jeudi , 18 janvier 2018
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31 décembre : “Joseph KABILA”, un président voyous et barbare !

Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo. (…) L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence la nôtre. Nous voulons un Congo des valeurs et non d’anti-valeurs, ” a martelé le Cardinal Laurent Monsengwo. La conférence des évêques catholiques de RDC demande “une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les pertes en vie humaine et les agressions physiques”. Le droit de manifestation pacifique “est une composante essentielle de la démocratie”, a souligné mardi le Quai d’Orsay dans son communiqué. La secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean, a dénoncé des “attaques inqualifiables et désolantes”. Le Vatican reconnaît aux fidèles le droit de manifester, confirme la représentation du Pape à Kinshasa. Le président congolais serait sous pression selon des sources crédibles proches de la Majorité Présidentielle (MP). Même à l’époque de Mobutu, jamais l’armée ni la police n’avaient tiré ainsi à bout portant dans une église….

1. DÉCLARATION DU CARDINAL LAURENT MONSENGWO EN MARGE DE LA MARCHE DU 31 DÉCEMBRE 2017

Chers frères et sœurs,

Ce n’est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d’énervement, d’incertitude sinon de panique.

Nous sommes témoins d’incidents malheureux survenus le dimanche 31 décembre 2017 lors de la marche pacifique et non violente organisée par le comité laïc de coordination, dans le but de réclamer l’application réelle de l’Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement. Ceci crée un malaise socio-politique que traverse notre cher et beau pays, la RD Congo (cf. Message de l’Assemblée plénière extraordinaire des Evêques de la Cenco, 24 novembre 2017).

Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie. Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l’ordre reçu d’une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.

Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.

Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables des protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ? Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés (cf. Benoît XVI, Liberté religieuse, chemin vers la paix) ?

Le sait-on, la liberté religieuse est un élément essentiel de l’Etat de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits et aux libertés fondamentales. L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence la nôtre. Nous voulons un Congo des valeurs et non d’anti-valeurs.

Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité, et à nos morts pour la liberté, le salut éternel.

2. EPISCOPAT EXIGE UNE ENQUÊTE

L’épiscopat congolais a exigé mardi l’ouverture d’une enquête sur la répression des marches des catholiques contre le président Joseph Kabila ayant occasionné “mort d’hommes” alors qu’une polémique enflait sur le nombre de victimes de la répression. Dimanche, les forces de sécurité de la République démocratique du Congo ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène et empêché des marches interdites organisées à l’appel d’un collectif catholique.

Dans un communiqué, l’épiscopat de la RDC “condamne avec la dernière énergie le recours à la violence par certains agents de l’ordre, violence non justifiée qui a occasionné la mort d’hommes”. “Choquée par les actes ignobles”, la conférence des évêques catholiques de RDC demande “une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les pertes en vie humaine et les agressions physiques”. Elle condamne par ailleurs “l’atteinte à la liberté de culte garantie dans tout État démocratique, la profanation de certaines églises et l’agression physique des fidèles dont les servants de messe et les prêtres”. Les marches de catholiques exigeaient l’application d’un accord de sortie de crise née du maintien au pouvoir de Joseph Kabila, signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition sous l’égide des évêques.

De son côté, la France s’est dite “préoccupée par les violences” de dimanche. Le droit de manifestation pacifique “est une composante essentielle de la démocratie”, a souligné le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué où il “réitère son appel au dialogue et au rejet de tout recours à la violence”. Paris “appelle à la tenue effective des élections conformément au calendrier électoral publié le 5 novembre 2017”, qui prévoit l’organisation de la présidentielle le 23 décembre 2018.

Violente répression

Le bilan de la répression des dernières manifestations était au cœur d’une polémique mardi entre la police qui dit qu'”aucun mort” n’a été enregistré et d’autres sources qui font état de victimes. “Une douzaine de morts a été répertoriée : 11 à Kinshasa et un à Kananga” dans le centre du pays, a déclaré un porte-parole des organisateurs, Jonas Tshiombela.

L’ONU a de son côté fait état d’une “violente répression” qui a occasionné “la mort d’au moins cinq personnes, plusieurs blessés et l’arrestation de plus de 120 personnes”. La police a rétorqué que les morts n’étaient pas des manifestants mais des “pillards” et des “bandits” tués loin des lieux des manifestations, selon la police. Pour sa part, le gouvernement de la RDC fait état d’un policier tué le même jour dans “l’attaque” d’un commissariat de police. Pour les Nations unies, l’accord du 31 décembre 2016 demeure “l’unique voie viable devant mener à la tenue d’élections, à une alternance pacifique au pouvoir et à la consolidation de la stabilité en République démocratique du Congo”.

