dimanche , 25 février 2018
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Iran : Lever des sanctions sur le nucléaire ?

Donald Trump, grand pourfendeur de l’accord de 2015, avait refusé mi-octobre de “certifier” devant le Congrès américain que Téhéran en respectait les termes, semant la confusion sur le sort du texte âprement négocié pendant plus de deux ans entre l’Iran et les grandes puissances (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Mais jusqu’ici, cette “non-certification” est restée symbolique et n’a pas entraîné le retour des sanctions américaines levées en échange de l’engagement iranien de ne pas développer la bombe atomique. Les autres signataires de l’accord conclu à Vienne il y a près de trois ans, Européens et Iraniens en tête, défendent fermement un texte censé empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique. Ils avaient mis Donald Trump en garde contre une réimposition des sanctions sur le nucléaire.

Le président américain Donald Trump va confirmer la suspension des sanctions économiques contre l’Iran levées dans le cadre de l’accord sur le nucléaire mais pour la “dernière” fois, a annoncé vendredi la Maison Blanche.

“La décision du président est de suspendre une fois de plus les sanctions nucléaires”, “afin de rester dans l’accord” signé en 2015 avec Téhéran et d’autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne, Royaume-Uni), a déclaré à la presse un haut responsable de l’administration américaine. Mais “le président va aussi dire clairement que c’est la dernière suspension qu’il va signer”, a-t-il prévenu.

D’ici la prochaine échéance de suspension des sanctions, dans 120 jours pour les principales d’entre elles, “il entend travailler avec nos partenaires européens sur un accord de suivi” visant à durcir les conditions du texte de 2015, a ajouté ce haut responsable.

En revanche, le Trésor américain a imposé vendredi de nouvelles sanctions ciblées contre 14 personnes ou entités iraniennes pour des “violations des droits de l’Homme” ou en lien avec le programme balistique controversé de Téhéran.

Ces sanctions visent en premier lieu le chef de l’Autorité judiciaire Sadegh Amoli Larijani. Selon un autre haut responsable de l’administration Trump, sa présence sur la liste des personnes sanctionnées “aura des conséquences politiques sérieuses” car cela revient à frapper “le sommet du régime”, mais les Etats-Unis assument ce “message fort”.

Selon le Trésor, il est responsable à son poste de la mise en oeuvre de verdicts “en contravention avec les obligations internationales de l’Iran, y compris l’exécution de personnes qui étaient mineures au moment de leurs crimes” ou “la torture” de prisonniers dans le pays.

La prison de Rajaee Shahr, où “sont emprisonnés de nombreux Iraniens qui ont récemment protesté contre leur gouvernement”, dans une vague de manifestations qui ont fait 21 morts, est aussi visée par les nouvelles sanctions, ainsi que des industries de défense iraniennes, le Conseil suprême pour le cyberespace ou encore une organisation de cyberdéfense qui dépend du corps d’élite des Gardiens de la révolution.

Ces nouvelles sanctions n’ont pas de lien direct avec le programme nucléaire iranien, car réimposer les mesures punitives levées depuis l’accord de 2015 aurait entraîné sa mort immédiate.

Selon le premier haut responsable de l’administration américaine, Donald Trump veut que l’accord “complémentaire” censé être conclu avec les Européens soit permanent et permette aux signataires de réimposer des sanctions contre l’Iran s’il n’en respecte pas les termes, même si Téhéran ne participera pas à sa rédaction contrairement au texte de 2015.

L’Europe derrière l’accord

“Je pense que vous pouvez vous attendre à ce qu’il y ait davantage de sanctions mises en place”, a dit jeudi à la presse le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Reste à connaître les conséquences de nouvelles sanctions: vont-elles fragiliser un peu plus l’accord de 2015 même si elles ne sont théoriquement pas liées au nucléaire ? Jeudi, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a prévenu que “tout acte qui sapait l’accord nucléaire était inacceptable”, et Téhéran menace des représailles, se disant “préparé à tous les scénarios”.

Le président français Emmanuel Macron a signifié jeudi par téléphone à Donald Trump “la détermination de la France en faveur d’une application stricte de l’accord et l’importance de son respect par l’ensemble de ses signataires”, selon l’Elysée.

Réunis jeudi à Bruxelles, les Européens ont de nouveau défendu l’accord de Vienne sur le nucléaire pour faire bloc face à Washington. Ce pacte “rend le monde plus sûr et empêche une course à l’armement nucléaire potentielle dans la région”, a martelé le chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

“Il n’y a pas aujourd’hui d’indication qui pourrait faire douter du bon respect par la partie iranienne de l’accord puisque l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement” sa “bonne mise en oeuvre”, a fait valoir le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Autres sujets de contentieux

Moscou a aussi estimé vendredi qu’il était “extrêmement important de préserver la viabilité de ce document”, qui “restait le résultat d’un consensus entre de nombreux participants”.

Mais à Bruxelles, les ministres européens ont aussi évoqué les nombreux autres sujets de contentieux -partagés avec Washington- contre Téhéran. Ils ont fait part à leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif de leurs “préoccupations sur d’autres sujets, comme le développement de missiles balistiques” par Téhéran, “les tensions dans la région” ou encore les récentes manifestations ayant fait 21 morts en Iran, a souligné Federica Mogherini.

Les Européens ont notamment évoqué le soutien iraniens au régime du président syrien Bachar al-Assad, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen. Une façon de montrer à l’administration Trump que ses critiques véhémentes sur ces sujets sont entendues de l’autre côté de l’Atlantique.

“Si l’on veut construire un soutien mondial à cet accord, il faut clairement que l’Iran montre qu’il peut se comporter en bon voisin dans la région”, a commenté le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson. L’Allemand Sigmar Gabriel s’est prévalu d’un accord de principe de la part de Mohammad Javad Zarif pour commencer un “dialogue” sur “un changement de comportement dans la région”.

“Ceci n’a rien à voir avec l’accord sur le nucléaire (…) mais il y a un besoin urgent de le faire”, a-t-il expliqué.

[Afp]

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