dimanche , 25 février 2018
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RDC : Graves violations de la liberté d’information

Le 31 décembre 2017 et le 2 janvier 2018, la liberté de presse a été gravement violée par les autorités suite à la marche projetée par les laïcs catholiques pour l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Dans une lettre adressée le 5 janvier 2018 au chef du gouvernement, avec ampliation au président de la République et au président du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA), l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse basée à Kinshasa, exige des enquêtes sérieuses après de graves violations de la liberté de presse enregistrées entre le 30 décembre 2017 et le 2 janvier 2018.

En effet, dans cette correspondance signée par M. Joseph Alain Kabongo, le Comité exécutif de l’OLPA proteste avec la dernière énergie contre la coupure et le brouillage des signaux de plusieurs stations de radio et télévision émettant à Kinshasa, la fermeture d’un média à Uvira, la coupure de l’internet et des SMS ainsi que les mauvais traitements infligés à des journalistes.

OLPA note à l’intention du Premier ministre que les signaux de Radio Top Congo FM, de Radio Okapi, de Radio télévision satellite 1 (RTVS1) et d’Antenne A (AA), toutes émettant à Kinshasa, ont été soit brouillés ou coupés le 31 décembre 2017 dans la matinée, sans la moindre explication. Ce brouillage serait consécutif à la diffusion par les médias précités des sons et images en rapport avec le rassemblement organisé par les laïcs catholiques pour exiger le respect intégral de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Seuls les signaux de Radio Top Congo FM, Radio Okapi et d’Antenne A ont été rétablis le 2 janvier 2017 en début d’après-midi, alors que celui de RTVS1 est resté coupé, sous prétexte « des problèmes administratifs ».

Cette organisation fait remarquer qu’à Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu (à plus de 120 kms de Bukavu), la Radio le Messager du peuple a été fermée par un groupe de personnes se réclamant de l’Agence nationale de renseignements (ANR/Uvira) accompagnés d’agents de la Police nationale congolaise (PNC/Uvira), le 30 décembre 2017 dans la matinée. Ils ont accusé la radio d’avoir constamment diffusé un communiqué des laïcs catholiques appelant à un rassemblement pacifique pour exiger l’application intégrale de l’Accord politique du 31 décembre 2016. La radio a été autorisée à reprendre ses émissions, le même jour dans la soirée.

DES JOURNALISTES MOLESTÉS

Le 30 décembre 2017, dans la soirée, la connexion internet et les messages téléphoniques courts (SMS) ont étés coupés sur toute l’étendue du pays sur instruction de M. Emery Okundji Ndjovu, ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication (PTNTIC).

En outre, Edmond Izuba, journaliste à RTVS1 émettant à Kinshasa, a été pris à partie le 31 décembre 2017 dans la matinée par un agent de la Police militaire (PM), alors qu’il tentait d’effectuer un reportage sur un rassemblement pacifique organisé par des laïcs catholiques à la paroisse Saint François de Kintambo. D’autres agents PM ont confisqué tout ce qu’il détenait par devers lui (un dictaphone et un téléphone portable), avant de lui assener plusieurs coups de crosse sur ses bras. Il s’en est sorti avec plusieurs lésions corporelles au bras et à la jambe gauche. Il s’est rendu dans un centre hospitalier pour une prise en charge médicale.

Djouzen Belebele, reporter cameraman à Antenne A, a été molesté par un groupe d’éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et de la Garde républicaine (GR), le 31 décembre 2017 au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete. C’était au moment où il effectuait un reportage sur le rassemblement des laïcs Catholiques à la paroisse Saint Kizito de Kingabwa. Ces agents ont cassé sa camera avant de lui assener plusieurs coups de crosse. Il s’en est sorti avec des blessures au niveau des bras.

Florence Morice, journaliste et correspondante de Radio France Internationale (RFI), station publique émettant à Paris (France) et captée à Kinshasa, a été interpellée le 2 janvier 2018 à la morgue de l’hôpital général de référence de Kinshasa par des agents se réclamant des renseignements militaires. C’était au moment où elle effectuait un reportage sur le bilan des victimes du rassemblement du 31 décembre 2017 violemment réprimé par les forces de sécurité. Elle a été embarquée à bord d’un véhicule puis conduite au camp militaire Kokolo, où elle a été auditionnée sur sa présence à la morgue de l’hôpital. Florence Morice a été relâchée le même jour en début d’aprèsmidi.

Eu égard à ce qui précède, OLPA constate avec beaucoup d’amertume que la fin d’année 2017 et les premières heures de l’année 2018 ont été émaillées de plusieurs atteintes graves au droit d’informer et d’être informé.

[DONATIEN NGANDU MUPOMPA]

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