jeudi , 18 janvier 2018
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RDC : Mystère sur le dauphin de “Kabila”

Va-t-il libérer les moyens et organiser l’élection qui doit le faire partir? Les adversaires politiques du président Joseph Kabila n’y croient pas et, par conséquent, voudraient l’y contraindre. Le challenge est donc lancé. Dans une année, jour pour jour, les Congolais devront élire le successeur de Joseph Kabila. Les partenaires de la RDC doivent maintenir la pression sur Kinshasa pour le contraindre à organiser les élections dans un climat démocratique où toutes les parties prenantes sont acceptées et jouissent des mêmes droits. D’ores et déjà, l’UE et les USA attendent l’issue du processus électoral pour redéfinir leur collaboration avec Kinshasa.

Après avoir épuisé ses deux mandats constitutionnels, le président Joseph Kabila a glané une année de bonus à la faveur de l’Accord du 31 décembre 2016. Alors qu’aux termes du calendrier électoral publié le 5 novembre 2017, la présidentielle prochaine est fixée au 23 décembre 2018, Joseph Kabila entretient encore un mystère sur son éventuel dauphin. Ce qui suscite le doute dans les rangs de ses adversaires sur sa réelle intention de libérer le processus électoral

Va-t-il libérer les moyens et organiser l’élection qui doit le faire partir? Les adversaires politiques du président Joseph Kabila n’y croient pas et, par conséquent, voudraient l’y contraindre. Le challenge est donc lancé. Dans une année, jour pour jour, les Congolais devront élire le successeur de Joseph Kabila.

La tenue d’élections au 23 décembre 2018 est un challenge qui dépend, en priorité, de la vigilance et de la détermination du peuple congolais, à contraindre ses dirigeants au strict respect du calendrier électoral, mais aussi de l’accompagnement de la communauté internationale. Tant, la volonté politique des dirigeants congolais à organiser les élections dans le délai imparti est sujette à caution.

Plus d’un mois après la publication du calendrier électoral, soit le 5 novembre dernier, les doutes persistent sur l’organisation effective de premières
élections, en l’occurrence la présidentielle et les législatives nationales et provinciales dans le timing fixé.

Dans un an, jour pour jour, soit le 23 décembre 2018, les Congolais devront élire, selon le calendrier de la Céni, le nouveau président de la République mais aussi des députés nationaux et provinciaux. Ce rendez-vous est indispensable pour l’alternance démocratique du sommet à la base, voeu de tout un peuple
qui tient à tourner la page de l’ère Joseph Kabila. Au pouvoir depuis janvier 2001, le président sortant a épuisé depuis le 20 décembre 2016 son deuxième et dernier mandat. Il n’a plus droit de se représenter. Son fauteuil est donc vacant.

Mais, « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». La tenue de ces élections au 23 décembre 2018 est loin d’être un acquis. Tout indique que les défis sont quasi intacts. Depuis la publication du calendrier électoral, le président Joseph Kabila n’a jamais dit clairement qu’il se soumettrait volontiers au verdict des urnes. La Cénco lui a demandé de dire clairement qu’il ne se représenterait pas. Cette demande est restée lettre morte jusqu’à ce jour.

PROCESSUS ÉLECTORAL SANS CONSENSUS

En publiant son calendrier électoral, la Céni l’a truffé de plusieurs contraintes financières, juridiques et sécuritaires. Pour autant, la levée de ces contraintes est du ressort exclusif des institutions de la République. Le gouvernement et le Parlement ont l’obligation de réunir toutes les conditions nécessaires en vue d’un processus électoral apaisé, crédible, transparent et démocratique sur l’ensemble du territoire national. Il se fait que tout ceci relève de la volonté politique de la classe dirigeante qui, malheureusement, fait preuve jusque là de mauvaise foi.

En effet, le président Joseph Kabila vient de glaner une année de bonus à la suite de l’Accord du 31 décembre 2016. C’est cet arrangement politique qui a fait que les forces de l’Opposition acceptent qu’il reste en fonction jusqu’à la tenue d’élections, initialement prévues en décembre 2017. Cependant, le Raïs, après avoir traversé la date fatidique du 31 décembre 2016, refuse l’application des résolutions de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Ce qui met en
péril le processus électoral en cours.

