jeudi , 18 janvier 2018
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Donald Trump : A fucking RACIST and IGNORANT !

Donald Trump a contesté vendredi avoir utilisé l’expression “pays de merde” au sujet de Haïti et de certains pays africains, lors d’une réunion sur l’immigration. M. Trump y aurait confié préférer les migrants originaires de Norvège à ceux venus du continent noir. Ces propos, dont la réalité a cependant été confirmée par des participants à la réunion, ont été taxés de “racistes” par les Nations unies, suscitant une vague d’indignation à travers le monde.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump se retrouve accusé de racisme: durant sa campagne et depuis son accession à la Maison Blanche, le président américain s’est vu plusieurs fois reprocher de tels dérapages.

Lui qui assume d’habitude ses écarts de langage a contesté vendredi avoir utilisé l’expression “pays de merde” au sujet de Haïti et de certains pays africains, lors d’une réunion sur l’immigration. M. Trump y aurait confié préférer les migrants originaires de Norvège à ceux venus du continent noir.

Ces propos, dont la réalité a cependant été confirmée par des participants à la réunion, ont été taxés de “racistes” par les Nations unies, suscitant une vague d’indignation à travers le monde. Cette polémique en rappelle d’autres:

Campagne contre Barack Obama

Bien avant de se lancer dans la course à la présidence, le magnat de l’immobilier avait pris la tête d’une campagne aux relents racistes contestant la nationalité américaine de Barack Obama, en mettant en doute la validité de son certificat de naissance.

Après avoir alimenté cette théorie du complot, M. Trump avait brutalement viré casaque durant la campagne présidentielle.

Les violeurs mexicains

Dans son discours annonçant le 16 juin 2015 son entrée en campagne, le futur président avait stigmatisé les “violeurs” soi-disant envoyés par le Mexique.

Des attaques qu’il a réitérées, qualifiant de “bad hombres” (“sales types”) les immigrés latinos.

Donald Trump établit fréquemment un lien entre immigration et hausse de la criminalité aux Etats-Unis, même si aucune étude sérieuse ne le prouve.

Militaire musulman mort au combat

Dans un pays où les militaires bénéficient d’un grand respect, Donald Trump s’en était pris en 2016 au père du capitaine Humayun Khan, mort en Irak en 2004.

Avocat d’origine pakistanaise, Khizr Khan avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate, reprochant à M. Trump son projet d’interdire aux musulmans l’entrée aux Etats-Unis.

M. Trump avait ensuite critiqué les propos de M. Khan, en insinuant que son épouse avait été forcée au silence ce soir-là en raison de sa religion musulmane.

Attaques contre un juge d’origine mexicaine

A plusieurs reprises en 2016, Donald Trump a accusé un juge de partialité à son égard dans la procédure judiciaire pour fraude qui visait l’ex-Trump University, parce que le magistrat était d’origine mexicaine.

“J’ai un juge mexicain. Il est d’origine mexicaine. Il aurait dû se récuser”, avait-il déclaré au sujet de Gonzalo Curiel, citoyen américain.

“Prétendre qu’une personne ne peut pas faire son travail en raison de son ethnicité est un cas d’école de commentaire raciste”, avait alors réagi Paul Ryan, le plus haut républicain du Congrès.

Complaisance à l’égard de l’extrême droite ?

Donald Trump a souvent été accusé de cultiver l’ambiguïté avec certains dirigeants de la droite nationaliste et identitaire américaine, qui l’ont en bonne partie soutenu durant sa campagne.

Il avait notamment pris son temps en 2016 pour désavouer le soutien que lui avait apporté publiquement David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan.

Après des violences qui ont agité la ville de Charlottesville le 12 août 2017, lors d’un rassemblement de groupuscules d’extrême-droite, M. Trump est dans un premier temps apparu réticent à condamner clairement ces militants xénophobes.

Un néonazi avait ce jour-là volontairement percuté en voiture des militants antiracistes, tuant une femme de 32 ans. M. Trump s’était contenté de renvoyer les deux camps dos à dos, en pointant une “violence venant de diverses parties”.

Polémique dans le sport

Le président américain a engagé un bras de fer avec les joueurs de football américain de la NFL, majoritairement noirs, qui posent genou à terre pendant l’hymne national pour dénoncer les violences policières et les tensions raciales aux États-Unis.

Donald Trump, qui interprète ce geste comme un manque de respect envers la nation, s’est vu reprocher des préjugés contre les sports davantage prisés par les Noirs.

Décrets anti-immigration

Depuis fin janvier 2016, Donald Trump mène une bataille judiciaire farouche pour restreindre l’entrée aux frontières des Etats-Unis. Cette volonté a pris la forme de plusieurs décrets successifs, auxquels différents juges ont reproché de cibler de façon discriminatoire les musulmans. M. Trump a porté l’affaire avec un relatif succès devant la Cour suprême, mais la controverse se poursuit.

DONALD TRUMP DANS LA TOURMENTE

Donald Trump était dans la tourmente vendredi après avoir dénoncé lors d’une réunion à la Maison Blanche l’immigration en provenance de “pays de merde”, des propos qu’il a partiellement contestés mais qui ont suscité une vague d’indignation à travers le monde.

C’est, comme souvent, via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu’il a créée de toutes pièces et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration.

“Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés”, a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé “plusieurs fois” l’expression injurieuse.

“Les mots utilisés par le président tels qu’ils ont été m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas +durs+, ils étaient abjects et répugnants”, a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait “toujours pour le peuple américain”.

Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos “odieux et abjects” qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards “inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste”.

En Afrique, colère et amertume dominaient.

L’Union africaine a déploré des remarques de “blessantes”. Le Bostwana, qui a convoqué l’ambassadeur américain pour lui faire part de son mécontentement, a estimé que les remarques du président américain avaient porté un “coup” aux relations diplomatiques entre Washington et les pays africains.

Louanges pour Martin Luther King

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi en milieu de journée une déclaration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié.

Au cours d’une brève cérémonie, il a a loué “le rêve d’égalité, de liberté, de justice et de paix” du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a “changé le cours de l’histoire”, il a ignoré les questions qui lui ont été posées à l’issue de son allocution.

Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson défendait les “valeurs” américaines lors d’un discours sur le “respect” où il a fait l’éloge de la “diversité” et des “différences”.

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand M. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de “Dreamers” (Rêveurs).

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement.

Nous valons mieux que ça

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

“Je veux un système d’immigration fondé sur le mérite et des gens qui aideront notre pays à aller de l’avant”, a-t-il martelé vendredi, dénonçant avec force le projet qui lui avait été présenté la veille.

“Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?”, a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège.

“Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ?”, aurait encore demandé le président.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos.

“Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté”, a-t-il lancé, assurant avoir “une relation merveilleuse” avec les Haïtiens.

Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déploré des propos “choquants et honteux”. “Désolé, mais il n’y a pas d’autre mot que +racistes+”, a déclaré à Genève son porte-parole Rupert Colville.

L’ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix.”Ce n’est comme cela qu’un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un président devrait penser. Nous valons mieux que cela”

[Afp]

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