jeudi , 18 janvier 2018
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Président de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (Apareco), M. Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba.

Honoré NGBANDA : « Joseph KABILA » est un Rwandais et il s’appelle en réalité Hyppolite KANAMBE

Lorsque l’homme qui se fait appeler « Kabila » est arrivé au pouvoir en janvier 2001, j’avais lancé un appel en disant à notre peuple que le nouveau président est un Rwandais et qu’il s’appelle en réalité « Hyppolite Kanambe ». Le président de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (Apareco), M. Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba, appelle les Congolais a rejeter les élections du 23 décembre 2018.

Agé de 71 ans, Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba est le président de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (Apareco). Il est également l’ »autorité morale » de la plateforme « CNRC » ( Conseil national des résistants congolais). Fondé en 2005, à Paris, le parti « Apareco » s’est fixé pour objectif de « libérer » le Congo-Kinshasa de l’ »occupation » du « Tutsi power » incarné par les régimes ougandais de Yoweri Kaguta Museveni et rwandais de Paul Kagame. Officier de renseignements, « vieux Honoré », comme l’appellent ses proches, a fait toute sa carrière dans les « services ». Sous la IIème République, il a assumé les fonctions successives ci-après: conseiller diplomatique du chef de l’Etat, ambassadeur en Israël, administrateur général de la « Sureté nationale » (Agence nationale de documentation – AND), ministre de la Défense nationale, conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité et conseiller politique du chef de l’Etat. Mi-mai 1997, Honoré Ngbanda, surnommé « Terminator » par ses contempteurs, prenait le chemin de l’exil suite à la prise du pouvoir à Kinshasa par l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Dans un discours qui circule sur les réseaux sociaux, le président de l’Apareco qui semblait évoluer en « homme seul » a tendu la main aux opposants ainsi qu’aux résistants de l’intérieur et de la diaspora. Il propose la création d’un « Front patriotique du Salut Public » pour « chasser » le « pouvoir d’occupation ». Pour lui, les Congolais doivent ignorer les élections fixées au 23 décembre 2018. Congo Indépendant l’a interrogé, par téléphone, afin d’avoir quelques éclaircissements. Interview.

Vous sembliez jusqu’ici naviguer en « homme seul ». Devrait-on considérer votre main tendue aux opposants ainsi qu’aux résistants comme un revirement à 180 degrés?

Il n’y a pas de revirement. Lorsque l’homme qui se fait appeler « Kabila » est arrivé au pouvoir en janvier 2001, j’avais lancé un appel en disant à notre peuple que le nouveau président est un Rwandais et qu’il s’appelle en réalité « Hyppolite Kanambe ». A l’époque, j’étais un « homme seul ». Si j’avais voulu évoluer en solitaire, je n’aurai jamais tiré la sonnette d’alarme. Je crois que pendant vingt ans, je n’ai pas cessé d’exhorter le peuple congolais à se mettre debout pour se battre. Je suis resté seul par rapport à la classe politique qui n’a pas voulu répondre à mon appel. Plusieurs fois, j’ai été trahi et combattu par certains compatriotes dont des militaires. Dieu merci, même si certains n’osent pas reconnaitre que j’ai été le premier à leur demander de se lever, je suis heureux de constater que le message a été bien reçu sur le terrain.

Vous n’avez donc pas changé…

Absolument pas! J’ai lancé mon appel le 16 décembre. Cette date n’a pas été choisie par hasard. Le 16 décembre est une date symbolique. Le 16 décembre 2016, la classe politique proche de l’opposition avait promis de signifier le « carton rouge » à « Kanambe ». Le problème est que ce carton rouge n’a pas été remis. Une année après, je constate que la classe politique a fixé une nouvelle date fatidique. A savoir: le 31 décembre 2017. C’est un élément nouveau. Voilà pourquoi, j’ai choisi cette date pour délivrer mon message. Contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, je tends nullement la main les yeux fermés. Bien au contraire. Si je devais utiliser une image, je dirai que j’ai ouvert une porte pour permettre à ceux qui avaient rejoint le « Titanic » – qui est en train de couler – à rejoindre les Résistants qui sont sur l’ « Arche de Noé ». Nous tendons la main parce qu’au 31 décembre prochain, la classe politique a fini par reconnaitre que les institutions en place seront caduques. Pour nous, ces institutions ont toujours été nulles. Nous n’avons jamais reconnu les institutions de l’occupation. Je tends la main à la classe politique proche de l’opposition ainsi qu’aux Résistants afin que nous puissions sauver notre pays.

Parlons un peu des mesures que vous proposez…

Je demande à ceux qui parlent de « revirement » de prendre la peine de bien écouter et à lire mon adresse. Le texte est en cours de traduction dans les quatre langues nationales. Dans mon message, j’ai proposé au personnel politique de l’opposition d’arrêter momentanément de se battre pour la conquête du pouvoir. Je lui ai proposé ensuite de nous rassembler au sein d’un Front patriotique de Salut public qui est un cadre de combat pour renverser l’oligarchie en place; de sortir de toutes les institutions afin qu’elles deviennent caduques; de décréter la désobéissance civile. J’ai demandé enfin à notre peuple ainsi qu’à l’armée de nous mobiliser pour chasser les gouvernants actuels. Après avoir mis fin à l’occupation, nous pourrions alors mettre en place un régime de transition et relancer la bataille politique en vue de l’instauration d’une véritable démocratie. Je mets l’opposition face à ses responsabilités en l’invitant à rejoindre la Résistance. A défaut, nous allons poursuivre la lutte sans elle.