Les forces politiques et sociales de l’Opposition ne croient plus que la majorité au pouvoir pourra organiser les élections dans le timing fixé par la Céni. Aussi le Rassemblement et des mouvements citoyens envisagent-ils désormais une transition, dès le 1er janvier 2018, sans l’actuel chef de l’Etat. Y parviendront-ils ? La partie est loin d’être gagnée.

Même la Cénco qui a salué le calendrier de la Céni ne veut pas donner un chèque en blanc au président de la République et à sa majorité pour la tenue de ces élections. Une marche géante est prévue le 31 décembre 2017 par les catholiques, à l’initiative du Comité laïc de coordination (CLC). Cette marche, dit le CLC, est destinée à « libérer l’avenir du Congo ».

A l’instar de la Cénco et des forces politiques et sociales de l’Opposition, le CLC estime que le processus électoral en cours est un leurre et ne réunit pas les conditions favorables à la tenue d’élections dont les résultats seront acceptés et opposables à tous.

LA RUE POUR EXIGER UN PROCESSUS CRÉDIBLE

Le CLC dénonce le fait que l’Accord du 31 décembre 2016 continue à être violé par la majorité au pouvoir au point que le processus électoral ne peut être apaisé. En effet, l’imposition d’une loi électorale scélérate et non fondée sur le consensus national, la répression des Congolais à Kinshasa et à l’intérieur du pays lors des manifestations publiques, la poursuite des violations massives des libertés les plus fondamentales, la détention des prisonniers politiques et le maintien en exil d’autres acteurs de l’opposition, le pillage des richesses du pays par une poignée de gens et la confiscation de tous les moyens de l’Etat, sont autant de vices que les catholiques mettent sur le dos du régime de Kinshasa et qui ne peuvent pas favoriser un processus électoral crédible.

Seule la cessation de toutes ces persécutions contre les acteurs de l’opposition, les journalistes et les activistes de défense de droits de l’Homme peut crédibiliser le processus électoral. La marche du 31 décembre 2017, à laquelle tous les Congolais épris de justice sont conviés, est une action visant à contraindre Kinshasa à appliquer l’Accord de la Saint-Sylvestre ; seule feuille de route susceptible de garantir un processus apaisé et crédible, et à faire
cesser la répression aveugle des acteurs de l’Opposition.

Même la communauté internationale qui a salué le calendrier électoral n’entend pas transiger sur l’application de l’Accord du 31 décembre 2016, notamment en ce qui concerne les mesures de décrispation politique.

APPUI CONDITIONNÉ DES PARTENAIRES

La Céni a besoin de plus de 432 millions USD pour ces trois scrutins combinés du 23 décembre 2018. Elle attend notamment la contribution des partenaires extérieurs à qui le budget détaillé a été envoyé au même moment qu’au gouvernement et au Parlement.

Dans sa déclaration du 11 décembre, l’Union européenne n’y est pas allée par le dos de la cuillère pour mettre les dirigeants Congolais devant leurs responsabilités. Pour l’UE, il est de la « responsabilité première » du gouvernement et de la Céni de « garantir le respect du calendrier électoral ». Mieux, les 27 soutiennent qu’il n’y aura pas d’appui aux élections en RDC « sans une évaluation de la mise en oeuvre des mesures contenues dans l’Accord du 31 décembre 2016 ».

Quoi de plus normal que les partenaires extérieurs de la RDC ne financent pas un processus électoral où les adversaires politiques sont persécutés et/ou les libertés les plus fondamentales sont bafouées. Autant dire que Kinshasa doit d’abord faire amende honorable en décrispant l’espace politique par la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés menacés d’arrestation comme Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre 2018.

Pour bien accompagner le processus électoral en RDC, l’UE prévoit de constituer un comité d’experts qui va travailler de concert avec la Céni. Ce comité tarde à être mis en place. Alors qu’il est nécessaire pour pousser Kinshasa à démocratiser le processus électoral en cours.

Les partenaires de la RDC doivent maintenir la pression sur Kinshasa pour le contraindre à organiser les élections dans un climat démocratique où toutes les parties prenantes sont acceptées et jouissent des mêmes droits. D’ores et déjà, l’UE et les USA attendent l’issue du processus électoral pour redéfinir leur collaboration avec Kinshasa.

[Le Potentiel]

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