Enfin, l’internet a été rétabli dans la nuit de lundi à mardi, après trois jours d’interruption décidée par le gouvernement à la veille des marches. Le climat politique est très tendu en RDC en raison de la crise née du maintien du président Kabila, dont le mandat s’est achevé en décembre 2016. M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne peut se représenter, selon la Constitution. Une série d’élections dont la présidentielle censée élire son successeur est prévue pour le 23 décembre 2018.Un calendrier récusé par l’opposition et la société civile qui réclament l’application de l’accord du 31 décembre 2016 qui prévoyait des élections fin 2017 pour organiser le départ de M. Kabila.

Enfants de chœur interpellés

A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, dont plusieurs par balles, selon le décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses. La police a aussi interpellé douze enfants de chœur à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que des catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe. La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des commerces ont été pillés. Toute l’opposition et la société civile, qui réclament le départ du président Kabila dès ce 31 décembre 2017, se sont associées à l’appel des marches, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations contre le régime.

L’ONU appelle « le gouvernement et les forces nationales de sécurité à faire preuve de retenue et à respecter les droits du peuple congolais aux libertés d’expression et de manifester pacifiquement

Dans un pays majoritairement chrétien, où les habitants survivent avec moins de un dollar par jour, c’est en pleine prière au cœur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption. « Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église » où se déroulait la messe, a déclaré à l’AFP un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans le centre de Kinshasa.

A la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala, quartier populaire du nord de Kinshasa, les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes à l’arrivée du leader de l’opposition Félix Tshisekedi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les manifestants demandent au président de déclarer qu’il ne sera plus candidat. Ils veulent aussi un « calendrier électoral consensuel » à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer Joseph Kabila, alors que son dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

« Distribution d’armes »

Au cours de la nuit, l’armée et la police s’étaient déployées massivement devant des églises de Kinshasa, la capitale aux quelque 10 millions d’habitants, les autorités assurant être informées d’une « distribution d’armes » pour déstabiliser le régime. Une équipe de l’AFP a été menacée à Kinshasa par un officier congolais. « Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous », a lancé l’officier. A Kinshasa, de nombreuses barrières routières ont été installées dans la ville, où des policiers et militaires contrôlaient les passagers des véhicules en circulation.

Dans un communiqué à New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé « le gouvernement et les forces nationales de sécurité à faire preuve de retenue et à respecter les droits du peuple congolais aux libertés d’expression et de manifester pacifiquement ». Le patron de l’ONU « exhorte tous les acteurs politiques congolais à demeurer pleinement engagés à la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016 qui demeure l’unique voie viable devant mener à la tenue d’élections, à une alternance pacifique au pouvoir et à la consolidation de la stabilité en République démocratique du Congo », précise le communiqué.

3. VITAL KAMERHE: « MÊME À L’ÉPOQUE DE MOBUTU, JAMAIS L’ARMÉE NI LA POLICE N’AVAIENT TIRÉ AINSI À BOUT PORTANT DANS UNE ÉGLISE »

Comme plusieurs leaders de l’opposition congolaise, Vital Kamerhe a pris part ce dimanche à une messe qui devait être suivie d’une marche de chrétiens pour réclamer l’application de l’accord de la Saint Sylvestre. C’était sans compter sur l’intervention musclée et inédite des forces de l’ordre dans des églises.​ Entretien.

C’est en empruntant sentiers et petits chemins que Vital Kamerhe a pu se rendre ce dimanche 31 décembre à la paroisse Saint Michel de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa. Mais la messe a été brutalement interrompue après l’intervention des forces de l’ordre qui ont lancé des gaz lacrymogènes en plein culte, selon plusieurs témoignages concordants. Même incident signalé dans plusieurs autres paroisses de la capitale de la RDC.

À l’appel du Comité laïc de coordination de l’Église catholique, des marches des chrétiens étaient prévues à la sortie des églises pour réclamer la mise en œuvre intégrale de l’accord politique de la Saint-Sylvestre, conclut il y a une année jour pour jour entre l’opposition et le camp du président Joseph Kabila. Pour empêcher ces manifestations, un dispositif sécuritaire renforcé a été déployé devant plusieurs paroisses de Kinshasa et des coins chauds de la capitale. Internet et SMS ont été suspendus sur toute l’étendue du territoire national.