Dans votre discours, vous dites qu’il faut « chasser » le régime en place « par tous les moyens ». Etes-vous en train de préconiser la lutte armée?

Tout est repris dans les sept mesures que j’ai proposées. Dans la cinquième mesure, je demande à toute la classe politique de faire appel à l’armée, à la police ainsi qu’aux services spéciaux. L’objectif est que ceux-ci viennent en soutien au peuple congolais qui se lève.

Vous avez annoncé l’envoi imminent des émissaires pour prendre langue avec des leaders de l’opposition. Avez-vous commencé par « déblayer le terrain » par des contacts préliminaires?

La main que je tends n’a pas pour but d’amorcer des négociations. Nous n’irons ni à Venise. Encore moins à Ibiza. Ma démarche procède d’une analyse avec les membres de l’Apareco et des concertations avec le staff dirigeant du CNRC. Nous avons abouti à la conclusion selon laquelle le moment était opportun pour agir dans ce sens. En 2018, nous devons passer à la vitesse supérieure. Nous devons par tous les moyens favoriser l’unité des Congolais. Nous avons proposé des mesures, nous laissons aux autres le loisir de nous dire s’ils sont d’accord ou pas. A ce jour, j’ai déjà reçu trois ou quatre messages de quelques leaders politiques. « Nous attendons de connaitre la position des membres du RassOp », m’ont-ils dit. Nous allons contacter, au grand jour, chaque leader. Le moment venu nous communiquerons à l’opinion les résultats de notre initiative. Nous continuerons le combat avec ceux qui prendront la main tendue.

Sous la Deuxième République, Monsieur Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba était étiqueté comme un des « faucons » du régime. Que répondez-vous à ceux qui allèguent que vous avez une part de responsabilité dans l’arrivée au pouvoir de l’AFDL?

Ceux qui soutiennent ce genre de réflexion sont simplement des ignorants. Ils ne savent pas lire l’Histoire. Je suis entré en politique en tant que ministre de la Défense en 1990. Deux années auparavant, les Etats-Unis avaient fait venir le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni et Paul Kagame [alors major dans l’armée ougandaise, Ndlr] pour préparer l’invasion du Zaïre en passant par le Rwanda. Lorsque la première attaque a été déclenchée à Uvira, j’avais prévenu que les agresseurs n’étaient nullement des hommes de Laurent Kabila. Des Rwandais et des Ougandais s’étaient dissimulés sous une prétendue « rébellion des Banyamulenge ». Certains hommes politiques zaïrois m’avaient combattu en prétendant que les « rebelles » étaient nos « frères ». Laurent-Désiré Kabila a fini par reconnaitre que les Rwandais et les Ougandais étaient venus avec lui.

En parlant de « Tutsi power », ne craignez-vous pas qu’on vous reproche de stigmatiser toute une communauté ethnique alors qu’il y a, parmi des membres de celle-ci, des gens qui sont loin de partager la politique menée par l’actuel maître de Kigali?

Lorsque je parle de « Tutsi power », je ne suis pas en train de mettre en cause tous les membres de ce groupe tribal. Par « Tutsi power », j’entends parler des « hégémonistes » qui tentent d’occuper et de régner sur une bonne partie de l’Afrique centrale. Il y a des documents qui font état d’un congrès des membres de cette organisation autour de Museveni aux Etats-Unis. Je persiste et signe: je m’attaque au « Tutsi power ». C’est une organisation politico-militaire dont l’ambition est de s’accaparer d’une partie de notre sous-région. Chez nous, James Kabarebe, Azarias Ruberwa et Moïse Nyarugabo se réunissent régulièrement. Je fais une nette distinction entre les Tutsi en tant que membres d’une ethnie, les Rwandais en tant que peuple, et le « Tutsi power » en tant qu’organisation qui recoure aux Etats-Unis pour envahir notre pays.

Dans votre discours, vous semblez demander aux citoyens congolais de boycotter les élections fixées au 23 décembre 2018…

Boycotter? Pas du tout! Je demande aux Congolais de rejeter les élections. Et ce aussi longtemps que le régime d’occupation demeurera dans notre pays. Nous ne pouvons pas parler d’élection tant que des Rwandais et des Ougandais occupent notre territoire national. Ma position ne change pas et ne changera pas. Il est temps que les Congolais comprennent que nous courons le risque de perdre notre pays. Plus le temps passe, plus ces gens renforcent leur emprise. Des colonies de peuplement des Rwandais se développent sérieusement à l’Est. Le régime d’occupation est en train de nous distraire – avec l’aide de la communauté internationale – sur des élections qui n’auront même pas lieu. Sauf pour consolider la position de Kanambe. Celui-ci n’est pas dans la logique des consultations politiques. Il est, en revanche, dans la logique de l’organisation d’un référendum constitutionnel. Le but est d’instaurer l’élection du Président de la République au suffrage indirect. Je ne dirai jamais assez que le peuple congolais doit refuser le système des élections tant que nous n’aurons pas chassé le régime d’occupation et mis en place un gouvernement des Congolais.

[Propos recueillis par Baudouin Amba Wetshi, Congoindépendant]

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