vendredi , 19 janvier 2018
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« Opération cloches » : « Joseph KABILA » veut intimider les curés de l’Eglise catholique

Un parti proche de la Majorité présidentielle a déposé une plainte pour « tapage nocturne » contre un prêtre pour l’ « Opération cloches », initiée par les curés de l’Eglise catholique. Cette plainte est ni plus ni moins qu’une intimidation du régime en place pour décourager les initiateurs de cette action pacifique destinée à réclamer l‘application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016. Tout aussi, la MP croit ainsi distraire l‘opinion avec cette plainte alors que la crise politique s’enlise davantage.

Il fallait s’y attendre. La Majorité pré sidentielle (MP) ne pouvait pas s’empêcher de contrecarrer la nouvelle « opération cloches », initiée par les curés des doyennés de l’archidiocèse de Kinshasa pour réclamer la mise en oeuvre intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016 et l’organisation des élections, conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

En effet, le doyen des curés de la capitale, l’abbé Vincent Tshomba, a été convoqué le mercredi 27 décembre au parquet de Kalamu pour avoir appelé les prêtres de Kinshasa à sonner les cloches pendant 15 minutes toutes les semaines afin d’exiger le départ du président Joseph Kabila, a-t-on appris auprès de sa défense, rapporte AFP. « Nous sommes au parquet de Kalamu avec l’abbé Vincent Tshomba qui est convoqué pour la deuxième fois », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Me Georges Kapiamba, en affirmant que « les raisons de cette convocation ne sont pas connues jusquelà ».

L’abbé Vincent Tshomba a été initialement convoqué le mardi 26 décembre sans être entendu. Il a été de nouveau convoqué par la justice hier mercredi 27 décembre. Il est sous le coup d’une plainte pour « tapage nocturne » déposée par l’Union nationale des nationalistes (UNANA), un parti notoirement connu proche de la Majorité présidentielle, dirigé par l’ancien ministre Willy Mishiki. Il reproche à l’abbé Tshomba d’être l’initiateur de cet appel baptisé « opération cloches », et qui aurait déclenché une crise cardiaque chez l’un des cadres de son parti.

La plainte est datée du 18 décembre, soit quatre jours seulement après le début de « l’opération cloches ». Cet appel, lancé à tous les curés de Kinshasa de sonner les cloches pendant 15 minutes chaque jeudi à 21 heures, invite aussi tous les habitants de Kinshasa à se joindre au concert avec des sifflets, casseroles, et autre vuvuzela. Un appel suivi dans certains quartiers de la capitale ces deux derniers jeudis.

Me Franck Kalolo, signataire de la plainte, prétend que les bruits que son client a entendus ce jour-là sont « suffisamment en tout cas » pour déclencher une « crise cardiaque ». La victime, le secrétaire national au sport du parti UNANA, Pambi Yoka, serait dans un état de santé décrit comme « précaire ». Pambi Yoka rentrait chez lui à Kasa-Vubu, jeudi 14 décembre, explique la plainte, lorsqu’il aurait croisé des Kinois « lançant des cris, des sifflets, tapant des casseroles », ce qui aurait « provoqué sa crise en perdant ses facultés mentales ».

KINSHASA, CAPITALE DU TAPAGE

Tout indique que cette plainte est une démarche malheureuse de la Majorité présidentielle pour intimider les curés des paroisses de Kinshasa afin de les dissuader à poursuivre leur opération de cloches.

Une plainte pour tapage nocturne à Kinshasa est purement une distraction. Depuis toujours, la capitale congolaise paye un lourd tribut des tapages non seulement nocturnes mais aussi diurnes. L’Etat est aux abonnés absents quand il s’agit de faire respecter la loi en cette matière.

D’une part, les milliers d’églises de réveil disséminés à travers Kinshasa font un tapage diurne et nocturne sans qu’elles soient sanctionnées par l’autorité compétente. De l’autre côté, les bars et autres buvettes de boissons de Kinshasa fonctionnent comme dans la jungle sans respecter la règlementation en matière de d’émission de décibels. C’est dire que cette plainte est une distraction de l’opinion, car personne ne s’occupe de tapage diurne ou nocturne à Kinshasa.

L’opération cloches est un rejet de méthodes dictatoriales du régime en place à Kinshasa. En foulant au pied l’Accord du 31 décembre 2016, la MP est en train d’hypothéquer non seulement le processus électoral mais aussi l’avenir de la République démocratique du Congo.

C’est contre tous ces subterfuges qui visent à retarder la tenue d’élections que l’Eglise catholique est en train de mobiliser ses fidèles mais aussi tous les hommes épris de justice et de paix en vue de sauver le pays pris en otage par une minorité de dirigeants.

C’est dans ce cadre que le comité des laïcs catholiques a invité la population à une marche le 31 décembre 2017 «pour libérer l’avenir du Congo», estimant que les autorités n’ont pas répondu aux «conditions préalables » à l’organisation d’élections «réellement crédibles». De même, plusieurs partis d’opposition ont apporté leur soutien à cet appel, dont le G7 et le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

[Le Potentiel]

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