Jeune Afrique: Qu’est-ce qui s’est passé pendant la messe à la paroisse Saint Michel de Bandalungwa?

Vital Kamerhe: À la paroisse Saint Michel où j’assistais à la messe, cela est arrivé juste au moment où venait de se terminer la lecture du texte qui parlait d’Abraham et de son fils. Personne n’avait provoqué personne. Les forces de l’ordre sont intervenues tout simplement parce que nous étions là, au regard de l’engouement à l’extérieur. Il y avait des gens de part et d’autre jusqu’à quelque 300 mètres de la paroisse. Une foule nombreuse. La Monusco est venue mais les militaires l’ont empêchée de venir sécuriser l’église. Ce qui nous fait dire que c’était un plan bien calculé: il fallait tirer sur tout ce qui bouge dans l’église. Ce que les policiers et militaires ont fait. Tout est devenu noir dans l’église, des fidèles couchés par terre. On a dû soigner le prêtre qui officiait la messe en pleine messe dans le noir. C’est une barbarie d’un autre genre! Nous n’avons jamais vu ça depuis 1960. Même à l’époque de Mobutu, jamais l’armée ni la police n’avaient tiré à bout portant ou lancé des gaz lacrymogènes dans l’église. C’est inacceptable! La messe a été ainsi interrompue pendant une heure de temps. J’ai demandé ensuite au curé de reprendre la messe. Un major est entré pour me dire qu’il avait reçu l’ordre de me prendre et de me faire sortir. J’ai refusé. Finalement, je suis sorti avec la foule et nous avons marché quelque 200 mètres avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles.

Êtes-vous sorti sain et sauf après cette intervention des forces de l’ordre?

Ce n’est pas facile de me bousculer. J’avais une ceinture d’une marée humaine incroyable. Pour m’atteindre, il fallait tuer au moins 500 personnes. Et ces forces de l’ordre et de sécurité savent très bien que devant les gaz lacrymogènes ou les balles réelles, Kamerhe ne recule pas. Je suis habitué à tout ça. Un militant est même venu me frotter de la margarine sur mon visage pour me protéger des gaz lacrymogène, je lui ai dit que je n’avais pas besoin.

Quelle a été la situation des autres paroisses de Kinshasa?

À Ngaba, on aurait tué des gens, d’après les premières informations qui nous parviennent du Comité laïc de coordination de l’église catholique. Il en serait de même à Kabinda, Kabambare, Matete… Une chose est sûre: aujourd’hui la population congolaise se réveille et libère son avenir. Si les images satellites pouvaient parvenir à toutes les chaînes de télé du monde – parce que les autorités ont coupé internet dans le pays -, vous verriez comment les gens sont descendus dans plusieurs rues de la capitale. Accompagnés par endroits de certains prêtres, malgré les balles. Le curé de Matete qui marchait avec des fidèles, a été brièvement enlevé par la Garde républicaine. À N’Djili, dans la paroisse Saint-Pierre, des gens sont enfermés dans l’enclos. En fait, c’est la panique dans le camp de Joseph Kabila. Notre message est donc passé: avec son armée et sa police, il ne peut pas être plus fort que le peuple. Chaque chose a un début et une fin. Et la fin pour Joseph Kabila est arrivée. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est le début de quelque chose d’important.

Qu’est-ce qui va se passer à partir de maintenant?

La seule voie qui s’impose à nous est celle de nous mettre ensemble pour chasser cette dictature abjecte de Kabila. C’est pourquoi je voudrais interpeller de la manière la plus claire l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social). Ses tergiversations de ne pas vouloir être avec les autres en les accusant de « collabo » font le jeu de Kabila. Car ce n’est pas un « collabo de Kabila » qui allait donner du fil à retordre à la Garde républicaine à Bandalungwa. Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Mbusa Nyamwisi et même Félix Tshisekedi l’ont déjà compris. Il faut donc que les camarades du parti de ce dernier lui facilitent la tâche.

Ces réticences de certains cadres de l’UDPS s’expliqueraient sans doute par vos récents choix politiques. Vous vous êtes rapproché en effet du camp de Kabila à l’issue des pourparlers de la Cité de l’OUA avant de vous repositionner de nouveau aujourd’hui du côté de l’opposition. Avez-vous finalement l’impression d’avoir été floué par Kabila?

