Etat en préparation que l’on imputerait à un opposant en exil- il y aurait proclamation d’un Etat d’urgence. Soit, en blocage bien entretenu, l’on recourrait à l’ultime sésame, à savoir l’organisation du référendum constitutionnel. Du coup, ce qui n’a pas été obtenu par la tentative malheureuse de réviser la constitution aurait droit de passage, à savoir la chute caduque des articles-verrous de la loi fondamentale, notamment, le 220.

Autre atout à la portée du PPRD serait la controverse ou l’enlisement de l’enrôlement des Congolais de l’étranger, après la fin des opérations dans le Grand Kasaï.

Ne s’avouant pas vaincu, le PPRD pense également capitaliser à sa manière les manifestations des catholiques, en les retournant dans le sens de démontrer que tous ceux qui mettent la pression sur le pouvoir ne veulent pas des élections. Pour se donner bonne conscience, le parti présidentiel, avec la grande bénédiction de la MP, projette de multiplier des descentes sur le terrain avec les nouveaux animateurs nommés de la petite territoriale nouvellement qui rivaliseront de zèle.

En campagne électorale anticipée, ces nouveaux territoriaux ont pour mission d’amplifier la crise en la diffusant à travers tout le pays. La crise atteindra un seuil tel que la majorité viendra avec son parfait sésame : le référendum constitutionnel. Une entrée en force dans la quatrième République est donc prévue avec Joseph Kabila comme nouveau président de la République puisque le verrou de l’article 220 aura déjà sauté.

Les églises de réveil à la rescousse

Le PPRD croit-il réellement aux élections à la date du 23 décembre 2018? Faux, clament les observateurs les plus avertis. C’est de la poudre aux yeux des naïfs, disent-il, qui ne voient pas venir le référendum constitutionnel en filigrane.

Lors de sa tournée de sensibilisation, Aubin Minaku martèle que le PPRD doit conserver le pouvoir! Il ne se cache pas sur la volonté de ce parti à ne point quitter les affaires quelqu’en soit le prix.

L’éternel glissement ayant montré ses limites, le PPRD mise désormais sur le référendum constitutionnel. Le bordel ainsi créé par les nouveaux animateurs de la petite territoriale, les églises, dites de réveil, vont se mettre en danse et récolter des signatures pour une pétition appelant au changement de l’article 220. Les pseudo-pasteurs, recrutés par le pouvoir, s’efforceront à convaincre la population à se plier à la volonté de Dieu qui a placé le destin de la RDC entre les mains de Joseph Kabila. C’est vite trouvé.

Face à la détermination de l’église catholique, le pouvoir en place a fait recours aux églises de réveil. Dans cette course à obstacles, l’objectif serait d’atteindre la barre de 100.000 signatures prévues au point 4 de l’article 218 de la Constitution pour enfin saisir l’une des chambres du Parlement pour relancer le processus référendaire. Pour le reste, la Céni s’occupera des résultats. La police et les services de sécurité vont se charger de la répression. La justice contraindra certains opposants en exil et d’autres encore passeront leur temps en prison. Et le tour est joué.

Et si la MP jouait avec le feu…

Ce qui échappe à l’analyse de la MP, soutiennent quelques observateurs avisés, c’est que le Congo de 2018 n’est celui de 2006, dont la forme de l’Etat était le résultat du compromis politique de Sun City. En 12 ans, beaucoup de choses ont changé. Face au projet que concoctent le PPRD et la MP, il y aura sûrement de la résistance. Pas évident que ce projet passe comme une lettre à la poste.

Les 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, le peuple congolais a démontré sa capacité à se mobiliser en faveur de son pays. Sous l’appel du CLC et avec l’accompagnement de l’église catholique, le Congo bouge. Le vent du changement souffle sur l’ensemble du pays. Il va crescendo. C’est le grand obstacle que le PPRD devra franchir pour réussir son coup. Il n’est pas tout aussi évident qu’il puisse le contourner sans y laisser des plumes. En cette année de forte mobilisation populaire, le PPRD mise sur un mauvais cheval.

Comme poursuivi par un signe indien, toutes les initiatives entreprises jusque-là par la MP pour obtenir le glissement du cycle électoral et tirer par ricochet son autorité morale des griffes de l’article 220 de la Constitution se sont avérées infructueuses. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la dernière trouvaille de la MP, à savoir le référendum, pourrait bien subir le même sort. A moins que le PPRD et toute la MP s’entêtent jusqu’au bout à jouer avec le feu.

[le Potentiel]

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