mardi , 16 janvier 2018
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RDC : Deuil national polémique

Pour les victimes des inondations, le Gouvernement a décrété un deuil national  de deux jours, à compter dès ce lundi 8 janvier jusqu’à mardi 9 janvier 2018. Mais, auparavant, le Rassemblement de Limete avait aussi décrété un deuil national en mémoire des victimes de l’altercation entre les manifestants et les policiers sur le théâtre d’opérations, le 31 décembre 2017. Deux initiatives qui, curieusement, tombent à la même date. Donc, le deuil national, quand bien même les motivations divergent, sera observé Lundi en vertu de cette double démarche.

Dans le compte rendu sanctionnant sa dernière réunion tenue ce week-end à Kinshasa, le Gouvernement, sous la férule de Tshibala Nzenzhe, réaffirmait qu’il était nécessaire que les autorités provinciales soient dotées de moyens adéquats, pour soulager tant soit peu les populations sinistrées. Et qu’il était de son devoir et de son pouvoir régalien d’y pourvoir. Hier encore, dame la pluie est revenue à la charge. Peut-être qu’après le décompte, avec les dégâts matériels enregistrés, il faudra, une fois de plus, songer  aux nouvelles victimes. Doit-on penser qu’un autre deuil national sera décrété dans les jours à venir, pour consoler, cette fois-là, celles qui en auront eu pour leur compte, avec les effets dévastateurs de cette pluie devenue impitoyable  à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays ?

Gerbe d’opinions

Touché, laisse-t-il entendre, par la mort des kinois et kinoises suite à la marche  dite pacifique, celle  qui a été organisée,   le 31 décembre 2017, par le Comité Laïc de   Coordination à Kinshasa, le Rassemblement a décrété un deuil national   ce lundi 8 janvier 2018  en mémoire des victimes de la répression brutale. Qu’en pensent les habitants de la Ville-Province de Kinshasa ? En effet, c’est autour de cette question, qu’ils sont exprimés  hier,  dimanche 7 janvier 2018,  au niveau de Kintambo, une des communes les plus peuplées   de  la capitale.

A tout dire, la plupart des personnes interrogées à ce sujet, ont sans la moindre  hésitation,  témoigné leur soutien à l’initiative du Rassop, vu  qu’il s’agit de  ‘’nos frères et sœurs qui sont tombés ce jour-là’’, ont-ils déclaré. Néanmoins, il faudra signifier qu’une frange importante  de cette population n’a pas du tout adhéré  à  cette initiative de l’opposition. Elle aurait souhaité, par contre,  qu’une telle décision vienne du Gouvernement, et non des individus qui, à ses yeux,  n’ont aucun mandat d’engager la République Démocratique du Congo dans n’importe quel dossier que ce soit. ‘’L’initiative du Rassemblement n’est pas mauvaise en soi. Elle est d’ailleurs à encourager. Mais seulement, le Rassemblement n’a aucun pouvoir de prendre une telle initiative.  Parce que nous sommes dans un pays où toutes les institutions sont en marche jusqu’à  preuve du contraire’’, dixit Bertin Kandole, s’exprimant librement  au bout du   micro baladeur.

On se déchaîne…

Un peu plus loin, c’est un autre citoyen de la capitale qui se déchaîne contre l’initiative de Félix Tshisekedi  et de  ses alliés du Rassop.  ‘’C’est tout simplement, créer du désordre et surtout,  une confusion sans finalité au pays’’, a-t-il lâché. ‘’Il ne faut pas profiter de la mort des congolais pour faire une pression politique egocentrique’’, a-t-il poursuivi. A en croire la population congolaise, celle de Kinshasa,  plus singulièrement, au regard  des avis récoltés sur terrain, elle est  déjà fatiguée de subir le contre-pied des enjeux et  jeux pernicieux  des politiciens congolais.

Franchement, ‘’il n’y a aucune différence entre ceux qui se déclarent opposants et ceux qui sont au pouvoir’’, c’est selon, soutient, à son tour, Mme   Patience Ilunga.  Comment? ‘’Mais, vous n’avez qu’à observer vous-même. Les opposants d’hier, ceux  qui sont actuellement au pouvoir, pensent-ils au peuple? Non. Après avoir profité de la confiance du peuple congolais,  Ils sont devenus les vrais défenseurs du pouvoir. Aujourd’hui, Diomi Ndongala est en prison,  par exemple, ces opposants-là qui sont au pouvoir, en commençant par Bruno Tshibala,  le Premier Ministre, ont-ils déjà même réclamé sa libération? Non. Que les opposants cessent de distraire le peuple car, ils sont semblables à ceux qui nous gouvernent’’, a renchéri, en plus, Mme  Patience, tout en affirmant, néanmoins,   avoir effectivement   marché   le 31 décembre 2017.

Pour le Comité Laïc de Coordination,  dans sa démarche, l’idée maîtresse est  celle de braver la peur et s’engager dans une lutte ‘’contre toute forme de dictature’’ en RD. Congo.  Ainsi,  faudrait-il   se réveiller. Car,  après tout,  il est question de sauver la vie, de sauver la patrie en danger.   C’est ce qu’a affirmé  le professeur Thierry Nlandu, un des  animateurs du CLC, un certain samedi 2 décembre 2017,  au cours  d’une conférence animée à la Paroisse Sainte Famille de Masina à Kinshasa, en présence de la population kinoise,  venue quasiment  de tous les quatre coins de la capitale.

Ultime combat ?

A l’analyse, avec la résistance farouche des éléments au maintien de l’ordre public,   l’ultime combat dudit mouvement catholique au travers de cette marche,  n’a pas eu  gain de cause. Mais, les revendications demeurent intactes.

Pour rappel, il s’agissait de   la mise en application effective de toutes les mesures de décrispation politique contenues dans ce document, dont la libération sans condition de tous les prisonniers politiques, la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, de  la fin du dédoublement des partis politiques, de  la libéralisation des espaces médiatiques et,  particulièrement,  de la RTNC, de  la réouverture des médias injustement fermés, de la redynamisation  de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections en République Démocratique du Congo, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre.

[Germain Lobo]

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