Je n’ai jamais quitté l’opposition. De même qu’Étienne Tshisekedi n’avait pas quitté l’opposition pour avoir reçu le facilitateur Edem Kodjo à Bruxelles. Nous, nous avions voulu limiter les dégâts. Nous n’avons pas été floués, c’est Kabila qui est en train de se flouer lui-même. Nous avons eu ce tort d’avoir été les premiers à comprendre qu’il fallait prendre Kabila dans son propre piège. Il fallait montrer au monde entier qu’il chante le dialogue mais qu’en réalité il ne veut pas du dialogue. Les autres nous ont suivis plus tard et tous nous avons signé un accord le 31 décembre 2016 avec Kabila. Si nous, qui avons signé avec Kabila le premier compromis de la Cité de l’OUA, sommes des traitres, alors nous tous qui avons conclu avec lui l’accord de la Saint-Sylvestre par la suite le sommes aussi. Étant pacifistes, nous avons voulu simplement épuiser toutes les voies. D’où cet appel pathétique que je lance à nous tous, grands leaders: adoptons un plan commun de combat contre Kabila. Mais en même temps que nous combattons la dictature, nous ne devons pas être distraits. Nous devons maintenir la pression sur la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et mettre son président Corneille Nangaa et son équipe en garde: nous n’accepterons pas la machine à voter. Pour nous, c’est une question de vie ou de mort. Car même si Kabila doit partir, les élections ne se feront pas avec des machines à voter dont Nangaa a annoncé le début de la livraison. Ce sont des machines à tricher pour que Kabila place à la tête du pays n’importe qui, sa femme, sa sœur, son cousin…

Une année plus tard, que reste-t-il encore de l’accord de la Saint-Sylvestre?

Il en reste l’impossibilité pour Kabila de recourir à un référendum constitutionnel. Nous devons obtenir l’application de toutes mesures de décrispation prévues: le retour de Moïse Katumbi et de Mbusa Nyamwisi, la libération de Jean-Claude Muyambo, de Diomi Ndongala et tous les autres prisonniers politiques. Nous devons également recouvrer notre liberté de nous exprimer et de manifester, avoir un accès libre aux médias et imposer ainsi la démocratie. La prolongation d’une année que nous avions donné à Kabila se termine ce 31 décembre à minuit. Sur base de quelle légitimité prendrait-il encore une quelconque décision?

Le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), par Joseph Olenghankoy, a donné son aval pour le report du scrutin au-delà du délai d’une année initialement prévu…

(Rires). Est-ce celui qui a mis en garde quiconque se rendrait à l’église aujourd’hui? C’est une caisse de résonance du pouvoir. Tout le monde le sait: le gouvernement n’existe pas, le CNSA n’existe pas. Leurs animateurs se sont distribué des poulets et du riz hier pour qu’ils mangent et que leurs ventres éclatent. Nous, nous sommes du côté du peuple qui est affamé.

4. VATICAN RECONNAÎT AUX FIDÈLES LE DROIT DE MANIFESTER

Le Vatican a communiqué au sujet de la marche organisée par le Comité de Laïcs Catholiques (CLC) le 31 décembre 2017 en RDC. Dans un communiqué ce mardi 2 janvier 2018, la Nonciature reconnaît aux fidèles catholiques le droit d’entreprendre une telle action.

« La promotion de la justice sociale et la défense des droits civils et politiques des citoyens fait intégralement partie de la doctrine sociale de l’Eglise. Contrairement à ce qu’il en est dans d’autres organisations et sociétés, aucune autorisation préalable n’est demandée pour l’exercice de ces droits. Mais il est de la compétence de l’autorité ecclésiastique du lieu de résidence des fidèles d’être attentif à ce que l’activité des fidèles et de leur association reste conforme à la foi et à la doctrine de l’Église. Dans le cas de l’initiative promue par le CLC à Kinshasa, l’unique autorité ecclésiastique compétente pour juger la conformité d’une telle initiative avec la doctrine de l’Église était l’archevêque de Kinshasa», souligne la représentation du Pape à Kinshasa.

Le communiqué indique que le Nonce Apostolique a été informé de la manifestation des chrétiens catholiques et aucune « réaction » ne pouvait être attendue.

« Cette Nonciature Apostolique a été formellement informée par les membres du CLC sur leurs intentions. La Représentation Pontificale, comme il est de son devoir, a opportunément communiqué la nouvelle à ses supérieurs de la secrétairerie d’État de sa Sainteté. Toutefois on ne pouvait pas s’attendre à une quelconque réaction du Saint Siège, car il est de règle dans l’enlise de respecter ce qui est dans la compétence des Évêques diocésains. Par conséquent aucune approbation ou condamnation n’a été émise par le Saint Siège et il ne faudra aucunement en attendre dans le futur », martèle le communiqué. Dans un communiqué lundi, le CLC a exprimé son engagement à poursuivre contre le pouvoir les actions dans les prochains.

