jeudi , 18 janvier 2018
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Donald Trump : Un cerveau dérangé !

Le déluge de condamnations ne tarissait pas vendredi soir après les propos de Donald Trump la veille sur l’immigration en provenance de “pays de merde”, des mots qu’il a partiellement contestés mais qui ont suscité une vague d’indignation à travers le monde. Le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé “plusieurs fois” l’expression injurieuse. “Les mots utilisés par le président tels qu’ils m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas +durs+, ils étaient abjects et répugnants”, a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Le déluge de condamnations ne tarissait pas vendredi soir après les propos de Donald Trump la veille sur l’immigration en provenance de “pays de merde”, des mots qu’il a partiellement contestés mais qui ont suscité une vague d’indignation à travers le monde.

C’est, comme souvent, via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu’il a créée de toutes pièces et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration.

“Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés”, a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé “plusieurs fois” l’expression injurieuse.

“Les mots utilisés par le président tels qu’ils m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas +durs+, ils étaient abjects et répugnants”, a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait “toujours pour le peuple américain”.

Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos “odieux et abjects” qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards “inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste”.

En Afrique, colère et amertume dominaient.

L’Union africaine a déploré des remarques “blessantes”. Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué chacun l’ambassadeur américain pour protester contre ces propos, qualifiés de “racistes” par Dakar.

Louanges pour Martin Luther King

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi en milieu de journée une déclaration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié.

Au cours d’une brève cérémonie, il a a loué “le rêve d’égalité, de liberté, de justice et de paix” du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a “changé le cours de l’histoire”, il a ignoré les questions qui lui ont été posées à l’issue de son allocution.

Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson défendait les “valeurs” américaines lors d’un discours sur le “respect” où il a fait l’éloge de la “diversité” et des “différences”.

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand M. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de “Dreamers” (Rêveurs).

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement.

Nous valons mieux que ça

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

“Je veux un système d’immigration fondé sur le mérite et des gens qui aideront notre pays à aller de l’avant”, a-t-il martelé vendredi.

“Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?”, a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège.

“Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ?”, aurait encore demandé le président.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos.

“Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté”, a-t-il lancé, assurant avoir “une relation merveilleuse” avec les Haïtiens.

Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déploré des propos “racistes”, “choquants et honteux”.

L’ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix. “Ce n’est pas comme cela qu’un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un président devrait penser”.

Et même le monde du football a réagi, le président canadien de la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), Victor Montagliani, apportant son soutien sur Twitter aux pays visés en rappelant “que tout le monde est bienvenu sur les terrains”.

LES HAÏTIENS PAS ÉTONNÉS DES PROPOS DE TRUMP

Les Haïtiens jugent vendredi avec un dédain certain les propos insultants de Donald Trump à l’encontre de leur pays. Des paroles qui ont, pour certains, des relents de racisme lié à la prise d’indépendance de la première République noire de l’histoire.

“C’est un cerveau dérangé”, soupire Roberson Alphonse. “Evidemment cela froisse notre fierté: même dans ses excuses qui n’en sont pas vraiment, il utilise des mots pour blesser en rappelant encore +pays pauvre+”, regrette le citoyen de Port-au-Prince.

Il n’y aurait pas de moment approprié pour qualifier un Etat de “pays de merde” mais les propos de Donald Trump tombent au plus mal en Haïti: le pays commémore, ce 12 janvier, la tragédie du séisme de 2010 qui a causé la mort de plus de 200.000 personnes.

A la tribune, le président Jovenel Moïse n’a pas évoqué ce nouvel écart de langage de son homologue américain mais l’assemblée a applaudi quand il a simplement rappelé qu'”Haïti est un pays comme les autres sur la Terre”.

Pour certains citoyens haïtiens, l’origine de cette vision jugée raciste contre Haïti est à chercher dans l’histoire singulière de la première république noire.

Après son indépendance obtenue en 1804, Haïti est mis au ban des nations qui, esclavagistes, ont tardé à lier officiellement des relations diplomatiques avec les dirigeants noirs. La France n’a reconnu l’indépendance de ce qui fut sa plus riche colonie qu’en 1826, et contre le paiement de compensations équivalant aujourd’hui à plus de 17 milliards d’euros.

“Haïti a été vendue comme étant un pays à problèmes: il faut remonter à des problématiques historiques pour comprendre comment on a construit Haïti comme étant un pays à part”, a déclaré à l’AFP Renald Lubérice, secrétaire général du conseil des ministres. “Aujourd’hui malheureusement, il y a des gens qui ne sortent pas encore de cette image mais rassurez-vous, nous sommes un pays normal” a insisté en souriant le haut cadre du pouvoir exécutif.

“Personnellement je suis sidéré mais pas étonné: on paie encore pour l’indépendance, pour cette culture que l’on a”, appuie Erol Josué, artiste et prêtre vaudou, religion qui a lancé la révolte d’esclaves en 1803.

Aussi regrettable qu’elle soit, la déclaration insultante de Donald Trump pourrait constituer un élan pour un sursaut national.

“C’est un moment opportun pour que tous les Haïtiens commencent à prendre conscience de la façon dont d’autres personnes nous voient. Trump lui ose parler mais c’est aussi la réflexion de beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres gens dans le monde”, estime Erol Josué.

[Afp]

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