mardi , 16 janvier 2018
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Pots-de-vin : Le président péruvien interrogé par la justice sur des soupçons de corruption

L[\dropcap]e président du Pérou Pedro Pablo Kuczynski a été longuement interrogé jeudi par la justice sur des soupçons de corruption. Odebrecht, géant du BTP brésilien, a contredit le président en admettant avoir payé près de cinq millions de dollars à des entreprises de conseil liées à M. Kuczynski, alors ministre, entre 2004 et 2013. Le président Kuczynski a été interrogé pendant quatre heures jeudi, au palais du gouvernement, par le parquet anticorruption. Ni ce dernier ni le chef de l’Etat n’ont fait de déclarations à l’issue de l’interrogatoire. Les magistrats cherchent à savoir si une des entreprises de M. Kuczynski a pesé dans l’attribution de marchés au groupe brésilien ou profité des attributions de celui qui était alors ministre. Ce scandale de corruption autour d’Odebrecht, qui distribuait généreusement les pots-de-vin pour obtenir des chantiers, éclabousse l’Amérique latine jusqu’aux sommets du pouvoir.

Le président du Pérou Pedro Pablo Kuczynski a été longuement interrogé jeudi par la justice sur des soupçons de corruption, avant une nouvelle manifestation de familles de victimes contre la grâce qu’il a accordée à l’ex-chef d’Etat Alberto Fujimori.

Les deux affaires, qui placent le dirigeant de centre droit dans une situation délicate, sont directement imbriquées.

D’un côté, c’est parce qu’Odebrecht, géant du BTP brésilien, a contredit le président en admettant avoir payé près de cinq millions de dollars à des entreprises de conseil liées à M. Kuczynski, alors ministre, entre 2004 et 2013, que l’opposition a lancé une procédure de destitution au Parlement.

Lors de cette séance du 21 décembre, « PPK » (acronyme et surnom de Pedro Pablo Kuczynski) a sauvé sa place de justesse grâce au soutien d’une partie du puissant mouvement politique fondé par M. Fujimori, pourtant dans l’opposition et désormais dirigé par ses enfants.

De l’autre, seulement trois jours plus tard, le président Kuczynski, 79 ans, a accordé une grâce à Alberto Fujimori, qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité et corruption.

Cette décision a provoqué une crise politique et des manifestations de Péruviens, qui reprochent à PPK d’avoir négocié ainsi sa survie à la tête de l’Etat.

Les familles des victimes y voient une « trahison », le chef de l’Etat s’étant engagé durant sa campagne électorale de 2016 à ne pas libérer M. Fujimori, 79 ans également.

Sur le cas Odebrecht, le président Kuczynski a été interrogé pendant quatre heures jeudi, au palais du gouvernement, par le parquet anticorruption. Ni ce dernier ni le chef de l’Etat n’ont fait de déclarations à l’issue de l’interrogatoire.

Les magistrats cherchent à savoir si une des entreprises de M. Kuczynski a pesé dans l’attribution de marchés au groupe brésilien ou profité des attributions de celui qui était alors ministre.

Ce scandale de corruption autour d’Odebrecht, qui distribuait généreusement les pots-de-vin pour obtenir des chantiers, éclabousse l’Amérique latine jusqu’aux sommets du pouvoir.

Gifle pour les victimes

Jeudi, la dirigeante de l’opposition Keiko Fujimori a elle aussi été interrogée, au siège du parquet, pour ce même dossier et les liens avec le financement de ses campagnes électorales. Elle nie toute malversation.

Son père, qui souffre de problèmes cardiaques, devrait rester hospitalisé jusqu’à vendredi au moins.

Mais ses ennuis de santé n’émeuvent guère les familles des victimes de la répression sous ses gouvernements (1990-2000), qui prévoient de manifester jeudi à partir de 17H00 locales (22H00 GMT) au cri de « la grâce est une insulte » et au côté de partis politiques et d’associations de défense des droits de l’homme.

L’ancien homme fort du Pérou, d’origine japonaise, a été reconnu responsable de l’assassinat de 25 personnes aux mains d’un escadron de la mort. Il a déjà purgé 12 ans de réclusion.

Encore traumatisés par les abus commis dans les années 1990, plus de 5.000 Péruviens ont déjà manifesté lundi à Lima contre cette grâce, exigeant la démission de « PPK ».

Sur le front de la justice, les militants des droits de l’homme se mobilisent aussi.

Des avocats des victimes et d’ONG tentent de saisir la Cour interaméricaine des droits de l’homme, dont le siège à San José (Costa Rica), afin qu’elle demande des comptes au gouvernement péruvien et analyse cette grâce en vue d’une éventuelle annulation.

« La cour peut décider d’annuler une décision » prise au Pérou, affirme Carlos Rivera, un des avocats.

La grâce très controversée a soulevé des protestations au sein du propre gouvernement péruvien et ailleurs dans le monde.

Mercredi, le ministre de la Culture Salvador del Solar a présenté sa démission. Trois parlementaires du camp présidentiel ont déjà quitté le parti de M. Kuczynski pour manifester leur réprobation. Le président exécutif de la radio-télévision publique, Hugo Coya, a également remis sa démission.

Deux rapporteurs spéciaux de l’ONU se sont quant à eux dit jeudi « consternés » par cette « gifle pour les victimes ».

« Le pardon présidentiel accordé à Alberto Fujimori, fondé sur des motivations politiques, sape le travail de la justice péruvienne et de la communauté internationale pour parvenir à la justice », ont déclaré la Française Agnès Callamard et le Colombien Pablo de Greiff.

[Afp]

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