5. PARIS “PRÉOCCUPÉ PAR LES VIOLENCES”

La France “est préoccupée par les violences” survenues dimanche en République démocratique du Congo lors des manifestations contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, a déclaré mardi un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Le droit de manifestation pacifique “est une composante essentielle de la démocratie”, a souligné mardi le Quai d’Orsay dans son communiqué, où il “réitère son appel au dialogue et au rejet de tout recours à la violence”. Paris “appelle à la tenue effective des élections conformément au calendrier électoral publié le 5 novembre 2017”, qui prévoit l’organisation de la présidentielle le 23 décembre 2018.

Un calendrier récusé par l’opposition et la société civile congolaises qui réclament l’application d’un accord signé il y a un an, sous l’égide des évêques, prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ de M. Kabila, dont le mandat s’est achevé en décembre 2016. Joseph Kabila dirige la RDC depuis 2001.

6. MICHAËLLE JEAN DÉNONCÉ DES “ATTAQUES INQUALIFIABLES ET DÉSOLANTES”

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean. La secrétaire générale de la Francophonie a dénoncé lundi les “attaques inqualifiables et désolantes” contre des fidèles et des citoyens dimanche en République démocratique du Congo, exhortant les autorités de ce pays à garantir le droit de manifester. “Mes pensées vont aux familles et aux proches endeuillés, aux blessés, aux personnes incarcérées. Les attaques lancées contre des fidèles rassemblés dans des lieux de culte” et contre “des citoyens (…) voulant que tout soit mis en oeuvre (…) pour préparer sereinement la tenue d’élections crédibles” en RDC “sont inqualifiables et désolantes”, a déclaré la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, dans un communiqué.​ “Participer à une manifestation est un droit fondamental”, a-t-elle souligné.

Rappelant “les règles de conduite auxquels les forces de maintien de l’ordre doivent se soumettre dans l’encadrement républicain des manifestations”, la secrétaire générale a également exhorté les acteurs politiques et de la société civile de RDC à “préserver le caractère pacifique de leurs revendications”.

“Rien ne saurait entamer la volonté et les efforts vers une sortie de crise en République démocratique du Congo”, affirme lundi la secrétaire générale de la Francophonie, rappelant la “détermination” de son organisation à oeuvrer pour des “élections libres, transparentes et crédibles en RDC”. L’Organisation internationale de la Francophonie, basée à Paris, compte 58 Etats et gouvernements membres (dont la RDC), et 26 pays observateurs. L’OIF a notamment pour objectif de “promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’homme”.

7. APPELS À L’APPLICATION INTÉGRALE DE L’ACCORD DU 31 DÉCEMBRE 2016

Après Didier Reynders, le chef de la diplomatie belge, le secrétaire général de l’ONU appelle à l’implication intégrale de l’accord conclu sous la médiation de la CENCO. Antonio Guterres, préoccupé par la « violente répression » des manifestations par les forces de sécurité (de 5 à 8 morts) « appelle le gouvernement et les forces nationales de sécurité à faire preuve de retenue et à respecter les droits du peuple congolais aux libertés d’expression et de manifester pacifiquement ». Antonio Guterres « exhorte tous les acteurs politiques congolais à demeurer pleinement engagés à la mise en oeuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016 qui demeure l’unique voie viable devant mener à la tenue d’élections, à une alternance pacifique du pouvoir et à la consolidation de la stabilité en RDC ».

Les laïcs aussi

Dans un communiqué bilan de la marche du 31 décembre, le comite des laïcs catholiques réitèrent leur revendications d’application intégrale de l’accord du 31 décembre 2016. Ils citent notamment l’application de la décrispation avec la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des actions en justice, l’élaboration d’un calendrier consensuel sur la base de l’actuel et la refonte du bureau de la CENI. Ils exigent aussi une déclaration solennelle du président Kabila qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections présidentielles, comme le prévoit la constitution. Dans son discours de vœux pour 2018, Joseph Kabila a assuré que la publication par la CENI du calendrier électoral « conduit de manière irréversible vers l’organisation des élections » du 23 décembre prochain.

[avec Afp, Jeune Afrique, actualite.cd, topcongo-fm]

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