dimanche , 25 février 2018
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Shutdown : Un joli cadeau d’anniversaire à Trump

Un an jour pour jour après son arrivée au pouvoir, Donald Trump était confronté samedi à une fermeture partielle de l’administration fédérale dont la durée, liées aux âpres négociations budgétaires en cours au Congrès, était imprévisible.

“C’est le premier anniversaire de ma présidence et les démocrates voulaient me faire un joli cadeau”, a ironisé le président américain dans une série de tweets matinaux.

A Washington, New York ou encore Chicago, des centaines de milliers de manifestants célébraient eux l’anniversaire de la “Marche des femmes”, rassemblement immense qui avait défié Donald Trump au lendemain de son investiture.

“Cela a été l’année la plus longue de ma vie”, “Si vous élisez un clown, attendez-vous à un cirque”, pouvait-on lire sur les pancartes brandies dans l’imposante foule rassemblée à Los Angeles, en Californie.

Comme en 2017, le bonnet rose à oreilles de chats était l’un des signes de ralliement de ces foules venues dénoncer le harcèlement sexuel, l’inégalité hommes-femmes ou marquer leur opposition au président républicain.

Au moment où les élus se retrouvaient au Congrès, le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan a estimé que les démocrates étaient les seuls responsables de l’impasse politique. “Nous faisons de drôles de choses à Washington, mais là, c’est de la pure folie”, a-t-il lancé.

Pour Donald Trump, qui se targuait en campagne d’être passé maître dans l’art de la négociation, la pilule est amère.

Le 45e président des Etats-Unis, qui avait prévu de passer le week-end dans son club privé de Mar-a-Lago, en Floride, où il devait célébrer son “anniversaire” lors d’une soirée de levée de fonds, a été contraint d’annuler son déplacement.

Le dernier “shutdown” remonte à 2013, sous à l’administration de Barack Obama. Il avait duré 16 jours.

Seule chose à faire: attendre

Les effets du “shutdown”, psychodrame récurrent de la vie politique américaine, devaient être nettement plus marqués à partir de lundi, si aucune solution n’a été trouvée d’ici là.

Il se traduira par la mise au chômage technique de centaines de milliers d’employés fédéraux considérés comme “non essentiels”. Les activités de nombreuses agences, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

“Nous n’avons qu’une seule chose à faire: attendre et voir ce qui va se passer. C’est un peu effrayant”, expliquait samedi à l’AFP Noelle Joll, employée fédérale de 50 ans contrainte au chômage technique à Washington.

A New York, la Statue de la Liberté était fermée au public pour le week-end.

“Il y a des soldats américains qui s’apprêtent à passer six mois au Koweït et qui s’inquiètent de ne pas être payés tout de suite. C’est inconcevable”, a déclaré le vice-président Mike Pence durant une escale à Shannon (Irlande), où il a croisé des militaires américains en transit.

Autre effet collatéral possible de cette paralysie budgétaire: la Maison Blanche a indiqué que l’incertitude pesait désormais sur la participation de Donald Trump au Forum économique de Davos (Suisse), en milieu de semaine prochaine.

Les télévisions américaines, très friandes de comptes à rebours, ont inversé le calcul: après le temps qu’il restait jusqu’au “shutdown”, elles comptent désormais les heures et les minutes écoulées depuis le début de ce dernier, vendredi à minuit.

Tensions sur l’immigration

Le président américain a multiplié samedi les échanges téléphoniques avec les ténors du Congrès mais aucun signe de progrès tangible n’était perceptible en milieu d’après-midi.

De son côté, le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, ironisait sur la difficulté de négocier avec un président “qui change tout le temps de position”.

Donald Trump accuse l’opposition de négliger les intérêts fondamentaux du pays. “Les démocrates sont bien plus préoccupés par les immigrants illégaux que par notre grande Armée ou la Sécurité à notre dangereuse frontière Sud”, a-t-il tweeté.

Point de discorde central: les démocrates exigent une avancée sur la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand Donald Trump a abrogé ce programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de “Dreamers” (Rêveurs). Rien n’a bougé depuis.

Source de frustration supplémentaire pour Donald Trump à l’heure du bilan de la première année: en dépit du vote de sa grande réforme fiscale promise en campagne, de bons chiffres de croissance et de l’euphorie de Wall Street qui bat records sur records, sa cote popularité reste plombée, un an après sa prestation de serment, le 20 janvier 2017.

Selon le dernier sondage NBC/WSJ, elle est de 39%, loin derrière celle de ses prédécesseurs à la même époque (Barack Obama 50%, G. W. Bush 82%, Bill Clinton 60%).

[Afp]

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