mercredi , 17 janvier 2018
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Syrie : Evacuations de civils dans la Ghouta orientale

Des opérations d’évacuation ont débuté pour des civils en état médical critique dans la Ghouta orientale, une zone rebelle proche de Damas assiégée depuis des années par le régime syrien et au cœur d’une grave crise humanitaire, ont annoncé mercredi des ONG.

Quatre habitants ont été évacués dans la nuit de mardi à mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable du Croissant Rouge syrien, Ahmed al-Saour, précisant qu’au total 29 malades devraient pouvoir quitter le secteur rebelle dans les heures ou les jours à venir.

Des opérations d’évacuation ont débuté pour des civils en état médical critique dans la Ghouta orientale, une zone rebelle proche de Damas assiégée depuis des années par le régime syrien et au coeur d’une grave crise humanitaire, ont annoncé mercredi des ONG.

Après des mois d’attente pendant lesquels au moins 16 personnes sont mortes, « le @SYRedCrescent (Croissant Rouge syrien) et l’équipe d’@ICRC (Comité international de la Croix-Rouge) ont commencé l’évacuation de cas médicaux critiques de la Ghouta orientale vers Damas », a déclaré le CICR sur Twitter.

Quatre habitants ont été évacués dans la nuit de mardi à mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable du Croissant Rouge syrien, Ahmed al-Saour, précisant qu’au total 29 malades devraient pouvoir quitter le secteur rebelle dans les heures ou les jours à venir.

Les quatre personnes évacuées sont « une fillette hémophile, un enfant atteint du syndrome de Guillain-Barré (une maladie qui atteint le système nerveux, ndlr), un enfant souffrant de leucémie et un homme qui a besoin d’une greffe de rein », a-t-il ajouté.

Dans la nuit illuminée seulement par les phares des ambulances, les familles attendaient fébrilement les évacuations médicales, ont constaté des correspondants de l’AFP.

Dans l’ambulance, la petite Ingy souffrant d’hémophilie affiche un large sourire, emmitouflée dans un manteau rose.

Près de 400.000 personnes sont prises au piège dans la Ghouta, assiégée par le régime depuis la mi-2013 et où de nombreux cas de malnutrition ont été rapportés parmi les habitants, dont la moitié sont des enfants.

L’ONU demandait depuis des semaines de pouvoir évacuer de la Ghouta près de 500 malades. Au moins seize de ces personnes sont décédées, a déclaré jeudi dernier à la presse à Genève le chef du groupe de travail humanitaire de l’ONU pour la Syrie, Jan Egeland, détaillant notamment le décès par malnutrition d’un bébé de neuf mois.

Une autre organisation caritative, la Syrian American Medical Society, a confirmé sur Twitter que les évacuations concernaient « 29 cas critiques, dont l’évacuation médicale vers Damas a été approuvée. Quatre patients ont été évacués aujourd’hui ». Le reste des patients devraient être transportés dans les prochains jours d’après elle.

Dernier fief de la rébellion, la Ghouta fait partie des quatre « zones de désescalade » définies en mai par la Russie et l’Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles. Le but était de tenter de parvenir à une trêve durable en Syrie, ravagée par une guerre destructrice depuis 2011, qui a fait plus de 340.000 morts.

GHOUTA ORIENTALE, ENCLAVE REBELLE

La Ghouta orientale, où des évacuations de civils en état critique réclamées par l’ONU ont débuté mercredi, est la dernière enclave rebelle près de Damas, assiégée depuis 2013 et régulièrement bombardée par le régime.

Bataille de Damas

A la mi-juillet 2012, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) lancent, depuis la Ghouta, la bataille de Damas. L’armée reprend rapidement le contrôle de la plus grande partie de la capitale après une semaine de combats. Mais des zones de sa banlieue passent sous contrôle rebelle.

Fin 2012, la périphérie de Damas se retrouve au coeur des affrontements: l’ASL a installé ses bases arrières dans la Ghouta orientale.

Cette région sera régulièrement visée par de nombreux bombardements aériens et tirs d’artillerie meurtriers, qui touchent marchés, écoles et hôpitaux. Le secteur sera totalement assiégé à partir de 2013.

Gaz sarin

Le 21 août 2013, des centaines de personnes dont un grand nombre d’enfants sont tuées dans une attaque chimique dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, un autre bastion de la rébellion près de Damas. L’opposition accuse le régime de Bachar al-Assad, qui dément.

Les Etats-Unis affirment avoir la « forte certitude » que le régime est responsable de l’attaque qui a fait selon eux 1.429 morts, dont 426 enfants.

Le 14 septembre, la signature d’un accord américano-russe sur le démantèlement de l’arsenal chimique de la Syrie annule in extremis des frappes envisagées par Washington et Paris pour « punir » le régime.

Deux jours plus tard, un rapport de l’ONU révèle des « preuves flagrantes » de l’utilisation de gaz sarin.

Malnutrition

En novembre 2016, le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien déplore l’utilisation de la « tactique cruelle » du siège, « en particulier par le gouvernement syrien », qui y a recours pour forcer les rebelles à déposer les armes et les civils à se soumettre ou à fuir.

Les rebelles, qui ont perdu des territoires face au régime soutenu militairement par la Russie et l’Iran, se sont vus contraints de signer des accords dits de « réconciliation » par lesquels ils ont évacué avec leurs familles certaines des villes qu’ils contrôlaient.

Près de 400.000 personnes sont encore prises au piège dans la Ghouta orientale, subissant pénuries de nourriture et de médicaments. La moitié d’entre elles sont des enfants, selon l’Unicef.

Autrefois région agricole importante, la Ghouta a été ravagée par les combats. Des immeubles sont éventrés et des rues entières inhabitables. Le siège a provoqué une flambée des prix.

Fin octobre, l’ONU a condamné la « privation de nourriture délibérée de civils » comme une tactique de guerre, après la publication de photos « choquantes » d’enfants squelettiques dans la Ghouta orientale.

Fin novembre, l’Unicef a dénoncé la pire crise de malnutrition en Syrie depuis le début de la guerre en 2011, avec 11,9% des enfants de moins de cinq ans souffrant de sévère malnutrition, contre 2,1% en janvier.

L’ONU avait alors lancé un appel pour évacuer 500 malades graves, dont au moins seize sont décédés depuis.

Zone de désescalade’ bombardée

La Ghouta orientale est censée être une « zone de désescalade », où les belligérants s’engagent à réduire le niveau des violences. Ces zones ont été créées en vertu d’un accord entre la Russie et l’Iran, principaux soutiens du régime, et la Turquie qui appuie l’opposition.

Mais le régime a intensifié ses frappes contre cette région. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) y a recensé depuis la mi-novembre 211 civils, dont 49 enfants, tués par les bombardements.

[Afp]

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